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28 avril 2021 3 28 /04 /avril /2021 07:15

Voilà un polar et, plus largement un roman, original et passionnant. Imaginez un univers où se confondent personnages réels et personnages imaginaires. Imaginez que tous ces personnages sont à la fois des originaux et des doublures avec un pied dans la réalité et l’autre dans l’imaginaire. Imaginez tous les interprètes d’un metteur en scène se retrouvant sous les traits de leurs personnages réunis autour du réalisateur. Pour terminer, imaginez que cet univers est celui de l’œuvre de Hergé. Tous ceux qui ont gravité autour de Tintin pour le meilleur et pour le pire se trouvent réunis au château de Moulinsart rebaptisé pour la circonstance Moulinserre. Ils sont venus fêter l’anniversaire de la Castafiore à l’invitation de Tintin. Mais que dis-je là ? En fait, le casting est composé

 de pseudos trouvés avec beaucoup de créativité et d’humour sous lesquels on reconnaît aisément chacun des protagonistes de l’œuvre d’Hergé. Vous identifierez aisément, sous les pseudos de Martin, du professeur Tournelune, du capitaine Paddock, des frères Durandt, de la Castraflore, du majordome Hector, du chien Pilou, et de bien d’autres, les figures emblématiques des albums de Tintin. Mais que voulez-vous, les ayant-droits du dessinateur ( Hervé dans le roman ) se montrant très pointilleux, il a bien fallu recourir à un subterfuge. Même l’image du château qui figure sur la couverture est ambigüe et s’appelle Moulinserre.  Au-delà de ce stratagème, ce qui est génial dans ce roman, c’est que l’auteur réussit à nous faire flotter entre réalité et fiction, une sorte de second degré très réussi, résultat d’une belle originalité, d’une grande créativité et, à l’évidence, d’un beau talent puisque le résultat est une parfaite réussite. Tous sont là pour l’anniversaire de la Castraflore mais la fête tourne vite au drame quand on découvre que la diva a été victime d’un meurtre dans sa chambre. On fait appel à la commissaire Satisfaction Cantono qui, assisté de ses deux adjoints et des inénarrables jumeaux Durandt, va enquêter en auditionnant tout ce beau monde. Tous ou presque ont une bonne raison d’en vouloir à la diva, même Martin. Les pistes et les suspects s’accumulent pour le plus grand plaisir du lecteur. C’est bien écrit, il n’y a pas de temps morts et on revisite agréablement l’œuvre d’Hergé. Je ne suis pas un tintinophile averti mais j’ai lu la plupart des albums de Tintin, ce qui m’a permis de naviguer sans trop de difficulté parmi ce réseau de références. C’est donc un polar réservé en priorité à celles et ceux qui ont lu tout ou partie des albums d’Hergé. C’est aussi une forme d’hommage à cette œuvre considérable et universelle, un hommage réalisé par un expert. J’ai vécu une plongée très agréable dans cet univers particulier. Laissez-vous tenter, vous ne serez pas déçus et cela vous donnera peut-être l’envie de redécouvrir l’œuvre d’Hergé.

Meurtres à Moulinserre, de Renaud Nattiez, éditions Sépia, mars 2021, 278 pages, 20 €.

 

 

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28 mars 2021 7 28 /03 /mars /2021 16:11

Si l’on en croit ceux qui la pratiquent, la chasse à courre est un art qui répond à un rituel immuable, un ensemble de règles.fondées sur le principe général selon lequel une meute ne lâche jamais sa proie. C’est sur cette allégorie qu’est construite l’intrigue du roman de Nicolas Lebel. Mais, ici, ce ne sont pas des animaux qui font l’objet de la traque, ce sont des êtres humains.

Rompant avec son personnage récurrent, l’inénarrable Mehrlicht, Nicolas Lebel met en scène un duo de policiers qui, dans un autre registre, valent le petit homme contrefait et mal embouché auquel le lecteur s’était habitué : un commissaire profondément humain mais en proie au doute, de surcroît affublé d’un patronyme qu’il doit assumer, Starski, et une lieutenante, Chen, qui est l’archétype de l’Asiatique froide, déterminée et procédurière, une sorte de James Bond girl qui est l’antithèse de son patron. Ce duo improbable doit affronter une série de meurtres  dont les policiers se rendent compte très vite qu’ils obéissent à un schéma analogue à celui des règles de la vénerie. Les têtes de chapitre reprennent les différentes étapes du rituel de cette forme de chasse que des tueurs ont choisie pour éliminer leurs victimes. Très vite, l’enquête s’oriente vers un règlement de compte lié à un fait survenu il y a déjà une vingtaine d’années : la politique de l’apartheid pratiquée en Afrique du Sud, pays d’où sont originaires les premières victimes. L’affaire se complique avec une lutte autour de gros enjeux dans l’industrie pharmaceutique.

La lucidité et la disponibilité du commissaire Paul Starski sont mises à mal par plusieurs évènements qui surviennent dans sa vie : l’agonie de son chien qui a été empoisonné, l’annonce faite par sa femme de son intention de divorcer.et le fait que la première suspecte soit une ancienne relation amoureuse. A contrario, la lieutenante Chen, lucide et procédurière, conserve une parfaite maîtrise d’elle-même, de ses sentiments et du cours des choses. C’est elle qui prend l’initiative et dirige les premières investigations, supportant tant bien que mal les états d’âme et les entorses à la procédure de son supérieur hiérarchique.

Le gibier est un polar passionnant qui, par moments, prend des airs de thrillers et va à cent à l’heure. Pas de temps morts ; à aucun moment, on ne s’ennuie. L’écriture est belle et le récit est truffé de passages humoristiques particulièrement réussis comme la description de la fourrière où se rendent les deux enquêteurs et qui m’a provoqué un fou rire. Avec cela, l’intrigue est brillamment construite et le dénouement est inattendu.

Avec ce nouvel opus, Nicolas Lebel m’aurait presque fait oublier Mehrlicht. C'est dire. C’est une très belle réussite.

Le gibier, de Nicolas Lebel, Editions du Masque, mars 2021, 389 pages, 21 € 90.

 

 

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14 février 2021 7 14 /02 /février /2021 19:59

Tout commence par un drame. Sur la côté méditerranéenne, un groupe d’enfants du pays s’amuse à descendre un ruisseau sur un radeau de fortune confectionné avec des palettes et des bidons. C’est le narrateur qui est à la barre lorsque, à l’endroit où le petit cours d’eau se jette dans la mer, le frêle esquif se disloque et deux des enfants sont emportés au large, Néné et sa sœur Albanie. Néné ne sait pas nager et disparaît irrémédiablement malgré les efforts désespérés de sa sœur pour le sauver. En apparence, ce drame ne fera pas exploser le petit groupe qui, l’adolescence puis l’âge adulte venus, maintiendra sa cohésion. Ils vivront des moments d’insouciance mais ils mettront aussi en œuvre des opérations de représailles contre ceux qui, avec leur argent, projettent de défigurer cette côte paradisiaque à laquelle ils sont viscéralement attachés. Les années vont passer jusqu’au jour où, longtemps après, dans un pays du Nord de l’Europe, le narrateur devenu agent commercial voit son passé resurgir de façon inattendue et violente. Beaucoup de choses ont changé et Léonard, dit Léo, en même temps qu’il renoue avec le pays de son enfance et avec ses amis d’antan, va se trouver pris dans un engrenage infernal dont les causes remontent à sa jeunesse.

Construite sur une alternance de récits situés à des époques différentes, cette intrigue passionnante est servie par une très belle écriture, moderne, originale, un style imagé qui fait défiler comme dans un kaléidoscope l’âme de cette côte méditerranéenne et la passion qu’elle suscite chez ceux qui y ont toujours vécu et qui lui vouent une passion sans bornes.

Ce roman n’est pas un polar au sens propre du terme mais il tient en haleine. En même temps, ce récit écrit par un enfant du pays, fait revivre un âge d’or altéré au fil du temps par le tourisme de masse et l’argent roi. Je me suis senti porté par cette fresque méditerranéenne et par cette histoire complexe alimentée de bout en bout par un suspense prenant. De ce récit, se dégage aussi une intéressante réflexion sur l’être humain et sa relation à l’autre.

Je vous recommande ce roman. Je suis sûr que, comme moi, vous aurez du mal à interrompre votre lecture.

Mare nostrum, de Olivier Arnaud, éditions Lajouanie, février 2020, 250 pages, 18 €.

 

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7 février 2021 7 07 /02 /février /2021 13:14

Voilà un roman que je ne parviens pas à enfermer dans la catégorie des polars tant il me paraît emprunter ses immenses qualités à plusieurs genres littéraires. J’avais trouvé son précédent roman, « Mortelle canicule », excellent. Sans hésitation, je qualifie celui-ci d’éblouissant. Une histoire magnifiquement construite et superbement écrite que j’ai lue d’une traite. On y retrouve le docteur Morland déjà présent dans « Mortelle canicule », exilé cette fois dans une des régions les plus inhospitalières du globe, surtout l’hiver, je veux parler de la Sibérie. Une région dans laquelle, malgré cela, à la suite d’un terrible drame, le docteur Morland, médecin légiste, a choisi de passer le reste de sa vie, loin des hommes, loin de tout et surtout loin de son passé. Dans une cabane de pêcheur éloignée de la civilisation, il pense avoir trouvé la sérénité. Mais la société des hommes le rattrape en la personne de deux duellistes qui viennent s’entretuer sous ses yeux. Et c’est le début des ennuis qui vont le précipiter entre les mains de la terrible police d’état russe puis, à la suite, dans un lieu d’où l’on ne revient jamais. Du moins, en principe. Ce roman est une forme de huis-clos dans lequel Morland affronte un univers impitoyable où la raison est celle du plus fort, où la vérité s’obtient par la force et où les valeurs humaines n’ont plus cours. Et, pourtant, étroitement et puissamment liés à l’histoire, s’offrent aux yeux du lecteur deux univers fascinants et presque en opposition : d’une part, celui de la terrible Sibérie où le danger et la mort rôdent en permanence et qui semble incapable de se défaire de son passé terrifiant et, d’autre part, celui de la culture russe dont le romancier, nourri aux mamelles de Dostoïevski, Tolstoï ou autres Gogol et Pouchkine, a parfaitement saisi l’âme et la restitue magnifiquement. Avec ses valeurs presque chevaleresques. Un pays paradoxal et étonnant en rupture avec notre culture et notre façon de penser d’Occidentaux.

 Le fait que Jean-François Pasques ait longuement séjourné en Sibérie explique pourquoi il fait de cette région une peinture très fidèle et de ses habitants, des personnages si vrais qu’on parvient à les voir. Au-delà de la terrible réalité que doit affronter Morland, on arrive quand même à entrevoir d’autres valeurs, celles au nom desquelles cette histoire s’achèvera sur une note d’espoir.

Pas de temps morts dans ce récit qui sait de bout en bout

tenir le lecteur en haleine. Pendant plus de deux cents pages, on fait corps avec Morland, on tremble avec lui, on souffre avec lui, on désespère comme lui puis, dans les soixante dernières pages, on se prend à espérer puis à rêver de plus en plus fort avec lui jusqu’au dénouement.

Un autre intérêt de ce roman réside dans la richesse et la clarté de l’information qu’il nous livre sur ce pays, sur son histoire récente et sur sa culture. Les notes qui figurent à la fin sont très intéressantes pour comprendre l’histoire de l’URSS et la direction impulsée par Valdimir Poutine à la Russie d’aujourd’hui. Sans jamais être nommé, Poutine est, en arrière-plan, un des personnages de ce roman.

Une lecture magnifique, une de mes plus belles et plus passionnantes depuis longtemps. Une vraie réussite et un immense coup de cœur. Chapeau à Jean-François Pasques. A lire absolument.

Le seul témoin, de Jean-François PASQUES, éditions Lajouanie, janvier 2021, 276 pages, 18 €.

 

 

 

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4 février 2021 4 04 /02 /février /2021 13:35

Quand on doit interrompre la lecture d’un roman et qu’on n’a qu’une hâte, c’est d’y replonger, voilà à mes yeux un critère essentiel pour juger de la qualité d’un roman. Et ce fut le cas pour « Coups de folie », polar passionnant et très original à bien des égards. Je n’aime pas résumer une histoire afin de ne rien en dévoiler pour ne pas en casser l’intérêt. Aussi, sachez seulement qu’Eléonore Darras, adjudant de gendarmerie, vient d’être mutée pour des raisons « disciplinaires » dans une petite brigade du fin fond de la Lozère, désertée par les trois-quarts de ses effectifs qui sont partis en renfort à Nice à la suite du terrible attentat de la promenade des Anglais. Ne restent sur place qu’un planton et la lieutenant Sonia Hurni qui a hérité du commandement de la brigade et qui, d’entrée de jeu, prend en grippe la nouvelle venue. Dans le même temps surviennent des meurtres horribles qui ensanglantent la région et à la résolution desquels le trio de gendarmes va devoir s’atteler.

Dominique Bourgeon nous livre là une histoire mouvementée et complexe où l’action et le suspense sont  omniprésents. Les fausses pistes se multiplient. On croit deviner que plusieurs protagonistes jouent un rôle trouble sans pour autant deviner qui est réellement derrière les meurtres qui se succèdent, avec un modus operandi qui donne à penser que ces exécutions, accompagnées de tortures, sont l’œuvre d’un esprit complètement dérangé ou mu par une vengeance qui vient de loin. Pour autant, il n’y a pas de description complaisante de la violence mais simplement une tentative d’élucidation des motivations profondes du ou des tueurs. Le causse, zone isolée du monde avec sa nature sauvage qui sert volontiers de refuge à des groupes marginaux en rupture avec la société et qui peut soustraire à la vue du monde les pires dévoiements, constitue un décor idéal.

Un autre atout de ce roman, et pas des moindres, c’est qu’il repose sur un énorme travail de documentation sur des sujets qu’il convient de ne pas dévoiler pour ne pas altérer l’intérêt du suspense. Les renvois aux notes figurant à la fin du livre sont nombreux et ces notes sont également passionnantes et éclairantes.

L’écriture est agréable et, autre intérêt de ce roman à mes yeux, il promène le lecteur entre diverses époques, entre le XXIe siècle et le début du XXe siècle, donnant à l’histoire une profondeur historique très intéressante, fondée sur des faits réels expliqués par les fameuses notes à la fin du livre.

 Une lecture passionnante que je recommande sans retenue. Un vrai coup de cœur.

 

Coups de folie, de Dominique Bourgeon, éditions Lajouanie, octobre 2020, 279 pages, 18 €.

 

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8 janvier 2021 5 08 /01 /janvier /2021 09:41

Difficile de présenter ce polar sans en dire trop et ainsi

entamer le plaisir que le lecteur éprouvera à coup sûr en découvrant cette intrigue dont le suspense et l’intérêt vont crescendo. A Houtkerque, dans le département du Nord, des concessions sont arrivées à expiration dans le cimetière communal. C’est Jacques, le cantonnier, qui est chargé d’exhumer les corps pour les transférer dans la fosse commune. En ouvrant le cercueil d’un Anglais qui a été inhumé là il y a 99 ans et autour duquel planent un tas d’interrogations, Jacques fait une découverte étonnante qui, avec l’aide de sa fille angliciste, va le conduire au cœur du Londres du XIXème et le plonger dans une affaire qui sort du commun puisqu’elle touche de près la couronne britannique. J’ai pris un grand plaisir à découvrir cette affaire étonnante qui mêle suspense et histoire. C’est aussi un puissant effet loupe sur la société des bas-fonds de Londres sous le règne de la reine Victoria. Un très bon polar que je vous recommande chaudement.

La loi des hommes, de Wendall UTROI, éditions Slatkine, septembre 2020, 398 pages, 18 €.

 

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5 janvier 2021 2 05 /01 /janvier /2021 16:34

Voilà encore une pépite sortie de l’imagination féconde de Xavier-Marie BONNOT. Quand il contextualise une intrigue, on peut lui faire confiance pour nous donner l’impression d’être transportés dans un décor d’un réalisme saisissant. C’était déjà le cas avec son précédent opus, « Nefertari dream », où l’on était plongés dans l’Egypte de Moubarak et dans la sphère de la recherche archéologique, dépeintes avec une vérité criante. C’est de nouveau le cas avec « Les vagues reviennent toujours au rivage ». Xavier-Marie Bonnot nous donne l’impression qu’il a exploré de très près l’univers de ces migrants fuyant l’horreur de Raqqa, capitale de l’état islamique, puis livrés aux passeurs sans scrupules, aux dangers d’une traversée périlleuse de la Méditerranée et enfin à la violence et à la misère extrême du camp de réfugiés de Lesbos. Mais, cette fois, rompant avec son précédent ouvrage, il revient à un genre dans lequel il excelle aussi : le polar.

On retrouve avec plaisir son personnage récurrent, Michel De Palma, dit Le Baron, un ancien flic de la police criminelle de Marseille qui apprend la mort d’une ancienne maîtresse, une femme d’origine grecque, répondant au prénom de Thalia, psychiatre de métier, qui a consacré sa vie à aider les réfugiés qu’elle voit souffrir sur son île natale de Lesbos, dans le camp de Moria.

Sous les apparences d’un suicide, Thalia a en fait été assassinée. Elle avait pris sous son aile une jeune réfugiée syrienne, Amira, que De Palma va s’efforcer de retrouver en même temps que, parallèlement à l’enquête de ses anciens collègues de la Crim’ marseillaise, il va tenter de mettre la main sur le meurtrier. Xavier-Marie Bonnot, natif de Marseille, en profite pour nous promener dans les rues, les quartiers et les environs de cette ville mythique qu’il connaît comme sa poche. Il nous emmène même jusqu’en Sicile. De Palma va devoir pénétrer deux mondes qui se haïssent et s’affrontent : d’une part, les associations qui viennent en aide aux migrants et, d’autre part, les identitaires d’extrême droite qui leur font la chasse.

Un polar très rythmé, un suspense prenant de bout en bout, une ode à Marseille et une réflexion pleine d’humanité, voilà les ressorts de ce roman passionnant que je vous recommande vivement à vous amoureux de suspense mais aussi de belle littérature.

Les vagues reviennent toujours au rivage, de Xavier-Marie BONNOT, éditions Belfond, janvier 2021, 300 pages, 19 €.

 

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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 17:41

C’est une ambiance sixties qui préside à ce nouvel opus de Pierre Pouchairet, une ambiance qui, du haut de mes sept décennies d’existence, n’était pas faite pour me déplaire car elle m’a replongé dans ma jeunesse, dans une ambiance qui n’était pas le seul apanage du pays bigouden mais aussi de ma région d’origine. L’histoire démarre comme suit : une ancienne star et même une légende du rock bigouden des années 60 vient d’être assassinée après avoir été torturée. Aux commandes, se trouve la commandant Léanne Vallauri qui a posé ses bagages à Brest où elle dirige l’antenne de la police judiciaire. On retrouve avec plaisir cette policière particulièrement dynamique et attachante et ses deux comparses avec lesquelles elle se donne en concert dans leurs moments de loisirs. C’est une enquête qui s’annonce particulièrement difficile car il va falloir, à la fois, se plonger dans le passé tumultueux de cette ancienne gloire non seulement locale mais aussi nationale et même internationale et prendre également en compte plusieurs meurtres qui ont été perpétrés dans d’autres régions et dont le mode opératoire est analogue. Comme dans les précédents opus, Léanne Vallauri et son équipe vont coopérer avec la gendarmerie, commandée par Erwann, le séduisant colonel dont elle dispute les faveurs à Marie Evano, la substitut du procureur. S’ajoute dans le décor, Théo Dougnac, un jeune flic tout juste muté de Paris que Léanne va devoir gérer au mieux car, s’il semble doué, le gaillard se comporte comme un électron libre. Voilà tous les ingrédients de cet excellent polar qui m’a tenu en haleine de bout en bout. Le décor comme les personnages sont campés avec tant de réalisme et de couleur locale qu’on entre dans cette histoire avec gourmandise en se laissant happer par un suspense qui sera entretenu jusqu’au bout. Il est vrai que Pierre Pouchairet maîtrise son sujet sur le bout des doigts et qu’il a, en outre, assuré un gros travail de documentation comme le prouvent les références qui apparaissent en annexes. Il y a du suspense, des rebondissements, de l’action. Le rythme est enlevé. Ajoutez à cela, une écriture fluide, plaisante, qui sert bien le récit et vous éprouverez comme moi un réel plaisir à dévorer ce nouvel opus de Pierre Pouchairet. Ce roman fait partie de la série « Trois Brestoises » mais, de mon point de vue, il peut être lu indépendamment des autres.

Vie et mort d’une légende bigoudène, de Pierre POUCHAIRET, éditions du Palémon, octobre 2020, 390 pages, 10 €.

 

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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 15:48

Je découvre la littérature policière de Jean-François Pré au travers des « 9 jours du cafard » et j’ai été conquis. Quand un familier des champs de courses et du sport hippique se double d’un fin connaisseur de la culture britannique, il n’est pas étonnant qu’il puisse rivaliser avec une Agatha Christie. J’ai découvert avec délectation ce Langsamer qui entretient une ressemblance étonnante avec Hercule Poirot, à cette différence près qu’il n’est pas Belge mais Français. Langsamer, c’est un commissaire à la retraite dont la réputation lui vaut une grande aura auprès de son successeur et ancien adjoint ainsi qu’auprès de la fine fleur des polices parisienne et anglaise. C’est un fin limier dont le physique ingrat masque un esprit particulièrement acéré et donc un flair hors-pair. Voilà pour le personnage principal qui, à lui seul, vaut déjà le déplacement.

Je ne crois pas utile de présenter un pitch de l’histoire car le risque serait grand de dévoiler ce qui fait le sel d’une intrigue à la fois simple dans ses attendus et complexe dans la suite de son déroulement. Mieux vaut y entrer par soi-même. Le suspense est savamment entretenu et la vérité masquée jusqu’au bout puisque, pour reprendre une formule consacrée, le dénouement « fait tomber le lecteur de l’armoire ». C’est du moins ce que j’ai vécu. Il fallait avoir le culot de mettre en scène le personnage du cafard quand, au fil des pages, on apprend de qui il s’agit. Les personnages sont campés avec une telle vérité qu’on peut voir défiler devant nos yeux leurs hologrammes. Il en va de même des lieux puisque ces personnages évoluent dans un univers d’autant plus réaliste que Jean-François Pré connaît l’Angleterre, la région de Deauville et le monde des haras comme sa poche. Le tout est servi par un style élégant qui confirme la parenté avec le talent d’Agatha Christie.

Je me suis vraiment régalé et je conseille vivement cette lecture aux amateurs d’ambiance et de suspense à la Agatha Christie. Ce roman vient d'ailleurs de se voir décerner le Prix du polar normand.

Les 9 jours du cafard, de Jean-François Pré, éditions Lajouanie, octobre 2019, 555 pages, 19,99 €.

 

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7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 16:40

Quand j'ai entrepris l'écriture de mon avant-dernier roman, "Le squelette de Rimbaud " paru en janvier 2019, j'avais le sentiment de partir d'une idée totalement loufoque. C'est ce que m'ont confirmé de nombreux lecteurs qui ont dit s'être régalés à la lecture de cette histoire abracadabrantesque dont l'idée de départ paraissait invraisemblable. Et pourtant ! Depuis quelque temps, la réalité rattrape la fiction. Voilà quelques semaines que circule une pétition soutenue par Roselyne Bachelot demandant le transfert des restes d'Arthur Rimbaud au Panthéon. Ce projet envisage d'exhumer les restes du poète pour les mêmes raisons que celles qui sont au départ de mon intrigue. Et, les réactions qui se sont fait jour dans les Ardennes et chez les rimbaldiens correspondent totalement au contenu des premiers chapitres de mon roman. Je crois rêver. Ils sont en train de réécrire dans la réalité l'histoire véhiculée par ce roman. Et, de facto, le livre repart à la vente, connaît un succès renouvelé pour mon plus grand plaisir. "Le squelette de Rimbaud" est une fantaisie policière qui mêle humour et suspense, avec un juge d'instruction qui n'aime ni les Ardennes, ni Rimbaud mais qui a un humour décapant. Avec la complicité du policier, il va mettre sens dessus dessous le département des Ardennes et en faire voir de toutes les couleurs aux autorités. Si vous ne l'avez pas encore lu, il est encore temps de le découvrir. On peut le commander en librairie, sur les plateformes de vente en ligne mais aussi chez mon éditeur https://www.editionslajouanie.com/le-squelette-de-rimbaud-de-jean-michel-lecocq.html

 

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