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5 juillet 2022 2 05 /07 /juillet /2022 13:38

Je viens de refermer « Les diamants de Waterloo » avec un pincement au cœur tant j’ai pris plaisir à cette immersion dans la période tumultueuse mais ô combien passionnante qui a suivi la chute de Napoléon Ier. Nous sommes en 1815. L’empereur a été vaincu à Waterloo et, dans la débâcle qui a suivi, une de ses voitures est tombée entre les mains des Prussiens. Elle transportait une cargaison précieuse et notamment les diamants de Pauline Borghèse. La monarchie a été restaurée et les Bonapartistes sont pourchassés. Talleyrand, en disgrâce, demande secrètement à Jérôme Blain, un ancien officier de l’armée impériale, qui relève d’une blessure à Waterloo, de remettre la main sur les fameux diamants. Alors qu’on peut les supposer quelque part en Prusse, c’est en Normandie, dans la propriété d’un ancien colonel de l’armée impériale, que Jérôme, surnommé « capitaine Sabre » en raison de son talent à manier cette arme, va les rechercher. Son enquête va être une suite ininterrompue d’actions, un continuum de rebondissements digne du meilleur des romans d’aventure. Finira-t-il, malgré tous les obstacles et les dangers qui se dressent sur sa route, à retrouver les fameux bijoux ? C’est un roman historique et de suspense impressionnant qui m’a captivé de bout en bout. On sent une auteure passionnée par son sujet. On se laisse entraîner dans le cours d’une fiction flirtant sans cesse avec une réalité historique remarquablement maîtrisée qui donne corps et crédibilité au récit. Les notes de bas de page sont très intéressantes. Les personnages sont bien campés, l’écriture est élégante et le récit ne souffre d’aucun temps morts. Valérie Valeix connaît tellement bien cette période qu’on a l’impression qu’elle l’a traversée dans une autre vie. L’arrière-plan documentaire donne encore plus de brillant à ce que je qualifierai de réussite littéraire. Valérie Valeix a été membre de la Fondation Napoléon et son roman a été primé. Je recommande vivement cette lecture aux passionnés de polars historiques mais pas que….

Les diamants de Waterloo, de Valérie Valeix, éditions du Palémon, 2019, 375 pages, 10 €.

 

 

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28 juin 2022 2 28 /06 /juin /2022 08:30

J’étais déjà un inconditionnel de Pierre Pouchairet. Ce nouvel opus ne fait que me renforcer dans mon attachement aux enquêtes des trois Brestoises. Une intrigue magnifiquement ciselée, servie par des personnages puissamment campés, par son rythme soutenu mais aussi par une écriture sans défaut. Avant l’apparition des personnages familiers de Pierre Pouchairet, les premiers chapitres explosifs donnent le ton de cette histoire : à Muret, près de Toulouse, un puissant et dangereux trafiquant de drogue est sous les verrous à la suite d’une opération d’infiltration. Sa femme et un avocat véreux sont ses seuls liens avec l’extérieur. Il compte toutefois sur un complice, un ancien policier turc flanqué de tueurs aussi dangereux que déterminés pour l’aider à s’évader. Dans le même temps, en Bretagne, une villa fait l’objet d’un cambriolage mené par une bande de jeunes, pour certains de bonne famille, sous la conduite d’un petit caïd de banlieue. Parmi eux, se trouve un hacker de génie. Quel rapport entre ces deux données de l’histoire ? C’est précisément ce que la commandant Léanne Vallaury va découvrir et qui va la plonger ainsi que ses amis dans une enquête aussi complexe que risquée. On y retrouve une policière brestoise toujours aussi fantasque et risque-tout comme on l’aime. Au fil des chapitres, le rythme s’accélère et tient le lecteur en haleine. Les actions s’entrechoquent. Un véritable « page turner ». Le dénouement est une véritable surprise qui donne à penser que l’on retrouvera, face aux Brestoises, l’un des personnages qui, au dernier chapitre, réserve une surprise. En connaisseur, l’auteur de polars que je suis tire sa révérence à Pierre Pouchairet qui confirme ici - mais en était-il besoin ? - qu’il est un des maîtres du genre. « Mortels déclics » est une belle réussite dont je recommande chaudement la lecture. J’attends avec impatience le suivant.

Mortels déclics, de Pierre POUCHAIRET, éditions  du Palémon, mai 2022, 331 pages, 10 €.

 

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28 mai 2022 6 28 /05 /mai /2022 21:31

Si vous aimez les romans historiques, avec une bonne dose de suspense, mais aussi avec un réalisme qui vous donne l’impression d’avoir réellement voyagé dans le temps, alors lisez « Les âmes noires de Saint-Malo », de Hugo Buan. Une magnifique fresque du pays malouin à l’époque du Consulat. L’histoire est simple : Bonaparte vient d’être nommé consul et, sous la houlette de Fouché, Pierre-Marie Desmarest, le chef de la Sûreté, envoie des enquêteurs en province pour restaurer l’ordre. Le commissaire Darcourt en fait partie et, à ce titre, il a été nommé Commissaire général de l’arrondissement de Saint-Malo et de Saint-Servan. Louis Darcourt s’impose en terre malouine avec une autorité qui surprend. Il est accompagné de Joseph, un ami métisse, qui a combattu à ses côtés sous les ordres de Bonaparte. À son arrivée, on découvre le corps d’un homme qui a été assassiné. Darcourt enquête. Mais, parallèlement à son enquête officielle, ce Malouin d’origine dont le véritable nom est Louis Hervelin, cherche à faire la lumière sur une affaire vieille de dix ans qui a décimé sa famille. Au fil d’un suspense bien dosé et rythmé, Hugo Buan nous guide dans la découverte de Saint-Malo au début du XIXe siècle. Une découverte historique et sociologique des plus intéressantes servie par une belle écriture. Je vous conseille cette lecture qui m’a tenu en haleine. Les dernières pages appellent à l’évidence une suite.

Les âmes noires de Saint-Malo, de Hugo Buan, éditions du Palémon, décembre 2021, 329 pages, 10 €.

 

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9 mai 2022 1 09 /05 /mai /2022 22:32

Sous une forme romancée, « L’académie Baudelaire » conte la tentative de l’auteur des « Fleurs du mal » pour entrer à l’Académie française. Le poète, récemment condamné par la Justice pour la publication de son œuvre jugée sulfureuse, est tenu en basse estime par la plupart des membres de cette institution conservatrice, plus soucieuse de veiller jalousement sur l’orthodoxie littéraire qu’à reconnaître et encourage les vrais talents. Les quelques académiciens qui le tiennent en amitié ou en estime se dérobent néanmoins. De surcroît, Baudelaire s’est commis dans des pamphlets peu amènes envers plusieurs académiciens qui lui en tiennent rancune. En présentant sa candidature pour siéger parmi les Immortels, il imagine pouvoir se réhabiliter aux yeux de ses pairs. En fait, cette campagne vouée d’avance à l’échec va lui faire prendre conscience du fait que la véritable immortalité se conquiert autrement, en restant lui-même et en tablant sur son seul talent. Il possède un cercle d’amis fidèles, admirateurs clairvoyants qui vont l’encourager en ce sens et lui faire entrevoir une académie autrement plus prestigieuse.

Loin d’un récit biographique aride, ce livre propose au lecteur un récit plaisant qui le promène dans le Paris de la bohême artistique, l’amène à croiser de grands noms du monde des lettres et donne de Baudelaire l’image réhabilitée d’un des géants de la littérature française. Parallèlement, il propose une réflexion très intéressante sur la création et sur le statut de l’écrivain, servie par une écriture élégante et un niveau de langue soutenu. Enfin, l’arrière-plan documentaire est impressionnant et contribue fortement à la qualité de ce roman.

Voilà, en la personne de Jean-Martin Clément Borella, un talent prometteur. Je conseille vivement la lecture de cet ouvrage qui m’a captivé.

L’Académie Baudelaire, de Jean-Clément Martin Borella, L’Harmattan, décembre 2021, 221 pages,  21 €.

 

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30 avril 2022 6 30 /04 /avril /2022 09:08

 

J’étais, depuis sa première apparition, un inconditionnel du commandant Merhlicht, l’inénarrable et irrésistible personnage de Nicolas Lebel mais, je crois qu’il va devoir se pousser un peu pour faire de la place à sa collègue Yvonne Chen, la nouvelle créature de ce romancier hyper talentueux. Totalement différente de Mehrlicht, Chen est un personnage hors normes, une policière atypique, idéale pour servir le genre d’histoires qui sont au cœur de « Le Gibier » et de « La capture », deux opus qui s’annoncent comme les deux premiers tomes d’une trilogie. Quand on lit Nicolas Lebel, on est tenté de donner dans le superlatif. « La capture » développe une intrigue comparable à une toile tissée par une araignée aussi diabolique que les personnages qui l’animent. L’idée est simple mais géniale : les « Furies » constituent ce qu’on pourrait appeler une association ou encore une confrérie secrète qui, moyennant de substantiels honoraires, joue les redresseurs de tort mais en usant de moyens criminels. Yvonne Chen, lieutenant de la police judiciaire parisienne, les pourchasse. Dans « La capture », cette traque la conduit sur une île bretonne, terre de désolation où son chemin croise celui d’autres enquêteurs venus pourchasser un criminel de guerre. Cette rencontre improbable donne un cocktail détonnant, une histoire passionnante, une de ces intrigues qui vous conduisent à vous extraire du monde pour connaître la suite et surtout la fin que ce magicien de Nicolas Lebel parvient à rendre surprenante. Un sommet de la littérature policière que je vous invite à gravir pour votre plus grand plaisir.

La capture, de Nicolas Lebel, Le Masque, mars 2022, 283 pages, 20 € 90.

 

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4 mars 2022 5 04 /03 /mars /2022 13:44

Deux de mes romans viennent de sortir en poche : Un charmant petit village et La caresse des orties. Deux enquêtes de Théo Payardelle qui ont connu un beau succès en grand format. En octobre 2021, on avait dépassé les 6 000 ventes pour le premier nommé et sans doute quelques milliers de lecteurs supplémentaires quand on sait combien de fois ce roman a circulé de mains en mains et a été emprunté dans les bibliothèques. Je ne pense pas exagérer en affirmant que le total de mes lecteurs doit dépasser le seuil des 10 000.

Ces sorties en poche sont donc la traduction d'un succès à la fois en librairies et en téléchargements sur des sites dédiés. Leur parution au format poche avec un pris divisé par deux ( 9.90 € pour la version papier et 5.99 pour la version numérique ) devrait les relancer. 

 

 

 

La sortie en poche, la traduction du succès...
La sortie en poche, la traduction du succès...
La sortie en poche, la traduction du succès...
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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 19:57

Fabuleux ! Sans que les deux romans entretiennent une quelconque ressemblance, j’ai ressenti le même avec L’affaire Clara Miller le même emballement que pour de grands thrillers comme, par exemple, Seul le silence, de RJ Ellory. Olivier Bal est de la trempe des grands auteurs de littérature noire. Le sujet est simple : Mike Stilth, une star de la chanson mondialement connue et immensément riche, vit, en dehors de ses concerts et de ses tournées, reclus dans un manoir, avec ses deux enfants et un personnel qui lui est entièrement dévoué, au cœur d’une immense propriété du New Hampshire, non loin d’un lac dont, depuis quelque temps, les eaux rejettent les corps de jeunes femmes noyées. On a pris l’habitude d’appeler ce lieu « le lac aux suicidées ». L’une d’elles était une journaliste, proche d’un de ses collègues, Paul Green, qui ne croit pas un instant à la thèse des suicides. L’interview que lui accorde Stilth dérape, déclenchant l’hostilité de la star. Green qui veut rendre justice à soin amie Clara Miller, décide d’enquêter, flanqué d’un ami photographe qui cherche le scoop, à savoir réussir des photos de la fille et du fils que Stilth protège par tous les moyens à la fois du monde extérieur et de la curiosité des journalistes. Le manoir abrite une aile où Stilth et quelques familiers se livrent à des débordements orgiaques.

On est emporté dans le tourbillon d’un récit magnifiquement écrit, porté par un souffle épique qui ne retombe pas et vous tient en haleine de bout en bout. Olivier Bal campe avec réussite un univers dantesque dans lequel les personnages sont confrontés, à des titres divers, à l’absurdité de leur existence et même, pour certains, à leur propre monstruosité. Cette histoire ressemble à une pièce de théâtre dont le décor et l’intrigue apparaissent progressivement, de plus en plus nettement aux yeux du public, grâce à l’éclairage de plus en plus cru et violent que les personnages centraux projettent dans la succession de leurs propres récits. Le recours à la première personne donne au récit de plus en plus de densité et de profondeur au fil des chapitres. Bravo, c’est du grand art. Voilà un roman qui mériterait d’entrer dans une anthologie de la littérature noire.

L’affaire Clara Miller, de Olivier Bal, Pocket, novembre 2021, 555 pages.

 

 

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1 janvier 2022 6 01 /01 /janvier /2022 14:51

Ames sensibles s’abstenir. Pour autant, c’est un polar prenant qu’on ne lâche pas tant on a envie de connaître la suite. Si le fond de l’histoire est sordide, l’intrigue est bien construite, bien traitée et le récit mené sur un rythme alerte. Le suspense est entretenu de la première à la dernière page sans temps morts. Un style incisif sert à la perfection un récit mené tambour battant. Le côté dramatique de l’histoire n’exclut pas quelques touches d’humour et, par moments, une forme de satire sociale. Avec cet opus, Jean Dardi crée un personnage original, une policière spécialisée dans la traque de criminels s’attaquant à des enfants et autorisée par sa hiérarchie à s’affranchir des procédures. Surnommée à juste titre « la louve », c’est une sorte de fauve qui traque des prédateurs. En l’occurrence, dans « Le voleur d’âmes », elle se lance sur les traces d’un serial killer qui, depuis une vingtaine d’années, s’en prend impunément à des adolescentes dans un petit coin de la Bourgogne. Ce détraqué, après les avoir tuées, prélève leurs yeux. C’est là le côté un peu trash de l’histoire mais qui ne nuit pas à son intérêt pour les amateurs de vrais thrillers. L’idée de cette intrigue est originale. L’aspect psychologique des personnages est bien traité. Les amateurs du genre se régaleront.

Le voleur d’âmes, de Jean Dardi, éditions Inceptio, octobre 2021, 396 pages, 19 € 90.

 

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 13:43

J’ai retrouvé avec un immense plaisir la fine équipe des Brestoises magnifiquement campées par Pierre Pouchairet qui, grâce à leurs enquêtes, m’a rendu addict à sa littérature policière. Un univers très sympa, dont les personnages ont un professionnalisme qui est à l’image de leur créateur mais aussi une fantaisie qui rend cette série très plaisante. Ce nouvel opus a ce charme supplémentaire de s’inscrire dans un contexte que je connais bien, celui des salons du polar que nous hantons tous les deux. Un autre acteur donne à cette histoire une saveur particulière : il s’agit du fameux prix du Quai des Orfèvres, dont Pierre Pouchairet a été l’un des lauréats. Le point de départ est simple : un sérial killer a décidé de tuer les lauréats de ce prix, sans doute par jalousie pour ne pas avoir été lui-même primé. La suite est plus compliquée pour les enquêteurs qui vont devoir affronter le monde très fermé des hackers. C’est une histoire qu’on dévore avec un immense plaisir. J’ai particulièrement apprécié, en plus du suspense et de la fluidité de l’écriture, les clins d’œil à un cercle que je connais bien et dans lequel, sous d’habiles pseudonymes, j’ai néanmoins reconnu des gens que je croise régulièrement. J’ai beaucoup aimé aussi l’autodérision dont était capable l’auteur de « Mortels trafics » qui connaîtra bientôt la consécration au cinéma. Un grand bravo pour ce nouvel opus qui devrait ravir les amateurs de bons polars dans lesquels l’action, l’humour et le suspense se sont donné rendez-vous.

Du sang sur le Quai, de Pierre Pouchairet, éditions Palémon, octobre 2021, 324 pages, 10 €.

 

 

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15 décembre 2021 3 15 /12 /décembre /2021 13:15

Je viens de terminer la lecture de « Les sœurs de Montmorts », de Jérôme Loubry et j’en sors bluffé. Cet homme est un sorcier, un expert en machiavélisme. Tout au long des 4/5ème de son polar, il vous entraîne dans une histoire plus que déroutante et, pour tout dire, il vous balade, tant par le sujet ( Une intrigue qui prend appui sur une histoire de sorcières jetées du haut d’une montagne ) que par le lieu dans lequel se déroule cette intrigue ( Un petit village qui possède néanmoins un commissariat de police et qui est la propriété d’un richissime industriel ). Un village dans lequel règne un climat délétère, dont certains citoyens entendent des voix et où se succèdent des morts étranges qui prennent l’aspect de suicides. Le commissaire fraîchement arrivé dans cette petite communauté doit se rendre à l’évidence : il se passe quelque chose de bizarre, voire de paranormal. La tension et l’angoisse montent en intensité jusqu’au point de bascule au-delà duquel je n’irai pas pour ménager votre suspense et votre plaisir qui seront allés crescendo et qui vont vous préparer à une étonnant rebondissement.

J’ai pris un énorme plaisir à lire ce polar, bien construit, bien écrit, original par son intrigue, au suspense intense et au dénouement déconcertant, qui confirme le grand talent de Jérôme Loubry. A découvrir absolument.

Les sœurs de Montmorts, de Jérôme Loubry, Calmann-Lévy, août 2021, 425 pages, 20 € 50.

 

 

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