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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 11:10

 

On le sait, Marek Corbel possède une forte identité littéraire, par son style si personnel que l’on avait pu déjà apprécier dans « En proie au labyrinthe » et qui donne sa pleine mesure dans ce nouvel opus qui se veut un hommage à Auguste Le Breton mais aussi plus généralement au polar d’après-guerre avec sa grande vedette, l’argot. J’ai retrouvé, sous la plume de cet auteur doué, un peu de la littérature policière que vénérait mon père, lui qui savait si bien manier le langage des « beaux mecs ». De Lebreton à Léo Malet en passant par Simonin et Giovanni, ce roman est un hommage appuyé au polar d’après-guerre mais aussi, au passage, au cinéma qui l’a adapté dans des chefs-d’œuvre inoubliables tels que « Du rififi chez les hommes » ou «  Touchez pas au grisbi » et j’en passe. Un hommage à des géants comme Melville ou Lautner. C’est aussi une sacrée galerie de personnages hauts en couleurs qui sont aux prises dans une histoire complexe et passionnante, dans des contextes différents car, ce qui ne gâte rien,  Marek Corbel nous livre une intrigue aux petits oignons qui progresse au fil de trois récits, les deux plus proches sous le règne de Giscard, en 1976, et le troisième en août 1944, en cette fin de conflit mondial qui voyait les lignes  bouger fortement, les acteurs de la guerre changer de camp et les voyous chercher à se reconvertir. Tout part de la disparition, au cours de la seconde guerre mondiale, d’une jeune fille, Louise, que sa sœur, Suzanne, a entrepris de retrouver. Il semble que Louise soit entre les mains d’une bande de Corses qui gèrent des « claques » à Paris. Comment en est-on arrivé là ? C’est précisément le cœur de ce polar et de la recherche de Suzanne. En août 44, Suzanne joue sur les divisions de la pègre parisienne et sur la recommandation d’un affranchi pour se lancer à la recherche de sa sœur. On la retrouvera 32 ans plus tard car le dénouement se jouera en 1976, au terme d’un véritable suspense de 243 pages que l’on dévore avec un indicible plaisir. De « Les gravats de la rade » à « Auguste, l’aventurier », en passant par « En proie au labyrinthe » et « Mortelle sultane », j’ai suivi le parcours de cet auteur vers l’excellence. Il vient, de mon point de vue, de nous servir son meilleur opus.

Auguste, l’aventurier, de Marek Corbel, éditions Goater noir, octobre 2017, 243 pages,         18 €.

 

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