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1 février 2022 2 01 /02 /février /2022 19:57

Fabuleux ! Sans que les deux romans entretiennent une quelconque ressemblance, j’ai ressenti le même avec L’affaire Clara Miller le même emballement que pour de grands thrillers comme, par exemple, Seul le silence, de RJ Ellory. Olivier Bal est de la trempe des grands auteurs de littérature noire. Le sujet est simple : Mike Stilth, une star de la chanson mondialement connue et immensément riche, vit, en dehors de ses concerts et de ses tournées, reclus dans un manoir, avec ses deux enfants et un personnel qui lui est entièrement dévoué, au cœur d’une immense propriété du New Hampshire, non loin d’un lac dont, depuis quelque temps, les eaux rejettent les corps de jeunes femmes noyées. On a pris l’habitude d’appeler ce lieu « le lac aux suicidées ». L’une d’elles était une journaliste, proche d’un de ses collègues, Paul Green, qui ne croit pas un instant à la thèse des suicides. L’interview que lui accorde Stilth dérape, déclenchant l’hostilité de la star. Green qui veut rendre justice à soin amie Clara Miller, décide d’enquêter, flanqué d’un ami photographe qui cherche le scoop, à savoir réussir des photos de la fille et du fils que Stilth protège par tous les moyens à la fois du monde extérieur et de la curiosité des journalistes. Le manoir abrite une aile où Stilth et quelques familiers se livrent à des débordements orgiaques.

On est emporté dans le tourbillon d’un récit magnifiquement écrit, porté par un souffle épique qui ne retombe pas et vous tient en haleine de bout en bout. Olivier Bal campe avec réussite un univers dantesque dans lequel les personnages sont confrontés, à des titres divers, à l’absurdité de leur existence et même, pour certains, à leur propre monstruosité. Cette histoire ressemble à une pièce de théâtre dont le décor et l’intrigue apparaissent progressivement, de plus en plus nettement aux yeux du public, grâce à l’éclairage de plus en plus cru et violent que les personnages centraux projettent dans la succession de leurs propres récits. Le recours à la première personne donne au récit de plus en plus de densité et de profondeur au fil des chapitres. Bravo, c’est du grand art. Voilà un roman qui mériterait d’entrer dans une anthologie de la littérature noire.

L’affaire Clara Miller, de Olivier Bal, Pocket, novembre 2021, 555 pages.

 

 

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