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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 09:55

Avec « Chiens de sang », c’est un roman noir, taillé au scalpel, que nous offre Karine Giébel. Un style plus nerveux encore que celui de « Juste une ombre » permet d’entretenir une tension permanente qui, s’il lui arrive de retomber, le fait pour mieux rebondir et pour regonfler à la page suivante, après avoir fait le plein d’angoisse et d’espoirs vite déçus. L’espoir et le désespoir se livrent une lutte sans merci dans ce roman noir, dense, puissant, tragique, qui pousse ses personnages au bout d’eux-mêmes, dans une lutte désespérée pour la survie. D’un côté, il y a Rémy. A la suite d’une erreur de parcours, Rémy est devenu SDF. Il traîne sa misère dans les rues de la capitale. Un soir, il vole au secours d’un homme agressé en pleine rue. Celui-ci, apparemment reconnaissant, lui propose d’entrer à son service et l’emmène dans sa luxueuse propriété de Sologne. De l’autre côté, il y a Diane. Diane est photographe. Elle vient d’être abandonnée par celui qu’elle aimait. Elle veut oublier la blessure que lui a causée cette rupture. Pour cela, elle part dans la Lozère effectuer un reportage photographique pour un magazine. Au plus profond de la forêt cévenole, elle est le témoin du meurtre d’un marginal par des chasseurs. Diane et Rémy croyaient se retrouver à la croisée de chemins susceptibles de les relancer vers une nouvelle vie. Ces deux êtres, rongés par la souffrance, et qui, soudain, entrevoyaient une porte de sortie sont en fait loin d’imaginer la terrible épreuve à laquelle ils vont être confrontés, chacun de son côté. Roman noir – disais-je – car Karine Giébel exclut toute forme de « happy end ». Dans deux univers clos, éloignés de quelques centaines de kilomètres, se jouent deux dramatiques chasses à l’homme. A la fin du roman, à peine une porte entrouverte sur un mince espoir, comme dans « Juste une ombre », un peu comme quelques points de suspension pour clore une peinture sombre de l’espèce humaine et de sa condition. A lire pour ceux qui aiment les romans noirs, très noirs.

Les chiens de sang, de Karine GIEBEL, Pocket, avril 2012, 253 pages.

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