Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 16:06

madame-courage.jpgC’est une intrigue à première vue complexe que nous propose serge Quadruppani. D’ailleurs, c’est  l’ensemble de ce polar qui est placé sous le signe de la complexité. Entre les Salafistes, le gouvernement algérien, la police anti-mafia italienne et la brigade criminelle française, les rapports ne sont pas simples. Pour faire court, le commissaire Simona Tavianello et son mari se retrouvent en séjour à Paris. A la frontière avec l’Algérie, un jeune Tunisien, Moncef, assiste à l’assassinat de son frère par Nabil un puissant trafiquant qui l’emmène en captivité. En Italie, le commissaire Francesco  Maronne repère, au coin d’une rue de Palerme, un mafieux recherché par la police italienne. A Paris, la brigade criminelle attend que tout se beau monde se mette en branle pour entrer dans la ronde. Voilà pour les ingrédients. S’agissant de leur accommodement, il commence dans un restaurant marocain de Paris où tous ces personnages sont réunis en ignorant réciproquement leur présence et où une serveuse, par inadvertance, dépose devant Moncef un plat de couscous au milieu duquel se trouve une main de femme alors que la semoule devait initialement être servie à Francesco Maronne. La commandant Stéphanie Lagourme, de la brigade criminelle, intervient pour tirer au clair cette macabre découverte. La suite de la recette, c’est la façon dont les liens entre ces personnages vont se tisser, se resserrer, pour donner à voir un écheveau complexe de relations entre les pouvoirs politiques officiels, les manigances des services secrets, les magouilles des grands acteurs économiques et les règlements de comptes personnels des protagonistes. Le style et le récit sont à l’image des phrases qui précèdent, à l’image des personnages et de leurs rapports : complexes. Les différents récits se croisent, se chevauchent, s’éloignent puis se recoupent, comme les fils d’une dentellière, pour former une trame à la fois de plus en plus serrée mais plus claire et plus cohérente au fil des pages. Au bout du compte, la sauce finit par prendre et l’on éprouve du plaisir à déguster cette intrigue qui se tient. Il y a un suspense et même, avec la coexistence de plusieurs récits, plusieurs suspenses. Le style est un peu désarmant mais on finit par s’y faire et on goûte à l’humour particulier de l’auteur. C’est un polar que j’ai lu avec plaisir, assez rapidement. Une lecture que je suis prêt à recommander pour passer un agréable moment.

Madame Courage, de Serge Quadruppani, Editions du Masque, février 2014, 265 pages, 7 € 90.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Issn 2267-0947

  • : Le blog de ma fabrique de polars
  • : J'écris et je publie des polars, ou des thrillers, selon les préférences. Ce blog est destiné à les présenter, à évoquer mon activité d'écriture et à publier mes coups de coeur.
  • Contact

Recherche