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13 mai 2013 1 13 /05 /mai /2013 12:15

C'est un sujet à présent rebattu que d'évoquer la crise du livre et le marasme dans lequel se débattent libraires, éditeurs et auteurs mais je viens de le vivre en direct, de façon privilégiée et illustrée. En l'espace de huit jours, j'ai participé à deux manifestations. La première était le salon du livre de La Croix-Valmer, la seconde, ma séance de signatures à la librairie Lo Païs de Draguignan. Ces deux expériences sont révélatrices de la crise que traverse l'industrie du livre. A La Croix-Valmer, même si la localisation de la manifestation et le contexte local ( Rassemblement de bikers ) n'étaient pas spécialement favorables, force est de constater que le public a boudé la manifestation. A Draguignan, alors que nous étions un samedi et que le beau temps était de la partie, les chalands ne se sont pas bousculés dans la librairie. Tout au long de la journée, j'étais aux premières loges pour observer la vie d'une librairie le jour de la semaine où, en principe, l'affluence est la plus forte. A maintes reprises, la boutique était vide ou presque et nombreux furent les visiteurs à faire un petit tour et à repartir sans avoir fait d'achats. Certains entraient avec un but précis : acheter une carte postale, un accessoire ( Agenda ), un livre figurant sur une liste scolaire ou du matériel. Peu de livres sont sortis et surtout peu de polars. Les miens ont sans doute été les plus nombreux ( 10 au total, soit de mon point de vue une maigre performance ). Les trois secteurs les plus porteurs ont été : le secteur jeunesse où bon nombre de clients se dirigeaient directement, le rayon gastronomie-terroir qui accrochait pas mal de visiteurs et les présentoirs de cartes postales. Des arrêts réguliers devant le rayon "Histoire" et, s'agissant des ados, devant le rayon "Fantasy" mais pas ou peu d'achats. La libraire et son personnel ont reconnu que l'affluence de ce samedi avait été très décevante et que le chiffre d'affaires du magasin n'avait pas été faramineux. Quant aux causes, les explications sont connues : la crise qui n'avantage pas le livre, un produit qui n'est pas de première nécessité, la désertion devant la lecture en dépit, étrange paradoxe, de l'accent mis de plus en plus sur la lecture et de la multiplication des manifestations littéraires. Qu'on ne me parle pas de la concurrence du "Poche", aucun n'est sorti pratiquement des rayons de la librairie, malgré son prix avantageux. Les librairies généralistes plongent ; seules parviennent à tenir le coup les librairies qui se spécialisent où qui s'associent un autre concept ( libraires-salons de thé, par exemple ). Les éditeurs qui n'ont jamais été aussi nombreux ferment boutique. Un auteur présent à la Croix-Valmer voit son éditeur ( Déméter ) cesser son activité, un autre croisé à Draguignan cherche à récupérer ses livres imprimés chez un éditeur en liquidation judiciaire. Les gros ne tiennent qu'au prix de regroupements, de fusion, de rachats par des consortiums ( Ainsi Gallimard qui absorbe Flammarion ). Parviennent néanmoins à tenir et même à se développer les faux-éditeurs, ceux qui éditent à compte d'auteurs ( demandant parfois jusqu'à 2000 euros pour publier un roman ) et qui ne sont en fait que des imprimeurs vivant aux crochets d'auteurs en mal de publication et refusés par les vraies maisons d'édition. Le marasme est visible, palpable et il faut une sérieuse foi en ce que l'on écrit pour poursuivre une activité aussi frustrante du point de vue de ses retombées sur le public. Il faut reconnaître que, dans ce contexte, je ne m'en sors pas trop mal. Dix exemplaires signés avec un public si peu nombreux est une performance. Jean Siccardi, auteur régional connu, n'a pas signé un seul livre lors de sa venue récente à Lo Païs et Karine Giebel, auteure de dimension nationale, n'a presque pas fait mieux l'an dernier. A Sedan, j'ai dédicacé 34 livres sur les 35 qu'avait commandé le libraire. Je dois donc m'estimer satisfait. Des jours meilleurs viendront sans doute mais il faudrait que nos concitoyens aient à nouveau de quoi consacrer un peu d'argent au "superflu".  

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