Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 17:11

108_1712.JPGC’est au cours de l’été 2010, au cours d’un séjour sur les berges du canal du Midi que l’idée m’était venue d’y situer un chapitre de mon deuxième polar « Le Christ jaune ». C’est dans le petit hameau du Somail, et plus précisément dans sa librairie « Le trouve-tout-du-livre », que j’ai trouvé le lieu idéal qui permettait à mon personnage principal, François Lemel, de dénicher une revue qui allait lever le voile sur le mystère des meurtres en série qui accompagnaient ses recherches. J’avais moi-même farfouillé dans le fonds de cette impressionnante librairie de livres anciens, sans doute l’une des plus grandes boutiques de bouquiniste au monde. Je travaillais déjà sur Le Christ jaune et j’avais déniché un numéro de la revue « L’œil » qui répondait à mes attentes. De là à faire de cette revue la clef du mystère, il n’y avait qu’un pas, vite franchi.

Mon dernier et récent séjour sur les bords du canal m’a inspiré l’idée d’un nouveau polar, historique celui-là, qui se situerait au XVIIe siècle, pendant sa période de construction. Il y serait question d’un certain Pierre-Paul Riquet. Quant au contenu de l’intrigue, je n’en ai pour l’instant qu’une vague idée. Il faudra que tout cela décante.

Il y a des lieux qui vous inspirent. Le canal du midi en est un. Il exerce sur moi une véritable fascination. Qu’y a-t-il de plus beau que ce canal ? Ce site, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, est un endroit magique, idyllique, grandiose, impressionnant ( les qualificatifs et surtout les superlatifs me manquent ) dont il fait bon parcourir les berges plantées de platanes pluricentenaires dont la fonction essentielles consiste à maintenir les berges. Mais, ces arbres imposants, plantés à intervalles réguliers, composent aussi une géométrie extraordinaire que renforce leur reflet dans l’eau verte du canal. A intervalles réguliers, le promeneur rencontre des points d’intérêt divers, les uns témoignant de l’audace et du génie technique de l’ingénieur RIQUET, les autres de l’énorme potentiel touristique du site : des ponts de pierre aux formes différentes, véritables chefs-d’œuvre architecturaux, des écluses, des déversoirs, tous appareillages relevant de prouesses techniques, un bornage régulier sur lequel les distances figurent en unités de l’ancien régime, mais aussi des haltes fluviales, des ports de plaisance, des flottilles de bateaux à louer, des auberges, des aires de pique-nique et, enfin, des curiosités comme cet ancien quai réservé aux bateaux « pinardiers » dont l’histoire montre que ce canal faisait vivre une foule de métiers connexes à celui de batelier. En fait, l’idée originale de RIQUET était de permettre aux galères royales de relier l’Atlantique à la méditerranée en évitant Gibraltar et les attaques espagnoles ou mauresques. Pierre Paul RIQUET, fils d’un notable toulousain, dut batailler ferme pour convaincre Colbert et Louis XIV de l’utilité d’un tel projet. Les travaux commencèrent vers 1666 pour s’achever en 1681. Après sa mort, à 71 ans, en 1680, son fils lui succéda pour achever les travaux. Appelé au départ « canal royal en Languedoc, il fut rebaptisé « canal du midi »  en 1789 par les Révolutionnaires. On le nomme également canal d’Entre-Deux-Mers. Le grand défi technique de RIQUET consista à acheminer l’eau de la montagne noire jusqu’au seuil de Naurouze, ligne de partage des eaux entre le bassin méditerranéen et l’Aquitaine. Le gros problème réside actuellement dans une maladie, « le chancre rouge », qui attaque et détruit les platanes qui longent le canal. Une politique d’abattage et de replantation a été entreprise mais, signe d’espoir, il semblerait qu’un traitement soit en voie de finalisation. Le tourisme est très développé tout le long du canal, avec des lieux comme le Somail, à Saint-Nazaire-d’Aude, où les plaisanciers peuvent se restaurer et profiter du charme de cette halte qui est sans doute la plus belle de tout le parcours. On y trouve la fameuse librairie de livres anciens nommée « Le trouve-tout-du-livre » dont j’ai fait le cadre d’un chapitre de mon polar « Le Christ jaune ». Du Languedoc jusqu’en Aquitaine, à Béziers comme à Toulouse ou à Moissac, le canal du midi prend des allures variées, se pare d’atours changeants, multiplie les atmosphères, au gré des kilomètres comme au fil des heures de la journée. Il règne tout au long de ce canal une atmosphère à la fois reposante et cordiale. Cyclistes, marcheurs et plaisanciers s’y croisent en se saluant, en échangeant quelques mots dans un grand respect et une grande chaleur mutuelle. On peut aussi visiter les villages qui le jalonnent et qui recèlent souvent d’intéressantes curiosités : châteaux, églises, chapelles, caveaux viticoles, cafés originaux… Le canal abrite également une faune diversifiée dont les canards sont les représentants emblématiques, cabotins et gourmands. Enfin, les écluses dévoilent l’histoire et la géographie du canal en marquant les distances. Elles sont, elles aussi, des merveilles techniques minutieusement entretenues par les employés du service de la navigation. Une découverte à entreprendre absolument, soit à pied, soit à vélo, soit encore à bord de l’une de ces vedettes fluviales sans permis qui se louent à la journée ou à la semaine.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Issn 2267-0947

  • : Le blog de ma fabrique de polars
  • : J'écris et je publie des polars, ou des thrillers, selon les préférences. Ce blog est destiné à les présenter, à évoquer mon activité d'écriture et à publier mes coups de coeur.
  • Contact

Recherche