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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 09:16

toulon-1.jpgLe salon du livre de Toulon est derrière nous. Le bilan est correct ou, si l’on veut être positif, relativement bon, meilleur que l’an dernier en tout cas, même s’il n’atteint pas les objectifs que je m’étais fixés, toujours trop optimistes à l’image de la commande du libraire.

Le salon, c’est d’abord trois jours à demeurer assis derrière une table et une pile de livres, à attendre le client. Trois jours très physiques où il faut lutter contre l’ankylose, le début de sciatique, les risques d’assoupissement, le bruit ambiant. C’est une école de la patience et de la maîtrise nerveuse. C’est aussi la rude expérience du sandwich expédié sur le pouce à même le stand.

Le salon, c’est également une étonnante école de sociologie. On voit passer devant soi, pendant trois jours, toutes les catégories de la population, tous les styles comportementaux, on entend tous les discours. Un échantillonnage complet de l’espèce humaine.

Un grand salon comme celui de Toulon, c’est un public nombreux, surtout le samedi et le dimanche mais un public composé principalement de curieux, de « touristes ». Peu de véritables lecteurs. Je n’en veux pour preuve que les nombreuses réflexions du type : «  Je ne lis pas », «  Je ne lis plus » ou encore « Je n’ai pas le temps de lire », « Je viens pour voir les peoples », « J’ai déjà plein de livres sur mes rayons que je ne trouve pas le temps de lire », « J’emprunte les livres que je lis à la bibliothèque ». On a le sentiment que, pour la majorité des visiteurs, venir sur le salon est un but de promenade, une distraction du week-end, mais sans véritablement de lien avec le livre. Et puis, il y a ceux qui passent à deux, voire à trois mètres des auteurs, le regard fuyant, craignant que vous captiez leur attention ou leur adressiez la parole, qui ne répondent pas à votre salut.  Il y a aussi ceux qui survolent du regard les livres, vous répondent, si vous les interpelez, qu’ils vont repasser, « qu’ils font un petit tour pour voir » mais qui ne repassent jamais. Il y a ceux qui font semblant de s’intéresser à vos livres, les feuillettent distraitement puis les reposent en vous lançant un « Je note, je fais un tour et je repasse. ». Ceux-là non plus en général ne repassent jamais. La crise n'est sans doute pas étrangère à ce phénomène. Enfin, il y a les vrais lecteurs, les mordus du livres qui ne vous achètent pas nécessairement un exemplaire de votre bouquin mais s’entretiennent avec vous de leurs goûts littéraires, s’intéressent au texte de quatrième de couverture de vos livres et qui vont expliquent clairement et de façon totalement légitime pourquoi ils ne vous en prendront pas. Et, parmi eux, il y a ceux qui vous achètent un livre, quelquefois deux, vous les font dédicacer et avec qui on peut avoir un long et intéressant échange. Ceux-là vous font oublier tous les autres.

Il y a aussi les remarques sympas, comme celle de cette jeune fille qui passe avec une amie et qui, montrant du doigt l’un de vos livres, lui dit « Celui-là, mon père l’a lu, il paraît qu’il est très bien » ou comme cette autre dame qui, passant devant le stand, vous lance : «  J’ai lu votre livre, j’ai adoré ». Dans ce cas, vous lui proposez d’en découvrir un autre. Et c’est là qu’elle vous rétorque : « Oui, mais je n’achète jamais de livres, je les emprunte toujours à la bibliothèque ». Il est vrai que mes livres commencent à hanter les rayons des bibliothèques, notamment en Dracénie.

Un grand salon, c’est aussi l’occasion de retrouver ou de rencontrer de grands noms de la littérature. Ils étaient encore nombreux cette année à Toulon.  C’est également une opportunité de faire de la com’ pour reprendre une expression en vogue. Franz-olivier Giesbert est reparti avec un exemplaire de « 24 » et des exemplaires de ce même « 24 » et de « Portrait-robot » seront bientôt sur le bureau d’une journaliste de France-Culture. Ce sont des bouteilles à la mer dont le message sera peut-être lu. Ou pas. Qui peut savoir ? Comme le dit la formule désormais célèbre : « La bonne personne, au bon endroit, au bon moment et tout peut basculer ».

L’invité-vedette du salon était Douglas Kennedy qui a donné une interview publique le dimanche après-midi. Une belle affiche. Il est simplement dommage que l’interviewer n’ait pas été à la hauteur de l’évènement.

Mais, un salon, qu’il soit grand ou modeste, c’est aussi et surtout l’occasion de retrouver des collègues et même des amis. En guise d’illustration, sur mon blog, j’ai consacré deux chroniques à ma rencontre avec Brigitte Aubert et à mes retrouvailles avec Bernard Degioanni.

Enfin, ce salon fut l’occasion d’une découverte intéressante. Celle d’un jeune auteur de science-fiction niçois, Yoann Berjaud dont les romans sont dans la lignée de Star wars et de Dune.

En conclusion, je dirais qu'un salon généraliste de cette taille, s'il draîne un public important, ne possède pas à mes yeux les vertus d'un salon spécialisé où le public est mieux ciblé, comme un salon du polar, par exemple, où je me sentirais plus en prise avec le public et où mes romans auraient davantage de chances d'être valorisés et reconnus.

Voilà un rapide bilan qui ne serait pas complet si je ne signalais pas l’important et excellent travail des libraires et tout particulièrement celui de la librairie Lo Païs de Draguignan que je remercie de m’avoir associé à cette manifestation.


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