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16 janvier 2014 4 16 /01 /janvier /2014 12:25

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Portrait-robot est sorti en mars 2013. C'est un polar dont l'intrigue se partage entre les Ardennes et le Var. En 1996, dans les Ardennes, après avoir assassiné ses parents, Juliette Laffont, une jeune schyzophrène, s'échappe de l'hôpital psychiatrique où elle était internée. Au cours de sa cavale, elle abat cinq hommes. Puis, on retrouve son cadavre au milieu de la forêt à moitié décomposé et dévoré par les animaux. Quinze ans plus tard, des meurtres sont commis dans la région de Draguignan. Même mode opératoire mais aussi et surtout même arme. Qui peut bien, quinze ans plus tard, commettre ces meurtres alors que Juliette Laffont est morte ?

 

Un extrait : 

 

Figanières, le 13 mai 2011,

 

    « Ils ne me trouveront pas de sitôt. Comment pourraient-ils deviner que je me cache ici ? Bastien lui-même n’en sait rien. Il peut leur raconter tout ce qu’il voudra. Lui non plus ne connaît rien de ma vie, ni de la sienne. Il ignore jusqu’à son existence. Je voulais tout lui dire, tout lui expliquer mais j’ai eu tort d’avoir confiance en lui. Il n’a pas connu ce que j’ai vécu, il ne peut pas comprendre. Témoigner ! Pourquoi donc ? Pour qu’ils m’identifient, qu’ils comprennent tout, qu’ils me suspectent et me suivent. Pour que je ne puisse plus m’approcher d’elle sans risque et qu’elle se retrouve seule, en danger. Bastien était en colère que je ne veuille pas témoigner mais il n’était pas question d’aller à la gendarmerie. Il m’a dit vouloir s’y rendre lui-même. Est-ce lui qui m’a dénoncé ? J’ai cru mourir en voyant mon portrait dans Var-Matin. Non, ce n’est pas lui. Il leur aurait donné une photo. Il a réussi à nous faire prendre en photo, contre mon gré… Quelqu’un a dû m’apercevoir et ils ont fait un portrait-robot d’après sa description. Un portrait tellement ressemblant que j’ai su immédiatement qu’on me reconnaîtrait. J’ai compris qu’il fallait disparaître. Non pas que j’aie peur mais je veux aller jusqu’au bout. Je suis si près du but ! Bastien était parti avec la camionnette à Aix. Heureusement qu’il y avait la moto ! Ils ne s’attendent pas à me trouver là-dessus. Avec le casque, je passe inaperçue. Ils pensent que je me déplace à pied et doivent me chercher dans Draguignan. Les imbéciles ! Il m’en a fallu du temps pour retrouver la maison. Davantage de temps encore pour les retrouver, eux qui ont détruit notre vie. Masclaux d’abord, le garagiste. Il croyait que tout était oublié, qu’il était tranquille pour toujours, qu’il pouvait couler des jours paisibles, que plus jamais personne ne viendrait lui demander des comptes. Il avait dû apprendre la mort des Laffont. Tous les journaux en avaient parlé. On avait vu leur visage à la télé. Il avait dû être soulagé, ce porc, se sentir rassuré.

    La maison est toujours là avec son seringa dont j’ai tout-de-suite reconnu l’odeur entêtante. C’était notre endroit préféré. Nous aimions nous y installer pour lire, sur le banc de bois. La vie était douce ici avant qu’ils ne viennent. Ils passaient pourtant de temps en temps à la maison. Notre père débouchait une bouteille de vin. Ils parlaient fort et ils riaient. Ils repartaient en titubant et en parlant encore plus fort. Masclaux a été le premier à tomber entre nos mains. Il ne fallait pas qu’il meure tout-de-suite, pas avant d’avoir avoué où habitaient ses complices. Sa femme était sortie. Il s’est laissé surprendre. Nous l’avons torturé, en prenant notre temps, pour contempler sa souffrance. Trente minutes ? Peut-être une heure ? Je ne me rappelle plus. Il a fini par céder. Il a donné l’adresse de ses complices. Il saignait de partout, comme un porc quand on l’égorge. Il se débattait sur sa chaise et chacun de ses cris déclenchait en nous une onde de plaisir. Nous avons tellement souffert !  Il hoquetait et il tremblait sous l’effet de la douleur mais sans doute aussi parce qu’il avait compris qu’il allait mourir. Il a supplié, trois fois, avant qu’elle ne lui tire une balle en plein front.

 

   Désormais, il lui fallait aller jusqu’au bout, avant qu’ils ne la trouvent.

   Elle en était là de ses pensées lorsqu’elle entendit un bruit de moteur. Une voiture s’approchait. Elle l’entendait peiner sur le petit chemin cahoteux. Puis, soudain, plus rien. Le véhicule avait dû stopper à quelques dizaines de mètres de la maison. Elle se saisit de l’arme posée près d’elle sur la table, la serra dans ses mains, comme pour se rassurer, et se leva.

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