Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 10:43

portrait-robot-1-copie-2.jpg

L’intrigue de mon dernier polar, Portrait-robot, se déroule en grande partie à Draguignan. Les allées Azémar, du nom d’un ancien préfet du Var, en sont un lieu emblématique. C’est là que se tient le marché textile et c’est aussi là que se situe la brasserie des Allées dont la terrasse jouxte les étals des marchands et qui accueille les camelots et leurs clients le samedi et le mercredi matin pour quelques minutes de détente. C’est aussi là que viennent de temps à autre se désaltérer le capitaine Tragos et son équipe et c’est précisément là que se jouera en partie le dénouement de l’histoire. Voici une photo de la terrasse de la brasserie des Allées et un extrait d’un chapitre dont elle est le cadre.

 

« Draguignan, le 6 mai 2011,

    C’était jour de marché à Draguignan. Comme chaque mercredi, Bastien quitta la maison à l’aube, après avoir chargé la camionnette. D’ordinaire, il appréciait l’heure matinale qui le voyait prendre possession de sa concession, sur les Allées Azémar, devant le manège. Toujours au même endroit. Depuis des années. Le rituel ne variait pas. Une fois l’étal installé, il se posait quelques instants à la terrasse de La Brasserie des Allées pour déguster un espresso avec Louis, le confiseur. La marchandise était sous bonne garde, la solidarité jouait entre camelots. Marthe le rejoignait généralement vers huit heures, quand les allées commençaient à s’animer. Tout le monde avait ses habitudes. A peu de choses près, les mêmes. Une fois l’installation terminée, chacun venait, à tour de rôle, se donner un peu de force avant le rush de la clientèle. Ludo, le garçon de café, connaissait bien son monde : d’abord les camelots puis, à partir de huit heures, leurs clients. Les camelots, Ludo les connaissait tous. Par leur prénom. Dix ans qu’il officiait les jours de marché. C’est lui qui ouvrait le café avec le patron. Pas la peine de commander. «  Quatre espressos, comme d’hab ? Et vite fait, je suppose !». Il avait apporté, en même temps que les consommations, l’édition du jour de Var-Matin. Le journal, c’était sacré ! On le feuilletait et, si rien n’attirait vraiment l’attention, on le passait à la table voisine. D’ordinaire, c’était l’occasion de commenter l’actualité, d’échanger les derniers potins de la sous-préfecture mais, depuis quelques semaines, les conversations ne tournaient plus qu’autour d’un seul sujet : la série de meurtres qui avait frappé la ville et ses environs. Après avoir servi la table voisine, Ludo était revenu.

    - Vous avez vu ? Il a remis ça. 

    Bastien avait sursauté.

    - Qui ça ? 

    - Le tueur, pardi ! répliqua le garçon de café pour qui la réponse ne faisait pas l’ombre d’un doute. »

Portrait-robot, de Jean-Michel Lecocq, Editions L’Harmattan, mars 2013, 304 pages.

Partager cet article
Repost0

commentaires

Issn 2267-0947

  • : Le blog de ma fabrique de polars
  • : J'écris et je publie des polars, ou des thrillers, selon les préférences. Ce blog est destiné à les présenter, à évoquer mon activité d'écriture et à publier mes coups de coeur.
  • Contact

Recherche