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29 août 2017 2 29 /08 /août /2017 19:09

Ce fut un véritable coup de cœur sur plusieurs plans. L’écriture d’abord : un style élégant, fluide, agréable à lire. Le suspense ensuite : bien construit et bien entretenu jusque dans les dernières pages où un ultime rebondissement fait basculer l’intrigue. Ensuite, les personnages : parfaitement campés, pour les uns, acteurs du monde judiciaire et, pour les autres, paumés en tous genres embringués dans une histoire qui les dépasse. On est loin de l’affaire Grégory mais ce polar est inspiré d’une histoire réelle que le juge Lambert a eu à instruire. Enfin, l’émotion : on connaît l’histoire tragique du « petit juge » qui s’est suicidé récemment et qui, dans ce roman, décrit avec un de ses personnages la scène de son propre suicide. Comme dirait mon éditeur préféré, c’est un roman policier mais pas que… Jean-Michel Lambert connaît bien l’univers judiciaire qu’il dépeint avec réalisme et sans concessions. On y trouve aussi beaucoup de sensibilité. C’est un excellent polar qui vous tient en haleine. Pas étonnant que l’auteur se soit vu décerner le prix Cognac au début des années 2000. A découvrir…

Témoins à charge, de Jean-Michel Lambert, éditions De Borée, août 2017, 343 pages, 19 € 90.

 

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 14:31

Quand on est un quadragénaire et qu’au milieu de la nuit on prend en stop une jeune fille mineure, on commet une grande imprudence. Mais, si la jeune fille se dit en danger et qu’elle affirme être une amie de votre fils, vous finissez par n’écouter que votre générosité et votre sens civique. Voilà, en quelques mots, résumée la situation dans laquelle se met  Cal Weaver, détective privé de son état, lorsque, devant un dancing, il laisse monter dans sa voiture la jeune Claire, fille du maire de la ville où il réside. Mais, quand, en cours de route, Claire lui demande de la déposer dans un autre bar, sur le bord de la route, pour satisfaire un besoin intime et qu’au retour de la jeune fille, il découvre que ce n’est pas elle qui monte dans sa voiture mais une autre jeune fille qui lui ressemble à s’y méprendre, Cal commence à se poser des questions. Quand la seconde jeune fille disparaît à son tour et qu’il semble à Cal être suivi par une voiture, les choses se compliquent. Elles deviennent dramatiques et compromettantes pour lui quand on retrouve le corps de la seconde jeune fille assassinée. Avec le talent de conteur qu’on lui connaît, Linwood Barclay nous entraîne dans un page turner palpitant, sans temps morts et plein de rebondissements, avec un final étonnant. Le style n’est pas des plus littéraires, c’est une constante chez cet auteur, mais il est nerveux et sous-tend efficacement un suspense croissant et bien entretenu. C’est du Barclay pur jus et c’est passionnant, comme toujours avec lui. Amateurs de très bon suspense, jetez-vous sur ce thriller, il en vaut vraiment la peine.

La fille dans le rétroviseur, de Linwood Barclay, J’ai lu, mars 2017, 571 pages, 8 €.

 

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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 10:33

Je ne connais pas La Nouvelle-Orléans. J’avais pourtant déjà lu un polar ayant pour cadre cette ville. J’avais bien aimé cette ambiance singulière. Dans l’emprise des sens, je l’ai retrouvée telle quelle, excitante, envoûtante, presque inquiétante, en tout cas mystérieuse à souhait, comme ce polar survolté qui vous happe et vous entraîne dans une histoire passionnante, imprégnée de bout en bout de culture vaudou. Pour faire court, Talia qui sort d’une relation amoureuse éprouvante, qui traîne derrière elle des souffrances et dont les origines sont auréolées de mystère, vient en vacances à La Nouvelle-Orléans pour tenter d’oublier. Mais, d’entrée de jeu, elle est plongée dans cette ambiance mystique qui nimbe la ville et qui préside à une série de meurtres ritualisés que Talia voit en rêve au moment même où ils sont commis. Mieux, il semblerait qu’elle les vive  à la place même du tueur. Ces visions qui la déstabilisent vont se révéler un atout précieux pour la police avec laquelle la jeune femme va coopérer. Les personnages qui entourent Talia sont extrêmement attachants, depuis Azaia, la prêtresse excentrique jusqu’à Basile, le médecin-légiste vite amoureux de Talia, en passant pas Louis, le policier en proie à ses TOC. Ce roman est bien écrit et possède un rythme soutenu. L’intrigue est magistralement construite et le dénouement que l’on ne pressent qu’à quelques pages de la fin est étonnant. Lire Sacha Erbel fut pour moi une belle découverte. C’est le second ouvrage que je lis de cette maison d’édition qui mérite d’être connue.

L’emprise des sens, de Sacha Erbel, Editions La liseuse, décembre 2016, 244 pages, 17 € 99.

 

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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 13:44

Est-ce vraiment un polar ?... Oui, car ce roman met en scène un groupe de policiers appartenant aux renseignements généraux qui, sur fond de discorde et de manipulations, vont essayer de gérer au moins mal un climat social qui s’envenime dans une France dont les dirigeants sont au bord du précipice. Le Cartel qui gère l’Europe et qui ressemble à s’y méprendre à la Commission de Bruxelles cherche à profiter du chaos qui s’annonce pour mettre la France sous tutelle et imposer les règles d’une nouvelle géopolitique. Tout cela sous la tutelle et avec la bénédiction des Etats-Unis et du FMI. Est-ce un polar ?... Oui, certes, mais c’est avant tout une fiction politique qui s’inspire d’une réalité et qui jette sur l’Europe, ses dirigeants politiques et leurs agissements un regard acéré et qui, par moments, compte-tenu de la date à laquelle a été conçu ce roman, apparaît prémonitoire.  Jusqu’où va la réalité et où commence la fiction ? Difficile à dire dans cette intrigue lucide et sans concession sur les turpitudes des autorités politiques et des syndicats, sur la duplicité de la police, sur la capacité de tous à manipuler et leur incapacité à ne pas se laisser manipuler eux-mêmes. Réalité bien illustrée par le titre et par la notion de labyrinthe. Dans son style tout personnel, Marek Corbel entraîne le lecteur dans une histoire prenante qui présente tous les caractères de la vraisemblance jusqu’à un dénouement qui annonce une suite.  J’ai pris plaisir à lire cette aventure vivante, réaliste et passionnante qui m’a conforté dans ma vision de la société dans laquelle nous vivons.

En proie au labyrinthe, tome 1 : la lutte, de Marek Corbel, éditions la Liseuse, juin 2017, 247 pages, 17 € 90.

 

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11 juillet 2017 2 11 /07 /juillet /2017 15:24

C’est un polar qui, par certains côtés, rappelle mon thriller cévenol « Rejoins la meute ! », à cette différence près qu’il situe son intrigue dans une ville de Suède en plein hiver. Il s’agit d’un enquête contemporaine qui renvoie à des rites anciens. A l’approche de Noël, on retrouve des individus pendus dans les bois, avec une mise en scène barbare qui emprunte ses symboles aux vieilles légendes viking. Maria, une policière mère de famille et qui rencontre des problèmes avec son mari et sa belle-mère, est attelée à l’enquête. Son travail qui l’accapare porte préjudice à sa vie familiale. Elle doit donc jongler entre un mari immature mais dont elle est amoureuse, ses enfants qu’elle néglige, sa belle-mère qui la martyrise et les exigences d’une enquête difficile qui suppose de s’intéresser à la mythologie viking. S’agit-il d’une secte ou d’un individu isolé ? Cette enquête va la mettre personnellement en première ligne, elle et ses enfants. Le dénouement est surprenant et nous plonge dans les arcanes de la psychiatrie. Assez effrayant. Un bon suspense avec un personnage central auquel on s’attache. Un bon moment de lecture.

Le pacte boréal, de Anna Jansson,  Toucan noir, juin 2010, 316 pages, 20 €.

 

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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 13:07

C’est un de ces polars dont on a du mal à s’extraire tant on est pris par l’histoire et par l’atmosphère, une de ces intrigues prenantes qui vous happe tout entier. Et, pourtant, les actions ne s’y bousculent pas, pas plus que les rebondissements mais on est plongé dans un univers fascinant, un huis-clos dans lequel s’agitent des personnages dont on devine qu’ils cachent derrière leur posture et leur agitation de façade des secrets inavouables. Cet univers clos, c’est Siglufjördur, une petite ville de mille trois cents âmes, perdue à l’extrême nord de l’Islande et qui reste coupée du monde une grande partie de l’hiver. Et c’est précisément en plein hiver que le jeune policier Ari Thor débarque dans cette ville pour y prendre son premier poste, dans une communauté où tout le monde se connaît, où en principe nul n’a de secret pour les autres et où il ne se passe jamais rien. Et voilà que, dès l’arrivée d’Ari, un écrivain célèbre qui préside aux destinées de la compagnie dramatique locale, tombe dans les escaliers du théâtre et se tue. Le responsable de la police conclut à un accident, ce dont Ari n’est pas convaincu. Contre la défiance de son chef et des autochtones, Ari va tenter de prouver qu’il a raison. Une chape pèse sur cette enquête tout au long du livre, une chape de silence mais aussi une chape neigeuse qui accentue la sensation de claustrophobie que ressent Ari. L’écriture est agréable, l’intrigue est bien construite et, malgré un rythme lent, on s’attache à ces personnages et à leur cheminement complexe vers la vérité. J’ai découvert avec plaisir ce nouvel auteur qui, paraît-il, est la valeur montante du polar islandais. J’en suis convaincu. A découvrir.

Snjor, de Ragnar Jonasson, Editions Lamartinière, réédité en poche par Points, mars 2017, 336 pages, 7 € 60.

 

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22 juin 2017 4 22 /06 /juin /2017 15:12

C’est bien un roman noir que nous propose les éditions Rivages avec cette excellente intrigue de Hervé Le Corre, histoire noire à souhait de cet homme qui a purgé une peine de prison pour n’avoir pas trahi son frère et qui, au terme de sa détention part retrouver le dit frère. Mais celui-ci n’est pas là où il pensait le trouver. Il va donc lui falloir l’attendre dans cette famille fruste où son frère s’était réfugié et où il est accueilli comme un chien dans un jeu de quilles, sauf par la compagne de son frère qui très vite l’attire dans son lit. A en croire tout le monde, Bastien, le frère de Franck, serait parti en Espagne pour régler certaines affaires. En l’attendant, il va devoir vivre au milieu de cette maisonnée plus ou moins repoussante qui se livre à ses petits trafics et au milieu de laquelle Franck ne trouve qu’une seule source de fraîcheur et de tendresse, la petite Rachel, la fille de Jessica la compagne de son frère. Jessica, jeune femme déséquilibrée, se drogue et est portée sur le sexe. Autour ce ces branquignols, gravite une faune inquiétante avec laquelle les relations de Jessica et de ses parents apparaissent troubles. Franck va se faire entraîner dans une série de mésaventures pour le moins dangereuses et sanglantes, avec pour seul point de repère la petite Rachel et le besoin de savoir ce qu’il est advenu de son frère.

Un roman noir qui tient en haleine. De l’excellent littérature noire que je recommande aux amateurs du genre.

Prendre les loups pour des chiens, de Hervé Le Corre, éditions Rivages, décembre 2016, 318 pages, 19 € 90.

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21 juin 2017 3 21 /06 /juin /2017 15:21

Ça commence tranquillement, presque mollement, avec l’obsession d’une quadragénaire, épouse modèle et bonne mère de famille, pour parvenir à comprendre le mystère de la mort de sa meilleure amie qui, selon toute vraisemblance, s’est suicidée. Elle se heurte à l’incrédulité générale et même à l’hostilité de la famille de la victime. Pourtant, elle s’entête et, de sa quête obstinée, vont naître quelques indices qui semblent cautionner l’hypothèse d’un meurtre. Lyvie, c’est son prénom, va poursuivre son enquête, souvent à la limite de la légalité, pour fouiller la vie de son amie Julia et y trouver le nom du coupable. Ça commence tranquillement, disais-je, mais ça finit par s’emballer et par prendre les allures d’un véritable thriller dans lequel s’accélère l’action, rôde le danger et s’épaissit le suspense. Les fausses pistes se succèdent. La fin est étonnante et, comme le dit de façon si imagée une éditrice de mes connaissances, le lecteur « tombe de l’armoire ». C’est agréable à lire, c’est de plus en plus prenant au fil des pages pour devenir passionnant dans la seconde moitié du roman. J’ai passé quelques heures de lecture très agréables.

Appelle-moi, de Sophie McKenzie, Pocket, janvier 2017, 473 pages, 8 €.

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11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 15:08

Il y a des maisons d’édition régionales qui regroupent de très bons auteurs et qui publient d’excellents polars. C’est le cas des éditions Ravet-Anceau qui démontrent une fois de plus avec « Je suis innocent » la qualité de leurs productions. L’histoire est simple et fait cheminer dans un parcours commun deux personnages aux antipodes l’un de l’autre : Boyer, un violeur meurtrier récidiviste, et Germain, un jeune capitaine de police, plutôt cérébral et qui ne parvient pas à se faire respecter de ses adjoints « gros bras » et partisans de la manière forte. On l’aura compris : Germain est chargé de l’enquête sur les agissements de Boyer qui, après avoir purgé une vingtaine d’années de prison, est suspecté d’avoir à nouveau assassiné une jeune femme. Tout se passe dans la région de Reims et à Soissons. On se laisse happer par l'intrigue, bien ficelée. C’est bien écrit, il y a de l’action et du suspense, les personnages sont bien dessinés, que demander de plus ? A travers ce polar, j’ai découvert un vrai talent, Thomas Fecchio, que je vous invite à découvrir à votre tour. Vous ne serez pas déçus.

Je suis innocent, de Thomas Fecchio, éditions Ravet-Anceau, février 2017, 301 pages, 14 €.

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 17:51

D’entrée de jeu, je dois dire que ce petit polar m’a réellement plu. Je me suis laissé embarquer dans les aventures de Karbaï, ce privé plutôt atypique qui joue à maître Puntila et son valet Matti (1) avec sa secrétaire qui se comporte comme la vraie patronne. Il a toutes les faiblesses que peut recéler un être humain et c’est ce qui le rend sympathique. L’histoire est simple a priori : Karbaï filait le patron d’un théâtre parisien que sa femme soupçonnait de la tromper avec un homme. Il se trouve que, très vite, on retrouve sur la scène dudit théâtre le corps dudit directeur abattu d’une balle dans la tête. L’enquête de Karbaï devient criminelle, en liaison avec son ami de la PJ, le capitaine Dampierre. Il y a de l’action, des rebondissements et de l’humour. On découvre les dessous du milieu du théâtre que l’auteur connaît bien. Un seul bémol qui ne retire rien au talent de l’auteur : l’éditeur n’a pas fait l’effort de relecture suffisant et subsistent quelques fautes. Cela dit, je ne peux que recommander ce polar distrayant qui s’inscrit dans une série dont il est le quatrième opus.

Trois coups de sang, de Christophe Petit, éditions L’Harmattan, avril 2017, 198 pages, 19 € 50.

  1. Référence à la pièce de Bertold Brecht dans laquelle les rôles entre le maître et le valet s’inversent.

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Issn 2267-0947

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