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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 07:20

Une fois de plus, Xavier-Marie Bonnot nous livre un roman éblouissant. Dans l’Egypte contemporaine, sur les bords du Nil, au beau milieu du « printemps arabe », Rodolphe, un archéologue français, va vivre une histoire d’amour avec une jeune Egyptienne, Noah. La jeune femme issue d’un mariage mixte entre un musulman et une copte découvre la difficulté de vivre une double culture. Elle se trouve en même temps confrontée à la répression d’un pouvoir totalitaire, celui d’Hosni Mubarak, et placée devant des choix. Tiraillée entre deux identités et deux orientations possibles, elle va faire le choix de la modernité et celui d’un amour rendu risqué par le poids et la violence des traditions. Au-delà de cette histoire d’amour, Xavier-Marie Bonnot nous fait découvrir toutes les facettes de l’Egypte contemporaine, aux plans politique, culturel et social. Il nous livre une peinture fouillée de ce pays qui vit les prémices d’une révolution, il met au jour ses paradoxes, le poids de traditions ancestrales en même temps que l’ancrage indispensable dans la modernité au travers du tourisme sans lequel le pays risque de sombrer. Il nous fait également découvrir le riche passé de l’Egypte des pharaons que l’équipe de Rodolphe se prépare à sortir de terre. Xavier-Marie Bonnot fait preuve d’une grande culture historique et sociologique. Son analyse très fine des rouages de la société égyptienne permet de comprendre les enjeux qui ont plané sur le « printemps arabe ». Le tout est servi par l’écriture brillante qu’on lui connaît. Avec « Nefertari dream », Xavier-Marie Bonnot poursuit son cheminement vers la perfection littéraire. Un régal à ne surtout pas manquer.

Nefertari dream, de Xavier-Marie Bonnot, éditions Belfond, coll. Pointillés, février 2020, 349 pages.

 

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21 août 2020 5 21 /08 /août /2020 12:02

Les éditions Lajouanie proposent un éventail très large de romans qu’ils soient policiers mais pas que… ou pas policiers mais presque… . Avec «  Dernière escale », de Sandra Martineau, on se situe dans la seconde catégorie. C’est un roman à suspense, presque un thriller, mais sans enquête policière. Un ancien joueur de football professionnel fraîchement retraité à cause de toutes sortes d’excès ( Alcool, stupéfiants et sexe ) tente de sauver son couple et sa famille dans une croisière à bord du plus grand paquebot qui soit. Très vite, les problèmes s’enchaînent et ses vieilles angoisses ressurgissent en raison d'un drame survenu au cours de son adolescence. Ce souvenir le hante. Ses relations avec sa fille et son fils, un ado en proie aux troubles de son âge, sont complexes et conflictuelles. Plus la croisière avance, plus il pressent un danger et plus il s’enfonce dans ce qui apparaît comme une sorte de paranoïa. Il multiplie les actes inconsidérés. Est-il victime de ses vieux fantômes ou bien se trouve-t-il devant une réelle menace que lui seul semble subodorer ? On le sent vivre une descente inexorable aux enfers. La suite est magistralement orchestrée par Sandra Martineau qui a tissé une intrigue complexe et rigoureuse, une toile d’araignée dans laquelle s’agite notre personnage central. Le suspense est garanti, la lecture est prenante et la fin est ahurissante. Cerise sur le gâteau : c’est très bien écrit, d’une écriture vive qui sied au rythme du suspense. A découvrir absolument, d’autant que ce roman est sorti en poche, au prix de 9 € 90.

Dernière escale, de Sandra Martineau, éditions Lajouanie, Coll. Poche, 301 pages, 9 € 90.

 

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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 16:25

Leur précédent polar, Mitragyna, avait été pour moi un "gros coup de cœur". Ce second opus confirme largement le talent de ces deux auteurs qui, bien qu'écrivant "à quatre mains", parviennent à bluffer le lecteur par l'homogénéité et la cohérence de leur texte.

On y retrouve Camille Jeanson qui, à la tête de sa fondation, poursuit sa croisade pour plus d'éthique dans l'industrie chimique et le capitaine Silas Kravinsky toujours à la poursuite du tueur en série qui a assassiné son épouse. Tous deux se rejoignent autour du mystère d'une fresque que peint secrètement la nuit venue un artiste de street art et que Camille aperçoit depuis la fenêtre de sa fondation. Cette fresque représente un visage, accompagné d'objets qui renvoient à des meurtres non élucidés et notamment à celui de Claire, la femme de Silas. Par ailleurs, Alexie, une journaliste, collègue de Sophie, la sœur de Camille, est alertée de façon anonyme sur une malfaçon dangereuse dans la fabrication d'un produit cosmétique. Tout ce petit monde va voir ses investigations converger vers une affaire qui défie l'entendement.

Dans un style très agréable à lire, Sandrine Zorn et Alain Siméon entraînent le lecteur dans un suspense qui va crescendo, en ne faiblissant à aucun moment. L'intrigue, très bien ciselée, en même temps qu'elle déroule un récit passionnant, traite de problèmes d 'actualité. On se laisse volontiers séduire par les personnages dont les motivations parfois  contradictoires et les relations souvent compliquées sont présentées avec subtilité.

Le dénouement est inattendu et à la mesure de ce polar remarquable qui, j'en suis sûr, passionnera tous les amateurs de littérature policière.

La fresque, de Sandrine Zorn et Alain Siméon, éditions Lajouanie, avril 2020, 293 pages, 19 €.

 

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28 juin 2020 7 28 /06 /juin /2020 16:23

Ce roman nous plonge dans le monde de l’après-guerre où s’affrontent des forces aussi diverses que la jalousie, la haine, l’amour, la loyauté ou encore la trahison. La guerre a laissé des traces avec son cortège de drames. Martin, le fils de l’ancien régisseur tué dans une embuscade alors qu’il prêtait main-forte au maquis, cherche à faire la lumière sur cette tragédie. Dans le mystère de La Verdière, René Barral dresse avec justesse des personnages authentiques de la campagne française tels que nous les imaginons. C’est un roman de terroir qui vous accroche du début jusqu’à la fin, écrit dans un style fluide et agréable. De quoi passer un très bon moment de lecture.

Le mystère de La Verdière, de René Barral, éditions De Borée, juillet 2020, 287 pages,          19.90 €.

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6 mai 2020 3 06 /05 /mai /2020 16:03

Tout commence par un feu de joie, si tant est que l’on puisse qualifier ainsi un incendie volontaire qui embrase entièrement un parking de la ville d’Albi avec tous les véhicules qui s’y trouvent. A l’origine, un petit voyou de banlieue qui, avec l’aide de sa bande, cherche à s’imposer comme un gros caïd. S’en suivent plusieurs meurtres et, la semaine suivante, dans le cadre d’une journée avancée du championnat de football de première division, l’ensemble des joueurs des équipes de Toulouse et d’Ajaccio qui s’affrontaient font un malaise sur le terrain. Quelle relation y a-t-il entre tous ces évènements ? Le commandant Vincent Arno, officier de police judiciaire chargé de l’enquête, va tenter de répondre à cette question. Il va être confronté à un puzzle complexe dans lequel le hasard se mêle aux pires manigances.

Une belle écriture au service d’une intrigue bien ficelée et passionnante où l’humour est présent, c’est ainsi qu’on peut résumer, dans un premier temps, ce polar. Une enquête qui va mettre en lumière un trafic de produits stupéfiants, une histoire de dopage à grande échelle. Le commandant Arno va être entraîné malgré lui dans une spirale qui va lui réserver une destinée étonnante. Qui joue le jeu ? Personne ? Tout le monde ? Mais tout le monde joue-t-il le même jeu ?

Je vous recommande ce polar passionnant et bien écrit. Un bon moment de suspense avec une fin étonnante.

Jouer le jeu, de Philippe Paternolli, éditions du Caïman, 2019, 175 pages, 12 €.

 

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10 avril 2020 5 10 /04 /avril /2020 17:01

Ce roman est construit autour de trois personnages principaux. Chaque chapitre est consacré à tour de rôle à l’un deux. Leurs parcours se croisent et s’entremêlent de façon de plus en plus complexe et intime. Il y a un quatrième personnage central auquel aucun chapitre n’est consacré mais qui jour un rôle essentiel. C’est Gabin, le petit garçon de Rodolphe, un capitaine de police. Il ne parle plus depuis qu’il a vu mourir sa mère. Léa, une jeune femme un peu instable victime de crise d’agressivité va croiser la route de Rodolphe et de Gabin ainsi que celle d’une prostituée en proie à un déséquilibre mental et à laquelle a eu affaire Rodolphe. Tout démarre avec la mort d’une femme enfermée dans les toilettes d’une salle de sport, une femme à laquelle Léa a renoncé à apporter son aide en raison de son attitude désagréable. Dès que les protagonistes sont en place, s’enclenche une mécanique impitoyable qui va les entraîner dans un maelstrom dramatique où vont se télescoper une foule de sentiments contraires comme la peur, la méfiance, l’espoir, l’amour, qui vont nourrir une histoire intense, palpitante, de plus en plus angoissante jusqu’à verser dans la violence et dont on se languit de connaître le dénouement. J’ai lu ce roman pratiquement d’une traite, happé par des personnages remarquablement campés, par leurs relations complexes faites d’incertitude, par une intrigue pleine de rebondissements, par un suspense permanent

. Une de mes meilleures lectures ces derniers temps.

Colère assassine, de Stéphanie Exbrayat, Editions De Borée, Coll. Marges noires, septembre 2019, 19.90 €.

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30 mars 2020 1 30 /03 /mars /2020 12:09

Sacha et Pierre, deux amis de très longue date sont des auteurs à succès. Ils écrivent à quatre mains une série de polars qui se vendent très bien. Autant Pierre est équilibré et raisonnable, autant son amie Sacha est instable et incontrôlable. Cela n’enlève rien à leur amitié indéfectible. Autant Pierre est résolument hétérosexuel, autant Sacha est définitivement lesbienne. Elle a pour compagne une jolie fille, beaucoup plus jeune qu’elle, dénommée Samantha. De son côté, Pierre mène une vie conjugale heureuse et paisible avec Charlotte. Tout ce beau monde habite et navigue entre Avignon et les Saintes-Marie de la Mer, en passant par Arles et Nîmes. Malgré quelques anicroches dues à l’affrontement de deux personnalités opposées, Sacha et Pierre poursuivent l’écriture de leur dernier opus. Un jour, Sacha demande à Pierre de lui rendre un service. Et c’est là que tout bascule.

Le narrateur est Pierre. Il est aussi le personnage central. Tout commence dans le registre de l’amitié, du bien-être social et d’un épicurisme partagé quand, soudain, Sacha bouscule l’ordonnancement de cet univers bien réglé en faisant à Pierre une proposition pour le moins inattendue. La construction de ce roman est réussie car le récit suit un rythme en harmonie avec l’histoire et son tempo. Même si ce roman n’a rien d’un polar, c’est pourtant à un suspense psychologique que nous invite Richard Louis, un suspense qui va crescendo jusqu’à un dénouement explosif. Dès l’instant où Sacha émet sa proposition, la tension est palpable et va croissant. On est pris dans cet engrenage et on n’a qu’une envie : connaître la suite de cette histoire étonnante et passionnante, savoir comment Pierre, le personnage central, va se dépêtrer du piège dans lequel il est tombé. On s’attache aux personnages emportés dans un maelström de sentiments contraires où l’amitié, l’amour, la duplicité et la violence s’entrecroisent, se génèrent mutuellement et s’entrechoquent. J’ai lu ce roman d’une traite, impatient de connaître la suite et surtout la fin. Les chapitres sont courts et participent ainsi au rythme soutenu de l’histoire. En un mot, j’ai beaucoup aimé cette histoire originale racontée dans un style alerte.

Sans conséquence, de Richard Louis, Editions du Loir, mars 2020, 244 pages, 17 €.

 

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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 09:08

Nicolas Druart, retenez ce nom. Il est sans aucun doute promis à devenir un grand nom du thriller. Une joggeuse est abattue par le conducteur d’un van à une sortie de l’autoroute à Toulouse. Au moins trois personnes sont témoins de la scène et s’esquivent sans se porter au secours de la victime. Sous le pont, un enfant crie. Un peu plus tard, chacun des  trois témoins adultes reçoit un SMS d’un correspondant anonyme qui leur dit avoir vu leur comportement. Ce personnage mystérieux va les harceler et instiller chez eux une angoisse qui va croissant. Dès lors, s’enclenche un scénario diabolique, une mécanique impitoyable. Parallèlement, depuis quatre mois, un tueur en série a assassiné quatorze jeunes femmes, toutes joggeuses. Le récit de l’engrenage dans lequel sont impitoyablement entraînés Ludovic, Ousmane et Claire se double d’un autre récit, celui de l’interrogatoire par l’IGPN de la policière chargée de traquer le tueur en série.

C’est un récit haletant, un suspense psychologique dans lequel l’action est aussi constamment présente. L’écriture est agréable, nerveuse et soutient bien la tension. La fin est étonnante et assez extraordinaire. C’est une magnifique construction narrative, une intrigue très élaborée qui vous tient en haleine de bout en bout.

Jeu de dames, de Nicolas Druart, Les nouveaux auteurs, nov. 2019, 460 pages, 18 € 95.

 

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16 mars 2020 1 16 /03 /mars /2020 10:13

Quel meilleur critère pour juger de la qualité d’un roman que lorsqu’on a du mal à le lâcher, qu’on devient accro aux personnages, à leur univers et à l’intrigue dont ils sont les acteurs et qu’on prend un plaisir fou à cette lecture ? Et, quand il y a à la clef une belle écriture, un excellent suspense et une belle dose d’humour, c’est Byzance. Il y avait longtemps que je ne m’étais pas régalé à ce point en lisant un polar même si j’en ai lu récemment de très bons. Je veux parler ici du polar d’Eric Chavet, « Ouvre les yeux ! ». Le pitch est simple. Un couple est sur un bateau. Un agresseur blesse le jeune homme et loge une balle dans la tête de la jeune femme qui tombe dans le coma. Un an après cette agression, la femme est toujours dans le coma et l’homme trouve quelques complices pour enlever la belle endormie dans l’établissement où elle est hospitalisée. La suite est une succession d’évènements rocambolesques auxquels vont être mêlés le commandant Bressieu et la capitaine Rossi. Le suspense est bien orchestré, au fil de nombreuses surprises et ce, jusqu’à la fin. C’est superbement écrit, le style est enlevé et l’humour est omniprésent, surtout dans les relations entre les deux policiers. Un énorme coup dont je vous recommande chaudement la lecture pour passer quelques heures très agréables.

Ouvre les yeux, de Eric Chavet, éditions Lajouanie, août 2019, 369 pages, 19 €.

 

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9 mars 2020 1 09 /03 /mars /2020 11:48

Quand vous dévorez un polar en moins de trois jours, c’est qu’il est bigrement réussi. C’est ce qui s’est produit avec ce roman de Pierre Pouchairet, intitulé « Avec le chat pour témoin », une histoire drôlement bien ficelée qui vous plonge dans un univers passionnant. On y retrouve un trio de femmes qui, du fait de leurs professions, gravitent autour des scènes de crime et qui, parallèlement, se donnent en concert sur scène : Léanne, commandant de police, Vanessa, psychologue judiciaire et Elodie, légiste. Un trio soudé, des amies de longue date. Il y a aussi Erwan, colonel de gendarmerie, ex de Léanne, et tout le groupe de la PJ de Brest. Tout pourrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, au fil des enquêtes, dans cette jolie région qu’est la Bretagne, si Vanessa, la psy, n’était accusé du meurtre de son amant de fraîche date. Tout l’accuse, les indices relevés sur la scène de crime et les témoignages convergent pour pointer sa culpabilité. Elle est mise en examen et incarcérée. Le commandante Léanne Vallauri ne l’entend pas de cette oreille. Elle est fermement décidée à prouver l’innocence de son amie. Cette affaire va les renvoyer vers une autre histoire, vieille de trente ans, à l’occasion de laquelle un braquage a fait une victime collatérale, un jeune enfant renversé par le véhicule des braqueurs.  Dans un style très agréable à lire, sans excès de technicité policière, Pierre Pouchairet file une intrigue prenante dans laquelle le suspense est présent à toutes les pages au gré des rebondissements qui se succèdent. J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce polar que je vous recommande chaudement.

Avec le chat pour témoin, de Pierre Pouchairet, éditions du Palémon, nov. 2019, 312 pages, 10 €.

 

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