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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 16:59

Saint-Michel.jpgComment qualifier ce polar, que j’ai trouvé au demeurant sympathique, sans le traiter avec condescendance ? Familial ? Un peu popote ? Provincial ? Paternaliste ?… Je ne trouve pas le qualificatif le mieux adapté. Peut-être un mot ou une expression à inventer qui serait une synthèse de tous ceux-là. Une histoire de famille entre Séraphin Cantarel, son épouse Hélène et leur protégé Théodore, jeune et brillant fonctionnaire du ministère de la culture. A eux trois, ils vont résoudre une série de meurtres qui frappe des moines du Mont-Saint-Michel où Cantarel, conservateur en chef des monuments de France, est venu préparer l’opération de réfection de l’archange qui couronne la cathédrale. Une intrigue gentillette qui se laisse déguster, avec des personnages sympathiques et très « province ». C’est bien écrit, le suspense certes n’est pas intense mais assez bien distillé. Je comprends que Jean-Pierre Alaux soit l’auteur de romans adaptés à la télévision ( Le sang de la vigne, avec Pierre Arditi ). Ici aussi, la gastronomie tient une place centrale avec notamment l’auberge de la Mère Poulard. Finalement, je crois que j’ai trouvé comment qualifier cette histoire : un bon scénario pour une honnête série télévisée. J’ai passé un agréable moment sans pour autant porter ce polar au pinacle.

Saint-Michel, priez pour eux ! de Jean-Pierre Alaux, 10 / 18, 212 pages.

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30 décembre 2013 1 30 /12 /décembre /2013 17:05

puzzle.jpgIlan Dedisset et son amie Chloé sont des accros des jeux du style chasses au trésor et, malgré leur séparation, ils sont engagés dans un défi qui porte bien son nom « Paranoïa ». Huit concurrents ont été sélectionnés pour être les finalistes. Chloé et Ilan en font partie. Ils se retrouvent dans un hôpital psychiatrique désaffecté, quelque part dans les Alpes, loin de tout. L’enjeu est motivant : trois cent mille euros. Une tempête de neige et de solides cadenas leur interdisent toute fuite. Commencent alors un huit-clos oppressant où chaque joueur doit se défier des autres. Certes, rien de neuf dans ce thriller dont le sujet ressemble à celui de Shutter island mais, pour autant, contrairement à certains commentateurs, j’ai été happé par l’histoire et je me suis laissé conduire jusqu’au bout même si, assez vite, j’ai pressenti le dénouement. Il est vrai que j’ai davantage aimé les autres opus de Franck Thilliez mais celui-là possède néanmoins de solides qualités. Pas au niveau de l’écriture qui est un cran en-dessous mais au niveau de la structure du récit. Il n’y a pas de temps morts. En conclusion, un bon thriller mais pas le meilleur de Thilliez.

Puzzle, de Franck Thilliez, Ed. Fleuve noir, septembre 2013, 430 pages, 20 euros 90.

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 20:51

la-maison-des-miroirs.jpgLa maison des miroirs est une nouvelle aventure inédite de Charlie Parker, le détective privé cher à John Connolly . Avec ses 158 pages, c’est une nouvelle plutôt qu’un roman. Dans une petite ville du nord-est des Etats-Unis, John Grady  a enlevé et tué quatre enfants avant d’être démasqué et de se donner la mort au moment de son arrestation. Le père de l’une des jeunes victimes a racheté la maison de Grady et la conserve en l’état à la manière d’une sorte de mausolée comme s’il voulait préserver le cadre dans lequel sa fille a trouvé la mort. Un jour, la photo d’une fillette est déposée par un inconnu dans la maison désertée à l’intérieur de laquelle peu d’hommes osent pourtant s’aventurer. Matheson, le nouveau propriétaire de la maison engage Charlie Parker pour qu’il enquête sur cette photo car il pressent le pire pour la fillette inconnue. Le détective va déployer toutes les ressources de son talent et mobiliser toutes ses relations pour venir à bout d’une enquête difficile qui débouchera sur un dénouement inattendu. Un excellent Connolly, bien écrit et dans lequel des personnages bien campés servent efficacement une intrigue prenante. Un très agréable moment de détente et de suspense.

La maison des miroirs, de John Connolly, Pocket éditions, juin 2013, 157 pages,  2 euros 90.

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 09:28

108 0756-copie-1Juliette, un si joli prénom pourtant... mais qu'elle déteste, tout comme elle déteste ses parents. Jolie comme un coeur, frêle et délicate, prisonnière d'un lourd secret, une meurtrière pourtant... évadée de l'hôpital psychiatrique où elle a été enfermée contre son gré, dans l'indifférence générale. Juliette, devenue Clara, s'échappe de sa prison pour tuer de sang froid, encore et encore... Aussi, lorsque bien des années plus tard des meurtres sont commis dans le département du Var, la petite ville est sous le choc, les faits se reproduisent à l'identique à quinze ans d'intervalle et mille kilomètres de distance... même façon de procéder, aucun témoin semble-t-il. Pire, les balles proviennent de l'arme que Juliette a utilisée... sauf que Juliette n'est plus, son corps gît dans la forêt des Ardennes depuis fort longtemps maintenant.
Une enquête complexe, déroutante, impossible attend le capitaine Tragos qui se trouve face à un vrai puzzle dont certaines pièces sont manquantes...

Avec "Portrait-Robot", nous quittons le XVIe siècle, cher à l'auteur, pour une plongée quelques siècles plus tard à cheval entre XXe et XXIe. A la fois thriller et polar psychologique, "Portrait-Robot" est un petit bijou, un travail d'écriture minutieux, une enquête passionnante, réfléchie et mûrie avec habileté, brio et imagination. A l'image de son capitaine Tragos qui n'hésite pas à parcourir de nombreux kilomètres pour les besoins de l'enquête et qui, le soir venu, déambule dans les rues de la ville pour surprendre les conversations, glaner des informations, l'auteur n'hésite pas à balader son lecteur au coeur de deux enquêtes qui se rejoignent pour n'en former qu'une seule, deux enquêtes dont l'une est le point de départ et l'autre l'aboutissement quinze ans plus tard. Le lien entre les deux se fait avec une aisance déconcertante, tant l'écriture est fluide, la progression constante et la logique implacable.
L'enquête est menée de façon méthodique, à la manière d'un psychanalyste conduisant sa séance et celle d'un fin limier menant son investigation. Les portraits et personnalités sont décortiqués, les raisonnements cohérents, l'action énergique, le rythme soutenu, la curiosité du lecteur sans cesse mise à l'épreuve. C'est un véritable jeu de patience, un puzzle en construction, où petit à petit les pièces s'ordonnent, s'imbriquent les unes aux autres pour trouver leur place définitive.
A plusieurs reprises, le lecteur se dit "Ah ! J'ai trouvé !" presque déçu d'avoir compris si vite, mais ce serait méconnaître l'auteur qui a plus d'un tour dans son sac et surtout beaucoup de talent pour brouiller les pistes et ne pas céder à la facilité. Bien au contraire, il bouscule son lecteur, lui imposant un effort de réflexion pour mériter un dénouement tant espéré.
Vous l'aurez compris, c'est un thriller qui m'a fait passer quelques heures absolument délicieuses, avec une expression écrite riche, une maîtrise de la langue française parfaite où le moindre mot est méticuleusement sélectionné... Que du bonheur, merci monsieur !

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 18:47

Couverture du Christ jaune (3)Un commentaire très flatteur d'un lecteur, posté sur la page Facebook du "Christ jaune" :

 

Aujourd'hui je viens de terminer Le Christ jaune de Jean-Michel Lecocq, polar commencé il y a quelques jours et qui lentement a absorbé toute mon attention ... voilà un bouquin qui a le mérite d'être passionnant, culturel, tout en gardant sa spécificité et ses intrigues, un bouquin magnifique, avec une écriture fluide emplie de culture d'une rare intelligence ! Je recommande cet ouvrage avec force ... J'avais déjà dévoré "le Le secret des Toscans, et "24" ... Le Christ jaune a été un régal !!! Merci ...

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18 décembre 2013 3 18 /12 /décembre /2013 11:01

jm-en-signature.jpgJe vous remercie, vous qui rendez visite à mon blog. J'espère que vous appréciez son contenu et qu'il vous apporte les réponses que vous étiez venus éventuellement y chercher. Vous pouvez, pour chaque article, laisser un commentaire. Par ailleurs, n'hésitez pas à vous rendre sur ma page-auteur sur Facebook grâce au lien suivant  https://www.facebook.com/pages/Jean-Michel-LECOCQ/109385932511403?fref=ts et, si cette page vous plaît, cliquez sur la mention J'AIME. c'est ainsi que cette page gagnera en notoriété et en visibilité. Elle vous apportera un complément d'information sur mon travail d'écriture et sur mes polars. Enfin, sur le blog, jetez un oeil sur la rubrique "Mes romans" dans laquelle je publie des extraits de mes polars. Vous pourrez ainsi vous en faire une idée plus précise et - qui sait ? - vous aurez peut-être envie de les découvrir. Enfin, si vous avez lu et aimé un des romans, prenez quelques minutes pour poster un avis qui sera très apprécié par l'auteur. Soyez toujours les bienvenus. Cordialement.

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 09:31

la-rigole.jpgCatherine avait quatre ans lorsqu’elle a assisté à l’assassinat de sa mère, évènement dont elle ne garde pas un souvenir précis mais qui, par contre, lui a causé un traumatisme profond. Par son mutisme, son père, croyant la protéger, n’a fait que renforcer le terrible malaise qu’elle continue à ressentir plus de vingt ans après. A présent, elle est avocate dans un cabinet parisien et doit assurer la défense d’une jeune Africaine soupçonné d’avoir empoisonné son mari, un paysan creusois. C’est son premier procès d’assises qui risque de déterminer la suite de sa carrière. En se rendant auprès de sa cliente dans la prison de Guéret, Catherine a le sentiment confus d’être revenue sur les traces de son passé et de sa mère. Sa vie personnelle est aussi agitée et instable que son psychisme. Elle tente de se concentrer sur la défense de Myriam, sa cliente africaine qui lui pose d’énormes problèmes. Plaider l’innocence ou plaider le doute, voilà l’alternative à laquelle elle est confrontée en même temps que la taraude la question du pourquoi de la mort de sa mère. Sa vie affective et sentimentale est chaotique. Plusieurs hommes sont présents dans la vie de Catherine, à commencer par son père. Mais il y a surtout Cédric, un de ses clients, qui semble entretenir avec le passé de la jeune avocate des liens étranges. Catherine va-t-elle réussir son premier procès d’assises et parviendra-t-elle à éclaircir le mystère qui entoure la mort de sa mère ? Pour être objectif, j’ai lu ce polar avec plaisir même si j’ai trouvé un peu pesantes les considérations entourant la vie sentimentale et affective de l’héroïne. C’est bien écrit, surtout dans la première partie du livre. Ensuite, j’ai eu l’impression qu’il y avait une légère rupture dans l’écriture. Au début, le style m’a paru assez classique, imagé, riche. Dans la seconde partie, il devient plus vif, plus enlevé. Peut-être est-ce une évolution dictée par le récit qui va en s’animant et le psychisme perturbé de Catherine. Par instants, j’ai un peu retrouvé l’écriture de Karine Giebel dans « Juste une ombre ». Mais là s’arrête la comparaison. Le dénouement est surprenant même si quelques éléments en cours de récit permettent de l’imaginer. Un honnête polar qui justifie un petit coup de cœur.

La rigole du Diable, de Sylvie Granotier, Le livre de poche, novembre 2013, 427 pages, 7 euros 60.

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15 décembre 2013 7 15 /12 /décembre /2013 11:26

lussan.jpgEn guise de mise en bouche, voici le premier chapitre de "Rejoins la meute", en attendant la parution :

Chapitre I

Lussan ( Gard ), le 14 mai 2005,11heures,

Le camion peinait à avancer sur le chemin étroit, en cherchant à éviter les profondes ornières creusées par les pluies de printemps. Les essieux grinçaient et Bertrand Lamenan se demandait si sa suspension n’était pas susceptible de céder à tout instant. Chaque fois qu’un soubresaut plus violent lui donnait le sentiment que le camion allait se désarticuler, il pestait contre le propriétaire des lieux qui ne prenait pas la peine d’entretenir ses accès et contre ce pays au climat fantasque, où les journées de sécheresse succédant à des journées de pluie intense rendaient les chemins impraticables. Il pensait avec effroi aux ruches qui, bien qu’elles fussent solidement arrimées dans la benne, risquaient de se détacher si, d’aventure, l’un des mousquetons qui les retenaient venait à s’ouvrir sous la violence des trépidations. Comme chaque année, à la même époque, il rapportait à Roger Malandri la dizaine de ruches que l’apiculteur lui avait confiées et qui, pendant les premières semaines de printemps, avaient séjourné dans les Hautes-Alpes pour butiner les essences montagnardes. Il avait beau ronchonner, une amitié profonde liait les deux hommes qui coopéraient depuis maintenant plus de quinze ans, échangeant leurs ruches afin de diversifier au maximum leur production de miel. Malandri était un sauvage qui avait fui la civilisation, en réaménageant une vieille ferme abandonnée, perdue au fond de la campagne gardoise, entre Lussan et Les Fumades. Il avait entrepris de se convertir à l’apiculture. Avec l’aide de sa femme et de sa fille, il s’était construit une sorte de petit paradis, éloigné de la foule, du bruit et des touristes qui, l’été venu, envahissaient les villages de la région. La famille Malandri écoulait sa production sur les marchés locaux et dans quelques magasins coopératifs où la production du domaine avait fini par jouir d’une solide réputation. Les revenus que Roger Malandri tirait de son commerce suffisaient amplement à satisfaire les besoins d’une cellule familiale accoutumée à une vie frugale qu’il comparait volontiers à celle des paysans des hauts plateaux du Viêt-Nam. L’apiculteur et sa famille ne recevaient que très peu de visites, si ce n’étaient les quatre apparitions annuelles de leur vieil ami Bertrand. En apercevant entre les feuillages le toit de lauzes de la ferme, Lamenan respira un peu mieux. Le chemin devenait plus praticable et la promesse d’un café bien fort et bien chaud lui mettait un peu de baume au cœur. Après avoir déchargé les ruches rapportées de Gap puis chargé celles qu’il allait emporter sur le chemin du retour, il dégusterait un bon repas, comme seule Marthe Malandri savait les mitonner. Il bavarderait un peu avec son vieil ami, en fumant une ou deux cigarettes. Puis, il reprendrait la route des Alpes, laissant pour quelques mois les Malandri à leur solitude.
On devinait de mieux en mieux la ferme, au travers d’un feuillage qui allait en s’éclaircissant. Aux chênes verts avaient succédé des oliviers aux frondaisons plus aérées. Il s’attendait, comme il en avait l’habitude, à voir surgir le chien Mascotte, le fidèle compagnon de son ami Malandri, ou Malandri lui-même, les poings sur les hanches, revêtu de son pantalon de toile blanc et de sa légendaire chemise à carreaux. Au lieu de cela, l’endroit semblait désert. Pendant un court instant, il crut que Marthe avait fait une lessive et pendu aux arbres de la cour les combinaisons de travail de son mari. C’était, en tout cas, ce que suggéraient les trois formes sombres qui dansaient légèrement, telles des ombres chinoises, derrière le rideau de feuilles.
En débouchant dans la cour de la ferme, il fut saisi d’effroi. Marthe n’avait pas fait sa lessive. Elle avait encore moins pendu les combinaisons de son mari. Ce qu’il voyait n’était pas concevable. Pas un instant imaginable. Ce ne pouvait être qu’une mise en scène de mauvais goût, une sordide mascarade. Il marqua un temps d’hésitation, cherchant dans un regard désespéré d’où allait surgir le metteur en scène délirant qui avait imaginé ce spectacle obscène et l’avait orchestré avec un réalisme absolu. Mais il dut se rendre à l’évidence. Ce n’était pas du théâtre, ni du cinéma, ni même une farce pitoyable. Les trois corps, qui pendaient misérablement aux branches des châtaigniers centenaires et qu’un mistral puissant faisait danser, étaient ceux de ses amis, ceux de la famille Malandri. Bertrand Lamenan ne pouvait descendre du camion, paralysé qu’il était par l’effroi et par l’incrédulité. Quand il eut pris conscience de la réalité, il se décida à quitter sa cabine pour se diriger, tel un automate, vers la scène plus insoutenable encore à mesure qu’il s’en approchait.
Les trois corps totalement dénudés avaient été pendus par les pieds aux branches les plus solides des arbres, au moyen d’une corde de chanvre. Au sol, autour des trois suppliciés, avaient été disposées des ruches, à proximité desquelles ne voletaient plus que quelques abeilles, rassasiées de la confiture dont les bourreaux avaient enduit les corps de leurs victimes. On devinait leur identité, sans véritablement pouvoir les reconnaître, tant les peaux étaient boursouflées sous l’effet des centaines de piqûres. Mais, à coup sûr, il ne pouvait s’agir que des Malandri. Il y avait fort à parier qu’ils étaient encore vivants lorsqu’on leur avait infligé ce supplice abominable. Ceux qui avaient fait ça ne pouvaient prétendre au titre d’humains. Bertrand Lamenan prit conscience des tremblements qui agitaient son corps et du froid qui l’envahissait. Il jeta, autour de lui, un regard circulaire. La peur s’installait. Il regagna son camion, bloqua la sécurité des portières et composa le 17. C’est à ce moment-là qu’il comprit pourquoi Mascotte n’était pas venu à sa rencontre, en entendant le bruit du moteur sur le chemin. La pauvre bête avait subi le même sort que ses maîtres et son cadavre gisait à quelques mètres derrière les ruches.

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13 décembre 2013 5 13 /12 /décembre /2013 12:37

24-copie-1Coup de coeur pour "24" sur le site Rue des livres.

 

http://www.rue-des-livres.com/coup_de_coeur/5030/selection-polars_historiques.html

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10 décembre 2013 2 10 /12 /décembre /2013 09:22

    la-plage-copie-2.jpgSur une plage du port de Panxon, en Galicie, on a retrouvé le corps d’un marin, noyé, les poignets entravés par une bride. Suicide ou meurtre ? L’inspecteur Léo Caldas du commissariat de Vigo penche plutôt pour la seconde hypothèse et entame une enquête difficile car, dans ce milieu de taiseux qu’est celui des pêcheurs, il est bien difficile d’obtenir de précieux renseignements. Assisté de Rafael Estevez, son adjoint aux méthodes souvent musclées, Caldas va cheminer à petits pas en direction de la vérité, chemin jalonné par d'autres meurtres mais aussi par les soubresauts de sa vie personnelle, avec pour arrière-plan, une région à la fois sombre et lumineuse, étonnant paradoxe qui résume assez bien l’atmosphère de ce polar haut de gamme. Sur cette terre âpre, tournée vers la mer, où la vie rude a forgé des caractères bien trempés, le lecteur est invité à une traque sans temps morts au cours de laquelle les rebondissements s’enchaînent comme les fausses pistes. Rien ne laisse présager le dénouement qui ne survient qu’à quelques pages de la fin. Ecrit dans un style élégant, alerte et imagé, ce polar est une véritable révélation, celle d’un talent au-dessus de la moyenne. Je découvre un auteur qui mérite d’entrer dans la cour des plus grands. Lexicographe, de surcroît avec, tout au long du livre, en en-tête de chaque chapitre, une fantaisie lexicale du meilleur effet qu’il faut intégrer intellectuellement au récit. C’est aussi un hymne à la mer, à sa beauté, à sa prodigalité mais aussi à son impitoyable dureté. Un polar de haute tenue qu’il convient de découvrir de toute urgence.

La plage des noyés, de Domingo Villar, Le livre de poche, janvier 2013, 501 pages, 7 euros 60.

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Issn 2267-0947

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