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15 juin 2014 7 15 /06 /juin /2014 16:44

mortel-tabou.jpgNous sommes en 1947, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés. Sartre vient de faire l’objet d’une agression qui heureusement a été sans conséquence fâcheuse. Mais, peu de temps plus tard, un homme est retrouvé assassiné dans le quartier d’un coup de marteau sur la tête. Puis un autre. Paul, un jeune journaliste, protégé de Simone de Beauvoir, petit-fils du commissaire Gardel et musicien à ses heures, fréquente la cave du Tabou, un bar de la rue Dauphine, et sa faune nocturne. On y retrouve, parmi les amis de Paul, Boris Vian, Juliette Gréco et quelques autres personnalités du Paris de l’après-guerre, un échantillon de ces artistes qui baignent dans l’atmosphère existentialiste de Saint-Germain-des-Prés sur laquelle plane l’ombre tutélaire de Sartre et de Simone de Beauvoir. Dans cette atmosphère débridée où tout est prétexte aux festivités nocturnes et à la démesure, le jeune Paul dont le grand-père a inspiré le personnage du commissaire Maigret mène une enquête journalistique en étroite collaboration avec le commissaire Bartholet qui a succédé à son grand-père à la tête de la brigade criminelle. Quelle est l’identité de celui qui s’attaque aux habitués du Tabou et dont les motivations semblent tourner autour de la personnalité de Sartre puisque chacune des victimes tient dans la main un court extrait d’une œuvre du philosophe ? Au-delà d’une intrigue policière bien ficelée, Gilles Schlesser nous entraîne dans une passionnante exploration, plus vraie que nature, du Paris de l’immédiat après-guerre. Il parvient à merveille à en rendre l’atmosphère si particulière et à greffer sur les personnages réels de l’époque ses héros fictifs qui se fondent harmonieusement dans le décor, au demeurant parfaitement reconstitué. Une belle escapade dans une époque mythique, un moment de lecture fort agréable. En somme, un polar passionnant en même temps qu’une évocation réussie. A découvrir absolument.

Mortel Tabou, de Gilles Schlesser, Editions Parigramme, février 2014, 191 pages, 7 € 90.

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 10:57

terreur-dans-les-vignes.jpgJ’avais été impressionné par « L’homme de Lewis » et j’ai abordé « Terreur dans les vignes » avec beaucoup d’appétit. Avec ce polar dont l’intrigue se déroule dans le Lot, nous sommes d’entrée de jeu dans tout autre registre, quelque chose qui résonne comme « Le sang de la vigne », une histoire de meurtres au beau milieu du vignoble de Gaillac. Appuyé sur une solide documentation œnologique et une excellente connaissance du terroir, ce polar entraîne le lecteur dans un suspense ininterrompu, au fil duquel se dévoilent et évoluent les relations complexes entre le héros principal et ceux qui l’entourent : son étudiante, sa fille, la fille de la victime principale et un jeune vigneron rugueux. Enzo Macléod est un personnage atypique, par son statut dans l’enquête mais aussi au regard de sa forte personnalité. Bien écrit, ce roman est aussi l’occasion de découvrir un terroir viticole peu connu et les techniques de vinification en même temps que l’univers particulier des œnologues et les enjeux qui les entourent. Un agréable moment de lecture qui s’achève par un dénouement inattendu, en s’ouvrant sur une suite fort probable.

Terreur dans les vignes, de Peter MAY, Editions du Rouergue, avril 2014, 279 pages, 19 € 90.

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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 21:39

aranda.jpgAncien délinquant, Victor Ros intègre la police madrilène avec le grade de sous-inspecteur. Dynamique et talentueux, il n’hésite pas à s’attaquer de front à deux affaires diamétralement opposées. La première concerne une tentative de meurtre sur la personne d’une notabilité de la ville par sa propre épouse, dans une demeure lugubre qui a déjà été le théâtre, dans un passé lointain, de deux tentatives de meurtres similaires. La seconde vise à découvrir celui qui assassine sauvagement des prostituées. C’est à une série de rencontres et d’aventures dans le Madrid de la fin du XIXe siècle que nous convie Jeronimo Tristante. Le jeune sous-inspecteur, issu de la plèbe, va devoir, pour les besoins de son enquête, pénétrer la haute société madrilène, avec les difficultés que cela suppose. C’est là qu’il va rencontrer la jeune femme qui fera chavirer son cœur. Mais il fréquente aussi les maisons closes et se prend de sympathie pour les prostituées dont ses collègues sont peu enclins à prendre au sérieux le mauvais sort qu’elles subissent. On se laisse facilement captiver par les tribulations de ce jeune héros qui a tout d’un Rastignac mais avec une dose d’humanisme et de modernité qui le rend sympathique. L’écriture est classique, le style est élégant. Par contre, on pourrait, par moments, reprocher quelques longueurs mais pas au point de s’ennuyer. Au contraire, l’intrigue est bien construite, le suspense est prenant et on a envie de connaître la suite. Le dénouement est inattendu et vient en forme de « happy end ». Une lecture que je conseille volontiers.

Le mystère de la maison Aranda, de Jéronimo Tristante, Coll. 10/18, mars 2010, 404 pages, 8 € 10.

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 19:17

la-mort-pour-seule-compagne.jpgL’intrigue a pour cadre le Pays de Galles et la région de Cardiff et de Newport. C’est un univers dur, un port, des prostitués et des brutes venus de l’est pour les exploiter. Fiona Griffiths est une jeune recrue de la police galloise. Elle n’est pas appréciée de sa hiérarchie en raison de son caractère indiscipliné et elle éprouve les pires difficultés à entrer en communication avec les autres. C’est une sorte de petite bête blessée qui n’en fait qu’à sa tête et qui a décidé, en marge de son travail d’enquêtrice, de mener ses propres investigations pour retrouver ceux qui ont tué une prostituée et sa petite fille dans un squat d’une rue mal famée. Tout est centré sur ce personnage original, doté d’une sensibilité à fleur de peau mais qui doit receler un lourd secret qui l’empêche de pleurer. Cette jeune femme qui ne se regarde plus dans les miroirs, qui n’espère plus y trouver le reflet de quelque chose de nouveau ( «  J’ignore à quoi ça sert, les miroirs, ils ne nous disent que ce qu’on sait déjà » ) préfère la compagnie des morts à celle des vivants. Alors qu’elle s’est laissé enfermer dans la morgue de l’institut médico-légal pour y passer la nuit, Fiona finit par s’endormir entre le cadavre de la prostituée et celui de sa fille : « Au bout d’un moment, fatiguée, je rapproche les deux chariots et je m’allonge au milieu pour dormir, la main d’April dans la mienne, le visage contre l’enviable chevelure de Janet. Nous dormons d’un sommeil de plomb ».  Le personnage de Fiona est fouillé, ciselé et on finit par s’attacher profondément à cette personnalité hors du commun qui, avec une obstination que rien ne peut arrêter, prend tous les risques physiques, psychologiques et professionnels pour atteindre la vérité. Derrière la rebelle, on sent néanmoins une générosité débordante, une sensibilité exacerbée. Dans sa relation avec son collègue Brydon, on devine le besoin de regagner la normalité en s’installant dans une relation amoureuse. L’intrigue est menée sur un bon rythme. Le style est séduisant. On se sent bien dans ce polar, en compagnie d’une fliquette sympathique que l’on prend en affection et que l’on n’a pas envie de quitter. A découvrir et à savourer.

La mort pour seule compagne, de Harry Bingham,  Editions 10/18, avril 2014, 449 pages, 8 € 80.

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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 09:54

frangines.jpgeffaceur.jpg

Après Bernard Vitiello, je souhaitais présenter sur ce blog une autre auteure marseillaise du « noir ».

Née à Aix-en-Provence le 23 novembre 1955, Mireille TORIELLI a choisi de publier sous le pseudonyme de Manon TORIELLI. Artiste au parcours éclectique, elle a accumulée une riche expérience dans des domaines aussi divers que le théâtre où elle sera alternativement comédienne et metteur en scène mais aussi formatrice, l’enseignement des lettres ou encore l’écriture qu’elle soit théâtrale, poétique ou romanesque. Elle s’intéresse aussi au cinéma qui fera l’objet de travaux universitaires. C’est surtout dans sa dimension de romancière que j’ai souhaité évoquer son travail. Là encore, son éclectisme la conduit à s’essayer à tous les genres, de la nouvelle au roman noir, en passant par le roman historique ou le livre de jeunesse. Comme son ami Bernard Vitiello, elle connaît l’aventure des éditions Déméter, notamment avec la publication d’un récit historique, « L’enlumineresse » puis, la même année, « L’effaceur », un polar  qui conduit un inspecteur à mener une enquête dans un petit village du nord-est de la France http://www.amazon.fr/Leffaceur-Manon-Torielli-Sarmejane/dp/2916548645/ref=sr_1_9?s=books&ie=UTF8&qid=1400743226&sr=1-9&keywords=l%27effaceur . Lorsque disparaissent les éditions Déméter, elle se lance dans l’aventure des éditions numériques Ska où elle retrouve Bernard Vitiello qui dirige la collection « Noir de suiTe ». Elle y publie, en janvier 2014, « Frangines », un nouveau polar, bien noir, que l’on trouve sur le site de l’éditeur   mais aussi chez une centaines d'autres diffuseurs en numérique   http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9791023402933/frangines   . En dehors de ces ouvrages majeurs qu’elle présentait sur le salon du livre de La Croix-Valmer, cette auteur infatigable aura publié bien d’autres œuvres au rang desquelles « Boomerang », « L’arbre bleu », Archimède Buvard » ou encore « La maison » qui nous promènent entre mystère et fantastique. Mais, Manon Torielli est surtout une forte personnalité du noir, une écriture et une inspiration dont le caractère ne peut être mieux résumé que par elle-même : «  Ce qui me passionne dans le réel, c’est tout d’abord les parts d’ombre qui auréolent les objets, les êtres et la magie de la lumière qui naît toujours de la nuit…..tout ce qui boîte, tout ce qui dérive, ce qui glisse à l’envers des lois, des règles, des prévisions de la réalité. » Une plume du "noir" à découvrir.

https://www.facebook.com/mireille.sarremejeanne?fref=ts

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 13:22

noir-divan-1.jpgvitiello-2.jpgequarrisseur.jpgOn évoque souvent le « polar marseillais » incarné par la maison d’édition JIGAL dont la spécificité semblerait se situer dans une forme de repli sur l’identité phocéenne ou, tout au moins, méditerranéenne. L'univers des auteurs de polars méditerranéens ne se résume pas à cela. Au-delà de cette catégorisation qui me paraît ressortir du folklore et qui suscite régulièrement la condescendance des élites parisiennes, il convient de signaler l’existence d’auteurs marseillais appartenant au monde du polar, qui s’inscrivent pleinement dans l’univers du « noir », et qui, bien que fiers eux aussi de leurs racines phocéennes, ont une dimension qui dépasse le cadre de la seule culture méditerranéenne. C’est le cas des deux auteurs auxquels j’ai décidé de consacrer une série de deux articles : Bernard Vitiello et Manon Torielli.

Le premier, Bernard Vitiello, a déjà derrière lui un beau parcours d’écrivain, spécialiste du « noir ». Son premier opus, « Noir divan » sort en 2009 chez Déméter. Avec « Léo Prat et la forme blanche » paru en avril 2011, toujours chez Déméter, il livre un polar fantastique inspiré d’une expérience personnelle sur laquelle il a greffé une fiction policière. Ce roman a été couronné par le prix Rayon du polar. Entre-temps, Bernard Vitiello a rejoint les éditions Ska qui publient en version numérique, en association avec les éditions du Horsain qui se chargent de la version papier. Il y publie, au début de cette année, son troisième roman    « L’équarrisseur »  , un polar dans la grande tradition du noir, dans la collection « Noir de suiTe » dont son éditeur lui confie la direction. et diffusé sur une centaine de sites dont http://ska-librairie.net/index.php?id_product=147&controller=product   et http://librairie.immateriel.fr/fr/ebook/9791023402773/l-equarrisseur . Actuellement, cet auteur infatigable travaille de front sur trois ouvrages : un thriller « Mauvais garçons », un roman fantastique « Théo Volf et les treize » et une nouvelle sur Sade. Il convient d'ajouter que cet auteur éclectique a aussi produit quantité de recueils poétiques.   

On retrouve, dans le style de Bernard Vitiello comme dans le contenu de ses romans, le signe de son attachement aux auteurs de la grande époque du « noir », Chandler, Chase ou encore Spillane, en cohabitation avec d'autres formes de la littérature noire. Un auteur talentueux, des romans originaux et forts qui méritent d’être découverts et qu’apprécieront – j’en suis sûr – les connaisseurs attachés à la grande tradition du « noir ».

https://www.facebook.com/vitiello.bernard?fref=ts

 

 


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15 mai 2014 4 15 /05 /mai /2014 11:59

enigme-du-pere-lachaise.jpgDes écrivains sont retrouvés assassinés dans le cimetière du Père-Lachaise. Leur dépouille fait l’objet d’un curieux rituel qui emprunte ses codes à la littérature. Sur leur corps, on a peint, dans l’ordre du fameux poème de Rimbaud, les voyelles de l’alphabet et ils ont été exposés sur la tombe d’un auteur célèbre, accompagnés par un échantillon de leurs œuvres respectives. La plupart des mots contenus dans ces livres ont été raturés. Les mots qui restent lisibles donnent naissance à ce qui ressemble à de mystérieuses maximes, à des adages pour le moins obscurs. Le commissaire Desjardins, policier parisien en charge de l’enquête, piétine dans ses recherches. Il se décide à faire appel à son collègue, le commissaire Paulus, retiré à Charleville mais qui, à l’image de son illustre devancier Maigret, bénéficie d’une aura nationale. Les deux policiers sont collègues de promotion et ne se sont pas revus depuis de nombreuses années. Paulus se rend à Paris où il prend en mains les rênes de l’enquête. Voilà pour l’intrigue qui se déroule sur fond de culture littéraire et de considérations philosophico-sociales car le commissaire Paulus est un personnage très spécial. Un tantinet dépressif et misanthrope, il promène son mal-être et son aversion pour l’époque actuelle tout au long d’une enquête qui tourne autour du cimetière du Père-Lachaise, du monde des écrivains et de l’univers des maisons d’édition. Un amour de jeunesse brisé et la disparition dramatique de plusieurs de ses amis font de Paulus un personnage aux propos et au comportement bizarres, un héros très atypique qui parviendra à résoudre l’énigme du Père-Lachaise davantage par une démarche intellectuelle que par une véritable enquête policière. Ce petit polar de 179 pages se laisse lire avec plaisir. Bien écrit, il plaira particulièrement à celles et ceux qui aiment les références littéraires dont il est truffé. Un nouveau talent ardennais à découvrir.

L’énigme du Père-Lachaise, de Fabrice Paulus, Editions Noires Terres, 2014, 179 pages, 16 €.

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12 mai 2014 1 12 /05 /mai /2014 09:43

la-bonne-a-tout-fait.jpg« La bonne a tout fait » est, à l’image de son titre, un petit roman bourré d’humour. Avec une écriture aboutie et imagée, Franz Bartelt nous conte, en même temps qu’un polar sympa, un peu de son Ardenne, dans ce pays de forêts niché aux confins de la Belgique, du Luxembourg et de la France. Alerté par des courriers que lui adresse Versus Bellum, un vieil anarchiste retiré dans un petit village perdu au milieu de la forêt ardennaise, Le Poulpe décide de se rendre sur place pour enquêter sur la mort violente de la femme d’un notable local ainsi que sur de curieuses disparitions de bétail et de femmes du village. Sous une fausse identité, celle d’un personnage peu recommandable, il est chargé par Versus Bellum de s’introduire dans la demeure du notable, entrepreneur forestier, pour négocier avec lui la vente de son entreprise et de ses bois. Il doit ainsi se rapprocher de la bonne qui sait visiblement « des choses ». Le Poulpe se trouve embarqué dans une suite d’embrouillaminis, au gré d’une fantaisie littéraire amusante et d’une épopée aux accents picaresques. Davantage que l’intrigue proprement dite ou encore que le dénouement, c’est le récit burlesque qui retient d’abord l’intérêt, dans un style original mais séduisant, aux réelles qualités littéraires. A découvrir pour passer un bon moment de plaisir. Les Ardennais apprécieront certaines références culturelles et linguistiques à l’image de « Ici, on ne tisonne pas, on grabouille ».

La bonne a tout fait, de Franz Bartelt, éditions Baleine, septembre 2013, 172 pages, 9 € 50.

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 16:06

madame-courage.jpgC’est une intrigue à première vue complexe que nous propose serge Quadruppani. D’ailleurs, c’est  l’ensemble de ce polar qui est placé sous le signe de la complexité. Entre les Salafistes, le gouvernement algérien, la police anti-mafia italienne et la brigade criminelle française, les rapports ne sont pas simples. Pour faire court, le commissaire Simona Tavianello et son mari se retrouvent en séjour à Paris. A la frontière avec l’Algérie, un jeune Tunisien, Moncef, assiste à l’assassinat de son frère par Nabil un puissant trafiquant qui l’emmène en captivité. En Italie, le commissaire Francesco  Maronne repère, au coin d’une rue de Palerme, un mafieux recherché par la police italienne. A Paris, la brigade criminelle attend que tout se beau monde se mette en branle pour entrer dans la ronde. Voilà pour les ingrédients. S’agissant de leur accommodement, il commence dans un restaurant marocain de Paris où tous ces personnages sont réunis en ignorant réciproquement leur présence et où une serveuse, par inadvertance, dépose devant Moncef un plat de couscous au milieu duquel se trouve une main de femme alors que la semoule devait initialement être servie à Francesco Maronne. La commandant Stéphanie Lagourme, de la brigade criminelle, intervient pour tirer au clair cette macabre découverte. La suite de la recette, c’est la façon dont les liens entre ces personnages vont se tisser, se resserrer, pour donner à voir un écheveau complexe de relations entre les pouvoirs politiques officiels, les manigances des services secrets, les magouilles des grands acteurs économiques et les règlements de comptes personnels des protagonistes. Le style et le récit sont à l’image des phrases qui précèdent, à l’image des personnages et de leurs rapports : complexes. Les différents récits se croisent, se chevauchent, s’éloignent puis se recoupent, comme les fils d’une dentellière, pour former une trame à la fois de plus en plus serrée mais plus claire et plus cohérente au fil des pages. Au bout du compte, la sauce finit par prendre et l’on éprouve du plaisir à déguster cette intrigue qui se tient. Il y a un suspense et même, avec la coexistence de plusieurs récits, plusieurs suspenses. Le style est un peu désarmant mais on finit par s’y faire et on goûte à l’humour particulier de l’auteur. C’est un polar que j’ai lu avec plaisir, assez rapidement. Une lecture que je suis prêt à recommander pour passer un agréable moment.

Madame Courage, de Serge Quadruppani, Editions du Masque, février 2014, 265 pages, 7 € 90.

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 08:10

les-mecanos-de-venus.jpgHapp, blanc et héréo, et Léonard, noir et homo, sont devenus amis en trimant dans les durs travaux des champs au fin fond du Texas. La vie coule paisiblement jusqu’au jour où l’ex-femme de Happ vient leur proposer un deal. Retrouver un magot prétendument enfoui au fond d’un marécage après la cavale d’un gang de braqueurs et le naufrage de leur bateau. Trudy, l’ex-épouse, a déjà contracté avec une bande d’anciens hippies qui disent agir par idéalisme. Ils veulent utiliser cet argent pour l’achat d’armes au service de la lutte anticapitaliste. Pour Happ et Léonard, c’est seulement l’appât du gain qui les motive. Si cette équipe de bras cassés retrouve bien le magot, les choses s’enveniment avec la survenue des deux malfrats avec lesquels ils devaient négocier l’achat des armes. La situation vire au cauchemar pour Happ, Léonard et leurs acolytes. S’il y a du suspense, celui-ci se trouve dans la question qui, désormais, se pose en terme cruciaux à partir de la moitié du roman : nos deux compères vont-ils parvenir à se tirer de ce mauvais pas  et, si oui, comment ? Joe R . Lansdale parvient à gérer ce suspense avec talent puisque je me suis accroché à cette histoire que j’ai dévorée en moins de deux jours. Le moins que l’on puisse dire est qu’il y a de l’action dans cette intrigue qui se situe au cœur d’une région sauvage du Texas qui constitue un décor idéal pour ce western des temps modernes dans lequel l’ambiance et les personnages sont parfaitement campés. On s’attache avec plaisir et avec une certaine affection aux pas des deux compères pris dans un engrenage qui les dépassent. S’en sortiront-ils ? Là est tout l’intérêt de l’histoire. A découvrir pour celles et ceux qui aiment les thrillers où l’action prime.  

Les mécanos de Vénus, de Joe R. Lansdale, Editions Denoël,  mai 2014, 237 pages , 19 € 90.

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