Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 09:59

un-employe-modele.jpgJoe qui passe pour un attardé occupe un emploi d’agent de propreté au commissariat de Christchurch en Nouvelle-Zélande. Une sorte d’emploi réservé. En fait, Joe qui bénéficie d’un traitement de faveur et de la bienveillance des policiers, n’est autre que le tueur qui sévit depuis plusieurs mois dans la ville et que tout le monde surnomme « le boucher de Christchurch ». Joe dispose d’un accès privilégié à l’ensemble des locaux de la police locale et aux données de l’enquête qui le concerne. Il a déjà assassiné de nombreuses femmes mais voilà qu’un jour, en furetant dans la salle de réunion du commissariat, il découvre qu’on lui impute à tort le meurtre d’une victime dont il sait pertinemment qu’il ne l’a pas tuée. Furieux, il entreprend de profiter de sa situation privilégiée pour découvrir le véritable coupable. Le tueur en série qui mène l’enquête, voilà un parti pris très intéressant et qui donne un excellent résultat. On s’attache aux pas de Joe, on le suit dans ses investigations qui vont se révéler mouvementées. Des complications surviennent que Joe devra surmonter et qui vont alimenter le suspense. L’histoire est bien construite. Le récit à la première personne privilégie le point de vue du tueur et l’on vit de l’intérieur ses pulsions et ses motivations. Par moments, on se surprend à éprouver pour lui une forme de tendresse, vitre contrebalancée par l’horreur de ses crimes. Tout à tour, Joe sera bourreau et victime. Il n’y a pas de temps morts dans ce récit mené sur un bon tempo et bien écrit. J’ai découvert avec un réel plaisir cet auteur néo-zélandais dont c’était là le premier opus. Un polar original, une belle découverte que je recommande chaudement.

Un employé modèle, de Paul Cleave, Le livre de poche, août 2011, 473 pages, 7 € 60.

Partager cet article
Repost0
27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 10:18

tabloid-circus.jpgAvec « Tabloïd circus », Kent Harrington nous entraîne dans les Caraïbes et dans l’univers trouble de la presse à sensation que les Anglo-saxons désignent sous le terme de « tabloïds ». Stanley Jones, journaliste alcoolique, travaille pour un tabloïd londonien qui l’a envoyé sur une île des Caraïbes où une jeune fille américaine de bonne famille a disparu. Déchiré entre sa tentative désespérée pour rester sobre, sa liaison improbable avec une jeune fille de quinze ans sa cadette et la mort violente de sa sœur qui l’a traumatisé, Stanley va devoir affronter la culture très particulière de cette île sur laquelle pèsent l’antagonisme entre les descendants d’esclaves et de colons, les compromissions d’une police locale corrompue et la menace sourde mais bien présente des trafics en tous genres. Autant sinon plus qu’un polar, c’est un vrai roman, combinant à la fois un portrait psychologique du personnage central et un document réaliste sur les pratiques de la presse à scandale. Kent Harrington restitue avec talent l’ambiance glauque de ces deux univers que rend encore plus opaque et inquiétante l’intervention des services secrets américains. En dépit des intérêts financiers en jeu, de sa culture du scoop et des risques encourus, Stanley résistera au chant des sirènes et à son propre intérêt pour découvrir et révéler la vérité mais aussi pour sauver un amour qu’il entrevoit comme sa planche de salut. Bien écrit et bien structuré, ce roman se lit avec plaisir et l’on a hâte de voir si Stanley tiendra jusqu’au bout dans sa quête de vérité.

Tabloïd circus, de Kent Harrington, Editions Denoël, avril 2014, 412 pages, 21 € 90.

Partager cet article
Repost0
19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 16:10

les-ronds-dans-l-eau.jpgJe n’avais encore jamais rien lu de cet auteur. C’était un tort et une grande lacune. « Les ronds dans l’eau » m’ont enthousiasmé. Une écriture parfaitement maîtrisée, une construction romanesque originale et un récit passionnant font de ce roman un fleuron de la littérature policière bien qu’il soit difficile de choisir entre le terme de thriller ( qui figure sur la couverture ) ou celui de polar. Il y a des meurtres, du suspense, un suspense remarquablement orchestré par un parti pris original qui consiste à décrire, par la juxtaposition de récits, une savante mécanique, celle du hasard. 1971 : cinq petits malfrats français réussissent un coup spectaculaire en extorquant un million d’euros à un caïd de la pègre américaine. Depuis, plusieurs décennies se sont écoulées, le caïd américain est mort ainsi que son proche entourage. Alors que les cinq malfrats devraient se sentir définitivement à l’abri de toutes représailles, voilà que le destin les rattrape un par un. Impossible d’aller plus loin sans déflorer une intrigue qui doit se savourer par touche, par étape, une histoire qui se dévoile au fil d’un hasard provoqué, savamment prémédité et magistralement reconstruit par l’auteur. C’est un passage de la page 300 qui résume le mieux ce qui fait le sel de ce récit : « Le hasard fait bien les choses, entend-on parfois. Ce dont je suis certain, c’est que le hasard fait les choses, en effet. Les influences sont multiples et quotidiennes, chacun de nous est le hasard d’un autre…. Comment savoir dans quelle mesure nous modifions ou non la vie de ceux que nous croisons ? » En lisant ce roman, j’ai pensé aux films de Claude Lelouch et à son obsession et à sa conception du hasard. Le dénouement est à la hauteur d’un récit étonnant et prenant, qui happe le lecteur pour le porter tout entier à poursuivre sa lecture jusqu’au bout. Une belle et grande découverte, une écriture et une construction romanesque à part, que je recommande chaudement.

Les ronds dans l’eau, de Hervé Commère, Pocket, janvier 2014, 316 pages, 7 € 20.

Partager cet article
Repost0
16 avril 2014 3 16 /04 /avril /2014 08:41

la-blonde-en-beton.jpgVoilà quatre ans, l’inspecteur Harry Bosch a abattu un tueur en série, Norman Church, celui qu’on surnommait « Le Dollmaker ». Mais la famille a porté plainte contre lui, au motif qu’il aurait voulu faire justice lui-même et qu’il aurait tué un innocent. Car, hormis son intime conviction, l’arrêt des meurtres et quelques accessoires de maquillage retrouvés dans la salle de bain de Church, rien ne prouve formellement que Church était bien le coupable. Sa hiérarchie, lui reprochant de n’avoir pas suivi à la lettre la procédure, l’a muté d’office. Son procès s’ouvre et les choses s’annoncent plutôt mal car la partie adverse a recours à l’une des plus brillantes avocates de Los Angelès. De surcroît, dans le même temps, la police reçoit une lettre anonyme, affirmant que Church n’était pas le coupable, que le « Dollmaker » est toujours en vie et indique le lieu où l’on peut retrouver le corps de l’une de ses victimes. Harry Bosch ne s’est-il par réellement trompé en tuant Church ? La police a-t-elle ,quatre ans auparavant, vu disparaître un innocent au lieu du vrai coupable ? Bosch est toujours convaincu qu’il a bien tué le « Dollmaker ». Il est certain qu’il ne peut s’agir que d’un imitateur. Toutefois, avec ce rebondissement, son avenir semble compromis s’il ne parvient pas au plus vite à démontrer que sa conviction est bien fondée. Ce polar consiste en une alternance entre le déroulement du procès et l’enquête que mène parallèlement Bosch avec ses collègues qui le soutiennent. Malgré de longues descriptions de procédures et un rythme relativement lent, le suspense est bien entretenu et l’on se laisse happer par une intrigue savamment construite. Connelly sait nous tenir en haleine et entretenir notre intérêt grâce à une description documentée des pratiques policières et judiciaires californiennes. Un excellent polar que je recommande sans réserves.

La blonde en béton, de Michael Connelly, Points, mai 2012, 463 pages, 8 €.

Partager cet article
Repost0
11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 13:11

le-cercle.jpgBernard Minier nous livre ici un thriller qui emprunte des éléments à son précédent opus, « Glacé », comme la présence obsédante de Julian Hirtmann, le procureur psychopathe, ou encore l’intervention de Ziegler, la gendarme qui avait conduit l’enquête à ses côtés. L’histoire qui nous entraîne toujours dans le sud-ouest est cependant en rupture avec "Glacé" sur le plan de l’intrigue . Une professeure de classe prépa a été monstrueusement assassinée dans sa salle de bains. Le commandant Servaz va s’attaquer à une enquête difficile dans l’univers de Marsac, petite ville universitaire de la banlieue toulousaine. La politique va se mettre de la partie sous les traits d’un jeune loup, député-maire, qui fera partie des suspects. La vie personnelle de Servaz aussi puisque l’un des principaux suspects n’est autre que le fils de Marianne, une ancienne petite amie du policier. Un thriller où les flics se situent à la limite des règles de procédure et même quelquefois les transgressent pour chercher à atteindre une vérité qui semble les fuir à mesure qu’ils avancent dans leurs investigations, au péril de leur vie et de celle de leurs proches. Une intrigue qui se présente comme un écheveau complexe, tantôt à la limite du compliqué, tantôt mue par des ressorts simplistes, mais une histoire qui m’a quand-même tenu suffisamment en haleine pour que j’aille jusqu’au bout malgré les 785 pages. La structure du récit est quelque peu hachée. Il faut donc, pour ne pas perdre le fil, rester plongé dans sa lecture. La fin était un peu prévisible, pas de véritable dénouement-surprise. Somme toute, un thriller intéressant mais qui ne provoque qu’un coup de cœur modéré.

Le cercle, de Bernard Minier, Pocket, décembre 2013, 785 pages.

Partager cet article
Repost0
1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 10:23

road-hill.jpgLe texte de 4ème de couverture de « L’affaire de Road Hill House » donne à penser que nous sommes en présence d’un polar. Mais cette impression est vite balayée. Fin juin 1860, dans une demeure bourgeoise du sud de l’Angleterre un enfant de trois est assassiné. D’abord conduite par des officiels locaux, l’enquête est finalement confiée à Jack Whicher, un as de Scotland Yard. En fait, la structure et le style du roman nous éloignent du polar traditionnel pour nous orienter davantage vers une compilation d’informations qui s’apparente aux minutes d’un procédurier. De nombreuses digressions donnent un éclairage sur la société de l’époque et sur les pratiques de la police anglaise au XIXe siècle. Intéressant pour son côté documentaire, le roman retient aussi l’attention en raison d’un vrai suspense. Les pistes sont nombreuses dans une affaire ténébreuse à souhait. Pour apprécier ce pavé de plus de 500 pages, il faut accepter ces placards documentaires qui, régulièrement, peuvent occuper un chapitre entier, à l’image par exemple du rappel de la carrière de Whitcher dans le contexte de la police londonienne du milieu du XIXe siècle. A découvrir pour ceux qui ne répugnent pas à lire la relation des détails de procédures et qui seraient curieux de connaître les usages de la police et de la société anglaises des années 1860. 


L’affaire de Road Hill House, de Kate Summerscale,  Editions 10/18, mai 2012, 512 pages.

Partager cet article
Repost0
28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 19:35

sacrifices.jpgAprès « Travail soigné » et « Alex », c’est le troisième opus de la trilogie Verhoeven que je viens de terminer. Fidèle à son habitude et porté par l’immense talent qu’on lui connaît, Pierre Lemaître nous livre là une nouvelle petite merveille. L’intrigue est construite comme une mécanique d’horlogerie : complexe, précise, huilée, sans défauts. Après le meurtre de sa femme Irène, Verhoeven est confronté une fois de plus à la violence à l’encontre de sa nouvelle compagne, Anne, qui est passée à tabac à l’occasion d’un braquage dans la bijouterie où elle venait chercher une montre. Verhoeven, touché une nouvelle fois à travers un être qui lui est cher, va prendre des libertés avec la procédure et se mettre en défaut pour tenter de retrouver et de réduire à l’impuissance l’auteur du braquage et de ce passage à tabac. Mais il ne manque pas de s’interroger sur le fait qu’un braqueur se soit ainsi acharné sur un témoin, qu’il ait eu plusieurs occasions de la tuer sans y parvenir. Ce détail travaille Verhoeven qui n’est pas au bout de ses surprises. Le tout est servi avantageusement par une belle écriture et une alternance des récits entre la troisième personne pour les personnages identifiés et la première personne pour le braqueur inconnu. Le dénouement est à la hauteur d’un suspense bien dosé. A découvrir absolument pour finir de se convaincre que Pierre Lemaître est bien l’un des grands du polar français.

Sacrifices, de Pierre Lemaître, Le livre de poche, février 2014, 353 pages, 7 € 10.

Partager cet article
Repost0
23 mars 2014 7 23 /03 /mars /2014 13:06

etrange-suicide.jpgEthelred Tressider est un écrivain de second plan que sa femme Géraldine a quitté pour un ami. Il est toujours amoureux d’elle et, lorsqu’il apprend sa disparition et que, dans la foulée, on découvre son corps, il décide de mettre à profit ses connaissances d’auteur de romans policiers pour entreprendre une enquête. En cela, il est secondé par son agent littéraire, Elsie, une femme quelque peu déjantée, accro au chocolat, qui traîne plus bas que terre les romans de son auteur et lui colle aux basques pour s’imposer elle-même comme co-enquêtrice. Ecrit avec deux narrateurs et se positionnant les trois-quarts du temps au second degré, ce roman est un festival d’humour, un humour tout britannique mais hilarant. Rien que le titre en atteste. Depuis « Le croque-mort aime la bière », de Tim Cockey, je n’avais jamais autant ri en lisant certains dialogues entre les deux principaux protagonistes. Le tout est servi par une très belle écriture. Une intrigue également bien construite qui permet de ménager le suspense, en ce qui me concerne, jusqu’à la page 230 sur 279. Les dernières pages permettent de comprendre, de façon rétrospective, des éléments de l’intrigue tout en s’ouvrant sur plusieurs perspectives possibles. Un excellent polar d’un auteur que j’ai eu un énorme plaisir à découvrir.

Etrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage, de L.C. Tyler,  Pocket, 2013, 279 pages.

Partager cet article
Repost0
19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 13:56

liquidations.jpgIl y a des livres dont on ne voudrait jamais sortir tant on s’y sent bien. On souhaiterait faire durer le plaisir. C’est le cas pour « Liquidations à la grecque », un polar sympa animé par des personnages attachants tels que le commissaire Charitos, un flic de la vieille école, pétri d’humour, qui nous guide, non seulement au fil d’une intrigue passionnante, mais aussi au cœur de la Grèce en crise, en proie à une intense agitation sociale. Les situations rocambolesques s’enchaînent, mettant aux prises des protagonistes hauts en couleurs. L’écriture est soignée, le suspense est bien ménagé et l’on ne devine que très près de la fin vers quel dénouement nous conduit l’auteur. Un très intéressant panorama de la Grèce en plein cœur de la crise interfère de façon heureuse avec une intrigue remarquablement structurée. Voilà un auteur que j’ai découvert avec plaisir et un excellent polar que je recommande chaudement. Pas étonnant que ce livre ait décroché le prix Le Point du polar européen 2013. Après « La plage aux noyés », de Domingo Villar, c’est une autre découverte venant du sud de l’Europe. Décidément, le polar méditerranéen se porte bien.

Liquidations à la grecque, de Petros Markaris, Points, octobre 2013, 351 pages, 7 € 30.

Partager cet article
Repost0
20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 20:19

le-sang-de-la-trahison.jpgZoé, jeune policière qui travaillait jusque là à la brigade des stups, intègre la police criminelle et le 36 du quai des Orfèvres où le moins qu’on puisse dire est qu’elle est assez mal accueillie. Alors qu’elle vient juste d’intégrer le groupe du commandant Bonnot, la voilà en charge d’une enquête très sensible puisqu’il s’agit de se lancer sur les traces d’un tueur en série qui s’attaque à des personnalités proches du Palais de justice de Paris. A priori, l’histoire est intéressante et je me suis laissé emporter par les aventures de Zoé, ses relations difficile avec son collègues Desgranges et son flirt avec le brillant avocat Thibaut de Bonchamps. Régulièrement, le tueur revient, s’exprimant à la première personne et laissant deviner petit à petit des pans de son histoire familiale et de sa personnalité. On imagine un personnage hors normes. Au bout de 200 pages, j’ai pensé avoir découvert le coupable. Il correspond bien à l’idée que l’on peut s’en faire au vu des références picturales et littéraires qui accompagnent ses meurtres. Et patatras, voilà que le dénouement m’apporte un cinglant démenti et une fin décevante, en rupture avec tout ce qui semblait y avoir préparé et un coupable très ordinaire. Voilà pour le premier bémol. Le second tient sans doute à la nature même du prix du Quai des Orfèvres qui récompense un polar « maison » inscrit de façon minutieuse dans la culture de la police judiciaire. C‘est le cas ici avec des références et un vocabulaire codés, un côté parfois didactique qui n’est pas indispensable au bon déroulement de l’intrigue. En résumé, une histoire qui pourrait être très intéressante mais qui souffre de quelques défauts et d’un dénouement décevant.

Le sang de la trahison, de Hervé Jourdain, Fayard, novembre 2013, 438 pages, 8 € 90.

Partager cet article
Repost0

Issn 2267-0947

  • : Le blog de ma fabrique de polars
  • : J'écris et je publie des polars, ou des thrillers, selon les préférences. Ce blog est destiné à les présenter, à évoquer mon activité d'écriture et à publier mes coups de coeur.
  • Contact

Recherche