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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 19:59

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Au cours d’un séjour à Phuket, Anna a survécu à un tsunami qui, par contre, a emporté son mari. A son retour à Paris, elle sombre dans une dépression que renforcent les prédictions inquiétantes d’une voyante qui croise son chemin. Elle redoute l’eau et surtout elle a la hantise de voir disparaître sa fille. Pour des raisons financières, elle est contrainte de s’installer près de Nantua. Or, la maison qu’elle loue est située au bord d’un lac et, la nuit, un homme au visage de clown blanc semble rôder autour d’elle et de sa fille. Des fillettes ont déjà disparu dans cette région et une véritable psychose s’installe chez Anna. De son côté, le commissaire Rohmer enquête sur la mort des fillettes. Le chemin du policier et celui d’Anna vont se croiser. Parviendront-ils à unir leurs efforts pour conjurer le mauvais sort dont l’ombre  plane autour d’eux ? Ce roman n’a pas déclenché un coup de cœur, tout juste une impression mitigée. Pourtant, dans ce thriller, l’action ne manque pas, l’auteur cherche à créer du suspense, installe même une tension et je me suis surpris à aller jusqu’au bout, curieux de connaître le dénouement. Décevant, car assez attendu, soit dit en passant. Se lit mais ne laissera pas une trace indélébile dans ma mémoire.

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 13:15

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C’est sans doute encore un crime de lèse-majesté que de publier dans la rubrique « Impressions mitigées » une chronique relative à un roman d’Andréa H. JAPP. Autant j’avais aimé Aesculapius ou les mystères de Druon de Brévaux, autant je n’ai pas trop accroché à cet opus qui, pourtant, recèle d’indéniables qualités, au plan de l’intrigue comme au plan historique. André H. JAPP est une des figures emblématiques du roman historique et, à n’en pas douter, la figure de proue du polar médiéval. Avec ce roman, elle nous relate une enquête de Hardouin Cadet-Venelle, bourreau à Mortagne dans le Perche, qui est confronté au meurtre d’une religieuse, Henriette de Tisans, fille d’Arnaud de Tisans, sous-bailli de Mortagne. Dans ce Moyen-Age soumis à des croyances religieuses fortement ancrées et à des préjugés sociaux eux aussi bien établis, Hardouin va profiter du privilège de sa charge pour mener à bien une enquête qui n’épargnera personne. Le dénouement est inattendu même si la fin est quelque peu frustrante pour des raisons de morale sociale et encore une fois religieuse. C’est ce qui fait la qualité de l’œuvre d’Andréa H. JAPP qui est dans le même temps cause de l’agacement que j’ai ressenti. Certes, il est de bon ton de servir le récit par un style qui fait de larges emprunts à la langue médiévale, au plan de la syntaxe comme au plan du vocabulaire, mais cette particularité alourdit la lecture et, par moments, la rend laborieuse. S’ajoutent à cela des renvois en bas de page, beaucoup plus didactiques encore que ceux que j’avais trouvés dans Aesculapius. Andréa H. JAPP a un évident souci de pédagogie et de vulgarisation que lui reprochent  au demeurant certains de ses lecteurs. Elle le précise d’ailleurs en avertissement au début du livre comme pour s’en justifier. La fin du livre confirme cette impression, avec un glossaire, une suite de notes biographiques et une impressionnante bibliographie qui montre le colossal travail de documentation de l’auteure. C’est donc à la fois un coup de cœur pour le talent d’Andréa H. JAPP et une impression mitigée pour les raisons énumérées ci-dessus qui ont guidé cette chronique. Pour autant, cette auteure de talent reste une référence et, pour qui aime les romans historiques et plus particulièrement médiévaux, elle est indéniablement un talent à découvrir.

 

En ce sang versé, de Andréa H. JAPP, Ed. Flammarion, mai 2012 , 339 pages.

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 16:13

Classer un roman de Ian RANKIN dans la catégorie des "Impressions mitigées" peut, à première vue, paraître iconoclaste. Et pourtant ! Même si je suis allé jusqu'au bout et si j'ai apprécié certains aspects de ce roman, je n'en sors pas enthousiaste.

       John REBUS, le flic cher à Ian RANKIN, forte tête, ne crache pas sur le whisky et suit d’abord son instinct. Son instinct, c’est de croire que Darren Rough, un pédophile que la Justice a assigné à résidence  à proximité d’un jardin d’enfants, va récidiver. Cette obsession va jusqu’à le détourner d’une mission en cours et permet à l’empoisonneur du zoo d’Edimbourg d’échapper à la police. Ensuite, il y a la mort étrange de Jim MARGOLIES, un collègue de REBUS, qui se serait suicidé en se jetant dans le vide. Il y a aussi Cary OAKS, un tueur en série libéré par la Justice américaine et qui est revenu au pays. Là encore, John REBUS est convaincu qu’OAKS est de retour pour assouvir une vengeance et qu’il va tuer à nouveau. Il décide de le pister. Enfin, il y a la disparition mystérieuse du jeune Damon MEE, le fils d’une amie de jeunesse, parti un soir d’un night-club sans laisser de trace. Quatre affaires qui occupent le temps de John REBUS et qui vont l’entraîner, en compagnie du lecteur, dans les profondeurs d’Edimbourg, de ses faubourgs, de sa faune et de sa vie nocturne. Un peu à la manière des auteurs de polars norvégiens ou islandais, Ian RANKIN raconte son pays mais surtout sa ville, Edimbourg, son histoire, ses légendes urbaines, ses traditions, ses différentes sociétés et leurs manières de vivre, dans un récit où les histoires et les destins se croisent et s’entrecroisent au fil de péripéties qui voient se mêler et se télescoper la vie professionnelle de l’inspecteur REBUS et sa vie privée. Tout au long de ce pavé de 608 pages, dense, complexe, dans lequel alternent et s’entrechoquent les récits, le lecteur doit se cramponner pour ne pas s’égarer, pour ne pas perdre le fil d’une histoire – que dis-je ? – d’histoires passionnantes mais parsemées de longueurs, nourries d’une foule de détails qui nuisent un peu à la qualité de la lecture. Question d’appréciation personnelle, sans doute, mais ce pavé est un peu lourd à digérer même s’il présente d’indéniables qualités. Un polar à lire par étapes, pas trop espacées pour ne pas perdre le fil de l’intrigue, un polar avec des dénouements de qualité inégale, un pour chaque histoire, un polar qui m’a laissé un peu sur ma faim.

La mort dans l’âme, de Ian RANKIN, Gallimard Poche, mai 2006, 608 pages.

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 10:42

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Des personnages un peu stéréotypés, une histoire qui comporte quelques longueurs mais une intrigue qui se tient à peu près. Voilà, en quelques mots, comment j’ai perçu ce Prix du Quai des Orfèvres 2004, assez moyen même s’il se laisse lire jusqu’au bout. Pour en avoir lu quelques autres, celui-là me semble bien correspondre au goût des membres du jury. En conformité avec le Code de procédure pénal, classique dans son style et gentillet dans la manière de jouer avec le crime et la violence. Moins mâtiné que La septième femme, de Frédéricque Molay, il se rapproche davantage de  A l’ombre du soleil de Christelle Maurin. L’auteur cherche a rendre l’atmosphère de différents milieux mais d’une façon très conventionnelle et au prix de longueurs qui n’apportent rien à l’intrigue. L’histoire a pour cadre un hôpital normand et plus particulièrement son service de gynécologie et d’obstétrique. Plusieurs morts se succèdent au sein de ce service et tout semble tourner autour de la personnalité forte du chef de service, homme à femmes, charismatique mais controversé, y compris au sein de sa sphère familiale. Lui aussi finit par être tué. Le lecteur a droit à la description de l’ambiance convenue de la bourgeoisie d’une petite capitale provinciale et à celle plus popote de la vie d’une jeune femme, lieutenant de police, qui mène l’enquête et qui, de surcroît, est la sœur d’une interne du service où les crimes ont été commis. Cette situation interfère avec l’enquête, d’une manière un peu factice. Les fausses pistes se succèdent jusqu’au dénouement où le vrai coupable apparaît comme une réelle surprise, d’une façon un peu abrupte et sans doute trop artificielle. Autant dire que la fin laisse un peu à désirer.

La multiplication des « un peu », à l’intérieur de cette chronique est révélatrice de mon sentiment au sortir de cette lecture : impression mitigée. Ce livre sans véritables aspérités m’a plu un peu, sans plus.                                                                                                                                                                     

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 10:05

Exceptionnellement, j’ai chargé ce livre sur la tablette Kindle que m’a offerte ma fille.  J'étais à court de lectures pour le week-end et je n'avais pas eu le temps de me rendre à la librairie ou à la bibliothèque. Comme souvent sur Kindle, la présentation n’est pas sans défaut du point de vue du découpage du texte. Cela altère sensiblement la qualité de la lecture. Du point de vue du fond, ce roman est un honnête polar qui ne me laissera pas cependant un souvenir impérissable. Pourtant, l’idée était bonne. Un journaliste en congé sur la côte atlantique est le témoin d’un meurtre dans la villa voisine. Celle-ci appartient à un député en vue qui a tué le voleur qui s’était introduit dans sa demeure. Rien de plus tristement banal que ce fait divers qui va devenir le point de départ d’une enquête menée par Dimitri Boizot, journaliste parisien, enquête qui va le conduire dans les méandres d’une affaire ténébreuse où les morts suspectes s’enchaînent sur fond de prospections géologiques en Afrique. Le style est dépouillé, basique comme l’est généralement celui de la plupart de ces polars distribués en version électronique. On est loin d’un Vargas, d’un Loevenbruck ou d’un Giébel. Ce n’est pas littéraire du tout ( Ce n'est sans doute pas rédhibitoire car c'est un parti pris dans beaucoup de polars )  mais je suis allé jusqu’au bout car l’auteur a su distiller le suspense même si, dès le milieu du livre, on commence à deviner les liens qui unissent les différents protagonistes de l’histoire. A lire pour se détendre si on n’a pas eu le temps de passer en librairie acheter un bon classique du genre.

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 09:12

Je suis profondément attaché au livre papier et n' accorde que quelques concessions aux e-books lorsque je suis à court de lectures et que ma bibliothèque préférée est fermée. Il me faut aussi rentabiliser le kindle que m'a offert ma fille. En conséquence, même si j'accompagne cette chronique du visuel du roman, j'ai découvert "Le sixième crime" de Sébastien Frisch sur ma tablette. Une lecture rapide ( 96 pages pour la version brochée ) et un roman assez curieux. A première vue, un style et une intrigue assez déroutants qui font davantage penser à un polar pour adolescent qu'à l'un de ces thrillers bien calibrés que j'ai l'habitude de lire. En résumé, un policier vient débusquer dans un petit hameau perdu de la Drôme un écrivain de grande renommée qui est venu se retirer là pour se couper du monde depuis 43 ans, en abandonnant femme et enfant. C'est un homme âgé, très talentueux, auprès duquel le policier pense pouvoir trouver la solution à une série de crimes sur laquelle il enquête. Les victimes sont tuées selon un mode opératoire copié sur les romans d'un certain Lieberman, écrivain médiocre et inconnu, oublié depuis longtemps. Le roman se concentre sur le tête-à-tête entre ces deux hommes dont on sent que chacun d'eux recèle une part de mystère, comme des secrets qui devraient se rencontrer pour former le noeud de l'intrigue. Le style et le contenu ne m'ont pas emballé. La dimension métaphorique non plus, avec des images surfaites. Quelque chose de convenu, en quelque sorte. On se dit que les pages défilent vite et qu'on sera bientôt libéré de cette histoire dont, malgré tout, on attend de connaître l'issue. Peu à peu, on se prend au jeu, on devine un dénouement moins anodin qu'il n'y paraissait à première vue et, finalement, on n'est pas déçu. La fin est réussie. Dommage. Ce polar aurait pu être une belle réussite s'il avait été un peu plus fouillé et davantage travaillé. Il y avait matière à faire un grand polar, capable de rivaliser avec bien des ouvrages en vue. Il aurait fallu pour cela que l'auteur le remette sur le métier, le peaufine et surtout donne plus de consistance à ses personnages. Histoire un peu bâclée bien qu'intéressante du point de vue de l'intrigue. Ressele-6eme-crime.jpgmble davantage à une nouvelle qu'à un roman. A lire pour passer un gentil moment de lecture.

 

Le sixième crime, de Sébastien Fritsch, Ed. Fin mars, début avril, 96 pages.

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30 septembre 2012 7 30 /09 /septembre /2012 14:53

En demi-teinte : La vitre brisée, de Jeffery Deaver...

par Jean-Michel LECOCQ, dimanche 30 septembre 2012, 14:51 · 
Vos changements ont été enregistrés.

« La vitre brisée » de Jeffery Deaver fait partie des thrillers étrangers remarqués cette année par la critique. Avant d’en parler, rien de tel que de passer par le texte de la 4ème de couverture :

« Lincoln Rhyme, criminologue réputé, se méfie de la preuve trop flagrante retenue contre son cousin, accusé de meurtre. Les indices sont parfaits, bien trop parfaits. Lorsqu’une série de crimes et de viols se produit, le suspect, dont la culpabilité ne fait pas de doute, crie son innocence. Rhyme et sa partenaire Sachs mènent l’enquête, sur la piste du mystérieux « 522 », un tueur, virtuose du déguisement, qui se cache derrière des identités qu’il a volées. Celui-ci découvre vite que les enquêteurs sont à ses trousses. Rhyme et Sachs doivent rassembler des indices et démasquer le tueur avant qu’il ne se retourne contre eux… »

Présenté ainsi, ce roman paraît alléchant. Et cela serait justifié, s’il ne constituait un pavé de 660 pages au bout duquel je suis arrivé certes, motivé par l’envie de connaître le fin mot de l’affaire mais épuisé par son caractère quelque peu indigeste. La raison en est que l’auteur inflige au lecteur de suivre pas à pas une procédure lourde et pointilliste. Cette enquête qui aurait pu se révéler passionnante, s’avère pesante et interminable car surchargée de considérations procédurales et techniques. Dommage, car l’intrigue est intéressante et les personnages sont bien campés. Tout au long du livre, on découvre un univers effrayant, à la Orwell, avec des accents du Meilleur des mondes de Huxley, un univers où l’individu perd toute part d’intimité et de secret. On apprend tout sur les méthodes de ces sociétés qui pratiquent l’extraction de données pour les revendre à d’autres sociétés. L’accumulation comme instrument de pouvoir, voilà le thème sous-jacent à cette histoire effrayante dans laquelle un psychopathe parvient à pénétrer dans la vie des personnages pour les manipuler et orienter à sa guise leur destin.

Si, en dépit de mes commentaires, la lecture de ce thriller vous motive, armez-vous de patience et éclaircissez-vous les idées car vous allez pénétrer dans un univers complexe et vous allez vous lancer dans une aventure longue, très longue. Bon voyage.

La vitre brisée, de Jeffery Deaver, Le livre de poche, 2011, 660 pages.
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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 08:47

Coup de coeur : Damné pour damné, de Frédéric Merchadou...

par Jean-Michel LECOCQ, lundi 17 septembre 2012, 08:46 · 

La quatrième de couverture nous dit que le père Flavier, curé d'une paroisse qu'on devine proche de la côte, est un personnage étrange qui, depuis son église, veille sur un redoutable secret. Quand le sol vibre sous ses pieds, sa raison chancelle. Sa raison est mise encore à plus rude épreuve lorsque d'ignobles méfaits d'apparence surnaturelle surviennent dans sa paroisse.

Frédéric Merchadou, spécialiste du fantastique, invite le lecteur à une plongée inquiétante dans le surnaturel, en suivant ce prêtre ambivalent dont la folie s'accélère le jour où un archélologue débarque pour mener des fouilles dans une clairière non loin de l'église. S'ajoute à cette intrigue une autre histoire, celle de la fille de l'archéologue qui semble fascinée par le fils adoptif du prêtre, un être difforme, honni par le village. L'histoire se déroule en plein XIXe siècle dans un temps où les mentalités sont encore fermées. Le tout dans une campagne lugubre et menaçante.

L'histoire se lit bien, le style est agréable et le début est prometteur. Puis, petit à petit, on bascule dans un fantastique auquel il faut pouvoir accrocher. Il faut aimer ce genre de littérature. Je dois avouer que ce roman m'a distrait sans m'emballer totalement. Une honnête prestation assez divertissante mais qui n'en fait pas un roman exceptionnel.

Damné pour damné, de F. Merchadou, Editions du Rocher, mai 2008, 188 pages.

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2 septembre 2012 7 02 /09 /septembre /2012 11:19

En demi-teinte : Un automne à River Falls de Alexis Aubenque...

par Jean-Michel LECOCQ, dimanche 2 septembre 2012, 11:16 · 

Je n'avais encore rien lu d'Alexis Aubenque qui possède pourtant une petite réputation dans l'univers français du polar, davantage que votre serviteur, en tous cas. Un auteur français qui situe son intrigue au coeur d'une petite ville américaine, pourquoi pas ? Un auteur français qui pastiche le polar américain et qui veut faire du Linwood Barclay, je n'ai rien contre. Mais alors, il me faut du fort, du lourd, du calibré. Et ce n'est malheureusement pas le cas. Certes, mon point de vue, totalement subjectif, n'est pas partagé par tous et particulièrement par les spécialistes du genre puisque "Un automne à River Falls" a été distingué par le prix Polar. Il n'empêche. Quand je lis ce genre de roman, je dois avouer que je ne fais aucun complexe avec les miens. Certes, je suis allé jusqu'au bout, je n'ai pas ressenti un ennui total à la lecture de cette histoire mais je suis resté sur ma faim. Je gardais encore à l'esprit les saveurs inoubliables d'un Marcus Malte ou d'un RJ Ellory et je suis tombé sur une prose banale, sans la force ou la puissance des auteurs précités, ni la profondeur trouble d'un Sebastian Fitzek ou encore la richesse bouillonnante d'une Fred Vargas. Une histoire de vengeance sur fond de meurtres en série dans une Amérique décadente et glauque aurait pu donner naissance à une oeuvre forte et passionnante. RJ Ellory, bien que n'étant pas américain, avait réussi ce pari avec brio. Au lieu de cela, l'intrigue est assez plate, certaines ficelles sont grosses, le décor est d'une crédibilité discutable et la prose véhicule un tas de clichés des plus convenus du style " La vengeance est un plat qui se mange froid mais il ne faut pas aller jusqu'au congelé " ( ou quelque chose d'approchant ). Aux trois-quarts du polar, on connaît les ressorts de l'intrigue et on se contente d'attendre un dénouement qui ne laisse que peu de suspense. Comme je n'aime pas avoir la dent dure, je n'irais pas jusqu'à dire que ce fut une déception mais, en tout cas, pas un vrai coup de coeur et, comme je m'étais également procuré Canyon Creek du même auteur, je vais faire l'effort de le lire pour, peut-être, corriger mon jugement. On verra.

Ce polar se lit mais - suis-je allergique à une forme du polar américain et à ses pastiches ? - il ne figurera pas dans mes coups de coeur du moment.

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3 juin 2012 7 03 /06 /juin /2012 20:21

La rivière noire, de Arnaldur Indridason

par Jean-Michel LECOCQ, dimanche 3 juin 2012, 20:14 · 

A l'occasion de cette lecture, je découvrais Indridason qui semble être, de l'avis général, le fer de lance de la littérature policière islandaise. Je dois avouer que je ressors de ce roman avec une impression plus que mitigée. A l'image de ce que j'ai ressenti chez Linwood Barclay et, dans une moindre mesure, chez Henning Mankell, je n'ai pas été séduit par le style, pauvre et stéréotypé. Après mes lectures récentes, j'ai ressenti une certaine déception. On ne retrouve pas la prose imagée d'un Marcus Malte ou encore la profondeur sémantique d'une Caroline Gutmann. On n'y retrouve pas non plus l'épaisseur des personnages de Unni Lindell. Certes, l'intrigue est relativement bien ficelée. On retrouve égorgé dans son appartement un homme qui de toute évidence y avait entraîné une jeune femme après lui avoir fait absorber du rohypnol, autrement appelé la drogue du viol. Il apparaît clairement que c'est la jeune femme, au départ victime du violeur, qui a égorgé son agresseur, en abandonnant sur place son châle fortement imprégné d'une odeur de cuisine indienne. Mais, l'enquêtrice de la police criminelle de Reykjavik, en charge de l'affaire, piétine tout au long d'une enquête qui finit par traîner en longueur, allant de suspect en suspect, de fausse piste en fausse piste, jusqu'au moment où, par un étonnant hasard ou une heureuse intuition, elle devine - et nous en même temps qu'elle - l'identité du vrai coupable. Comme il est de tradition dans la littérature policière nordique, cette policière trimbale avec elle des soucis familiaux qui, malheureusement, ne parviennent pas à donner à l'histoire l'épaisseur qu'on trouve dans les autres polars nordiques que j'ai pu lire récemment. Par moments, je me suis surpris à accélérer le cours de ma lecture pour terminer plus vite et enchaîner avec "Juste une ombre" de Karine Giebel que je venais d'acquérir et sur lequel je fonde beaucoup d'espoirs. "La rivière noire" se lit certes mais, de mon point de vue, ce n'est pas un grand polar.

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