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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 15:56

Le théâtre d'Ermoupoli

par Jean-Michel LECOCQ, jeudi 5 janvier 2012, 00:10 · 

Ce théatre situé sur l'île de Syros ( Cyclades ) est le décor d'un chapitre de mon deuxième roman "Le Christ jaune". En voici un extrait : " Le théâtre d'Ermoupoli était une curiosité que signalaient volontiers les guides touristiques. C'était la réplique parfaite de la Scala de Milan et cette caractéristique avait fait son succès puisque des concertistes accouraient du monde entier pour jouer dans cette salle où, l'espace d'un soir, ils avaient la sensation d'être sur l'Olympe de la musique. A partir du printemps et jusqu'aux premiers jours de l'automne, les festivals se succédaient, attirant de tous les coins de l'Europe une foule de mélomanes aisés que l'exotisme des lieux et le prestige des affiches fascinaient, leur faisant dépenser des fortunes. Du hall, on pouvait accéder, par deux escaliers en forme d'arcs de cercle, aux trois étages dotés de galeries qui desservaient des rangées de loges capitonnées de velours rouge et meublées de cabriolets Louis XV. Le plafond de la salle était décoré en son centre d'une coupole circulaire contenant dans des médaillons les portraits de grands musiciens et ceux de quelques philosophes grecs. L'homme avec lequel François avait rendez-vous lui avait demandé de l'attendre dans une loge. Le galeriste avait opté pour une loge du troisième étage d'où il avait une vue plongeante sur la salle. Sa formation d'architecte lui permettait d'apprécier la splendeur de ce lieu unique, la souplesse des lignes et l'harmonie des formes, autant d'éléments au service de la musique et du chant et qui participaient à leur génie. Ce lieu portait en lui-même l'âme des spectacles qu'on y donnait. Rien ici ne pouvait être commun. Une répétition venait de commencer pour le festival de printemps. Un pianiste et une violoniste étaient montés sur la scène et accordaient leurs instruments. Puis, ils commencèrent à tirer les premiers accents d'un concerto de Tchaïkowsky. Un homme, assis au premier rang, qui devait être le mentor du violoniste, les interrompait régulièrement pour prodiguer ses conseils à son protégé, illustrant son propos par le mime. "

Extrait du roman "Le Christ jaune ", pp. 101 et 102

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 13:19

L'inspiration : les lieux....

par Jean-Michel LECOCQ, mardi 31 janvier 2012, 13:13 · 

Il y a des lieux qui contiennent une puissance évocatrice plus forte que d'autres. Dans mes romans, je décris généralement des lieux dans lesquels je me suis rendu et qui m'ont marqué. Ce fut le cas d'Orta, près du lac du même nom, en Lombardie, dans la région du lac Majeur. Je suis arrivé dans cette ville, suspendue à flanc de colline, un soir de la fin octobre 2008. Il faisait nuit et la pluie tombait sans discontinuer. J'ai descendu les petites rues en pente qui conduisaient vers la lac. L'église était ouverte aux quatre vents et son portail béant donnait sur une place dont les pavés mouillés luisaient sous la lumière blafarde de quelques réverbères. De ce qui ressemblait davantage à l'antre du Diable qu'à une église, émanait quelque chose d'inquiétant que renvoyaient aussi les façades des palais vides, tout autour de la place. Seule la vitrine d'une petite pharmacie encore ouverte à cette heure tardive maintenait un semblant de vie dans ce paysage lugubre. Je me suis dit que c'était là qu'André Lafontaine, le policier canadien, trouverait l'une des clefs du secret des Toscans, mon premier roman. J'ai essayé de restituer dans un chapitre l'atmosphère oppressante de cet endroit si singulier qui avait frappé mon imagination. Ce sera également le cas de l'île de Mull où se déroulera un chapitre de mon cinquième roman, en cours de finition. Sur cette île du nord de l' Ecosse, battue par la pluie et par les vents, surmontée par sa forteresse dont le seul nom " Blackness " est évocateur, se dénouera une partie de l'intrigue qui aura commencé, cinq ans plus tôt, par une série de meurtres commis dans les Cévennes. C'est aussi une sensation puissante au plan esthétique qui m'a conduit à faire du théâtre d'Ermoupoli, sur l'île grecque de Syros, le cadre d'un épisode du Christ jaune. J'y intègre, de façon fidèle, une scène que j'ai vécue au cours de l'été 2009, dans ce théâtre qui est la réplique presque parfaite de la Scala de Milan. En découvrant ce lieu magique où un violoniste et une pianiste répétaient un concerto de Tchaïkovsky, j'ai su que c'était le lieu idéal pour la rencontre à l'occasion de laquelle François Lemel confie au tranporteur véreux la toile dérobée la veille au musée de la ville. En fait, les lieux sont des acteurs à part entière de la narration dont la puissance d'évocation est aussi importante pour le récit que la caractérisation des personnages.

Paysage de l'île de Mull, dans les Hébrides.

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