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4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 09:40

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Ce soir-là, vingt-quatre moines attendaient patiemment la venue de leur supérieur. Ils s'étaient répartis en arc-de-cercle devant l'autel et échangeaient quelques mots, comme le leur permettait la règle avant que, l'heure des complies passée, le silence le plus total ne s'imposât à eux. Le bourdon de l'abbatiale avait  sonné les sept coups qui marquaient le début de l'office mais l'abbé n'était toujours pas là. Sa ponctualité était pourtant légendaire et chacun commença à s'étonner de ne pas le voir. Au terme d'une vingtaine de minutes d'attente, frère Guy, qui le secondait, prit l'initiative de partir à sa rencontre. Il connaissait par coeur le chemin parcouru quotidiennement par le prieur. Il grimpa quatre à quatre les marches de l'escalier de la tour et s'engagea dans le long couloir qui menait aux appartements du supérieur. L'abbaye était totalement vidée de ses occupants, réunis dans la chapelle, et le silence était tout juste troublé par la résonance de ses sandales sur le dallage. Parvenu devant la porte du logis de frère Guillaume, il frappa. Aucune réponse ne lui parvint de l'intérieur. La porte était entrouverte. Frère Guy la poussa pour découvrir un spectacle qui lui arracha un hurlement. Frère Guillaume gisait à même le sol, recroquevillé comme une pauvre chose. Il avait été égorgé et son corp24-copie-1.jpgs baignait dans une flaque de sang qui s'étendait lentement en direction de la porte.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 15:32

Un extrait de mon deuxième polar : le Christ jaune...

par Jean-Michel LECOCQ, jeudi 31 mai 2012, 15:30 · 

Même si j'ai toujours un penchant marqué pour mon premier polar " Le secret des Toscans " et si je m'attelle actuellement à faire la promotion du troisième " 24 ", je n'oublie pas mon deuxième roman " Le Christ jaune " que j'ai eu beaucoup de plaisir à écrire. C'est un peu comme dans une famille où il y aurait une fratrie de trois enfants. Généralement, l'aîné s'est constitué une place privilégiée, s'est doté d'une autorité, est confirmé dans un statut dominant tandis que le benjamin bénéfie de toutes les attentions et de toutes les cajoleries. Entre les deux, le pauvre cadet a du mal à exister, coincé qu'il est entre le grand et le petit. C'est un peu le sort du "Christ jaune " dont j'ai décidé de m'occuper un peu, en vous en livrant un extrait. La scène se passe au musée d'art moderne de New York.

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" Le bureau du conservateur situé à l'étage occupait un angle de la bâtisse. Sullivan y précéda l'inconnu après avoir ouvert la lourde porte capitonnée qui garantissait une discrétion et un calme absolus à ce lieu où se jouaient régulièrement des transactions nécessitant le plus grand secret. Un simple clic sur la télécommande fit jaillir de tous les angles de l'immense pièce une lumière violente et crue. Une moquette somptueuse recouvrait le sol. Sullivan invita son visiteur à se défaire de son imperméable dégoulinant. Sa maniaquerie était devenue légendaire et rares étaient ceux qui avaient l'occasion de fouler ce saint des saints sans montrer patte blanche. Le conservateur avait toujours peine à croire qu'un Bonnard totalement inconnu ait pu se promener dans la nature sans qu'aucun des spécialistes dont il était en eût été informé. Le déranger à une heure aussi tardive et par un temps aussi épouvantable pour requérir son expertise lui paraissait plus qu'incongru. Mais il avait traversé tant d'évènements surprenants dans son existence qu'il ne pouvait passer à côté d'une telle possibilité d'autant plus que son interlocuteur faisait partie de ces hommes qui n'avançaient rien à la légère.

Sullivan s'approcha du mini-bar qui occupait un angle de la pièce pour proposer à son visiteur un verre de Bourbon, guidé moins par un souci de courtoisie que par le besoin qu'il avait de réchauffer sa vieille carcasse transie. Le coup qu'il reçut à la base du crâne fut d'une violence terrible. Le premier verre qu'il avait commencé à remplir lui échappa des mains et son contenu ambré se répandit sur la jolie moquette dont le conservateur n'aurait plus jamais besoin de prendre soin."

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 15:53

Extrait du "Secret des Toscans", mon premier polar...

par Jean-Michel LECOCQ, mardi 29 mai 2012, 15:52 · 

La curiosité d'Emma fut piquée au vif par ce qui ressemblait à la promesse d'une annonce sensationnelle.Elle mit le gyrophare et la sirène pour arriver plus vite. Clerc l'attendait, visiblement ému.

- Que se passe-t-il ? demanda Emma. Tu as fait une trouvaille ?

- Assieds-toi et cramponne-toi bien ma vieille !

Emma était prête à tout entendre, mais vite.

- Abrège ! glapit-elle, et va au but !

- Nous avons relevé plusieurs traces d'ADN. Celles de la victime, deux autres qui doivent appartenir à des fréquentations que nous devrons vérifier mais c'est la quatrième qui pose problème.

- Quel problème ?

- Eh bien, tu sais qu'au-delà de notre fichier d'ADN, il existe un lien avec des fichiers auxquels nous collaborons ponctuellement au titre d'experts.

- De quels fichiers veux-tu parler ? s'enquit Emma qui commençait à s'impatienter.

- Par exemple, du fichier du département d'anthropologie archéologique de l'université de Paris VIII. Il m'est arrivé d'aider les chercheurs à dater des traces d'ADN retrouvées sur des squelettes ou sur certains objets exhumés lors de fouilles.

- Oui, et alors ?

- Eh bien, la quatrième trace d'ADN que nous avons relevée dans la chambre de ton étudiant appartient à un homme mort à la fin du XIIIe siècle.

- Tu te fous de moi ? s'écria Emma qui sentait la chair de poule gagner son échine. Comment cela est-il possible ? Vous avez dû faire une erreur.

- Non, ma grande, aucun doute possible et je peux même te dire où est mort le propriétaire de cet ADN.

 

 

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 08:22

Malgré la discrétion avec laquelle avait été traité ce crime et en dépit du culte du secret dans lequel l'évêché était passé maître, la nouvelle de l'assassinat de frère Guillaume avait fait le tour de Paris comme une traînée de poudre. Vincenzo l'avait appris de la bouche de Catherine de Médicis qui l'avait fait venir au Palais la veille.

- Mon petit Vincenzo, ce crime est pour le moins étrange. Tu es bien placé pour savoir que ce frère Guillaume était lié à nos deux victimes du Grand-Châtelet. Quiconque dispose d'une aune de bon sens ne peut penser qu'il a été tué par l'un de ses frères. Un étranger s'est introduit dans l'abbaye pour l'éliminer. Sans doute pour l'empêcher de parler. Tout cela est en rapport avec notre affaire. La police, qu'elle soit diocésaine ou prévôtale, ne me paraît pas en mesure de faire la lumière sur ce meurtre. Le diocèse va tenter d'étouffer l'affaire. Par contre, je te conseille de te rendre à la bibliothèque de l'évêché dont le bibliothécaire était lié d'une grande amitié avec le supérieur de Saint-Germain. Ne me demande pas comment je le sais ! Je le sais, voilà tout !

- Et qu'attendez-vous de moi ?

- La belle question ! Tu le sais aussi bien que moi ! Fouille, farfouille et fouine encore ! Jusqu'à ce que tu 24.jpgtrouves des renseignements qui te mettront sur le chemin de la vérité. Que diable ! Nous allons bien finir par tirer tout cela au clair ! Sois discret, voilà tout !

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 13:45

parisfin16b--2-.jpgEn guise de "mise en bouche", voici deux passages d'un chapitre situé au milieu du livre. Nous sommes le samedi 23 août 1572. Au début du chapitre, il est 8 heures 30, le soir....

 

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   Ce fut l'égorgeur qui, le premier, repéra le musicien, rue Saint-Hilaire. Ce gaillard, haut de près de six pieds, répondait en réalité au nom de Simon Maltourné, un patronyme qu'il devait sans aucun doute à un ancêtre infirme dont il avait hérité une méchante difformité, juste derrière l'omoplate droite. Sa façon de faire passer ses victimes à trépas lui avait valu ce surnom qui inspirait la crainte et suffisait à forcer le respect de tous ceux qui le connaissaient. Il s'était mis à l'abri derrière un contrefort de l'hôpital de Cambrai où l'ombre le masquait à la vue de tous. Après une vingtaine de minutes d'attente, il entendit monter le bruit des souliers de celui qu'il attendait. Ses semelles cloutées claquaient sur les pavés. L'homme, malgré son âge, avançait à pas rapides, en jetant autour de lui des regards furtifs et inquiets, sachant la nuit propice à tous les mauvais coups et craignant qu'un mauvais garçon ne fût caché dans l'ombre d'une porte cochère. Maltourné lui sauta dessus à l'angle de la rue de la Charretière, lui serrant la gorge de son bras puissant et posant sa lame dans les reins du vieil homme secoué de tremblements.

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.....Puis, entraînant sa bande dans son sillage, il reprit le chemin du quartier Saint-Merri. En se retournant, une centaine de coudées plus loin, il chercha à apercevoir la silhouette noire, encapuchonnée, qu'il avait vue sortir de l'ombre à plusieurs reprises, lors de leurs précédentes expéditions, comme l'apparition du Diable en personne. Il avait beau n'avoir peur de rien, ni de personne, cette vision-là lui avait fait, à chaque fois, courir un frisson sur tout le corps. Il conservait, gravée dans son oreille, la voix grave et sépulcrale qui lui passait commande au travers de la grille du confessionnal. Cette voix-là n'était pas humaine. Il savait que c'était celle du criminel le plus recherché de Paris, celui qui, désormais, portait un sobriquet digne de la Cour des miracles : le Scarificateur. Il eut beau se retourner une dizaine de fois jusqu'au débouché de la rue des Thermes,il ne vit personne. Décidément, c'était une mauvaise soirée. Rien ne se déroulait comme prévu. Ce n'était pas un bon présage. Les cloches de Saint-Benoît se mirent à sonner. Il était onze heures. La chaleur du jour était à peine retombée. Le silence de la nuit s'était rompu. Une curieuse rumeur commençait à monter de toutes parts, sourde d'abord, puis prenant de plus en plus vite l'allure d'une émeute en marche. La Grenouille se dit qu'il n'aimait pas ça et fit hâter le pas à ses hommes."

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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 08:40

Dans mon article du 19 mars, sous l'intitulé " Ecriture et inspiration ", j'évoquais l'influence déterminante de Georges Pérec dans la construction de mon premier roman " Le secret des Toscans ". En cette année où l'on commémore le trentième anniversaire de sa mort ( J'allais écrire  "de sa disparition", mais ce grand écrivain ne disparaîtra jamais tant son immense talent est gravé dans nos mémoires ), il convient de lui rendre l'hommage qu'il mérite. A mes yeux, la meilleure justice que l'on puisse lui rendre consiste à rappeler le rôle qu'il a joué dans l'initiation d'une nouvelle forme de construction romanesque dont il aura été un précurseur et qu'aujourd'hui reprennent à leur compte, avec plus ou moins de bonheur, bon nombre de romanciers et tout particulièrement des auteurs de romans policiers. La technique du puzzle qu'il a mise à l'honneur et qui nourrit le préambule de son ultime chef-d'oeuvre "La vie, mode d'emploi " est la fille en ligne directe de la Gestalt ou, si l'on préfère, de la théorie de la forme, née au début du XXe siècle et dont le principe de base peut se résumer ainsi : l'objet visé, qu'il s'agisse d'un simple objet de la vie quotidienne, d'un paysage, d'une oeuvre d'art, d'un système physiologique ou encore d'un apprentissage n'est pas une somme d'éléments qu'il faudrait d'abord isoler, analyser mais un ensemble, une forme, une structure. Cette règle s'applique également au roman et notamment au roman policier. Le romancier, et plus particulièrement, l'auteur de polars, doit faire sienne cette règle qui veut que le tout ne se résume pas à la somme de ses parties, que le roman n'existe qu'en tant que tout constitué. Construire un roman, c'est d'abord concevoir un ensemble dont le sens détermine ensuite l'organisation de ses parties et les relations que celles-ci entretiennent entre elles, comme c'est le cas pour les pièces d'un puzzle. Je ne veux pas parler de ceux que l'on trouve communément dans le commerce, de ceux qui sont standardisés, dont la découpe obéit à un schéma prédessiné mais des vrais, ceux dont la découpe n'est pas aléatoire et répond à de savants calculs destinés à complexifier la tâche du faiseur de puzzle, à faire de chaque pièce un défi opaque, une source d'erreur, d'incertitude. Le lecteur, à l'image du faiseur de puzzle n'aura d'autre recours que d'échafauder des hypothèses, de chercher à concevoir l'ensemble, à imaginer l'histoire dans son entier, pour pouvoir relier entre eux les éléments du récit et leur donner un sens. N'est-ce pas ainsi que, bien avant que l'auteur ne délivre le dernier indice permettant d'identifier le coupable, bon nombre de lecteurs ont déjà une idée sur son identité. Cela ne signifie pas, comme le dit Blanchot, dans son ouvrage "L'espace littéraire", que le lecteur évince le romancier, qu'il réécrive le livre, mais il fait en sorte que le livre soit écrit, qu'il devienne "oeuvre". Il appartient au talent de l'auteur de s'arranger pour que cet instant ne survienne pas trop tôt pour ne pas gâcher le plaisir du lecteur, tout en lui laissant le sentiment qu'il a, non seulement participé à la résolution de l'énigme, mais, d'une certaine façon, reconstruit l'intrigue. En même temps, chaque élément, chaque information distillés par l'auteur constitueront autant d'indices qui aideront le lecteur à imaginer l'ensemble dans lequel ils s'inscrivent, à le peaufiner, à le remettre en cause pour le rebâtir et le rebâtir sans cesse à la lumière de nouveaux indices. C'est dans cette dialectique subtile entre le lecteur et le travail de l'auteur, au travers de la résolution des pièges que celui-ci aura semé sur les pas de celui-là, que naîtra et se nourrira le plaisir de lire. Comme le disait Alain Robbe-Grillet, le roman doit forcer l'imagination du lecteur, l'obliger à une lecture active, ce à quoi font écho les propos de Maurice Blanchot : "Qu'est-ce qu'un livre qu'on ne lit pas ?...Quelque chose qui n'est pas encore écrit."

Dans l'écriture et surtout la conception de mon sixième roman en cours d'élaboration, je vis plus que jamais ce qui précède. Je suis à proprement parler dans la configuration du fabricant de puzzles qui doit d'abord concevoir l'ensemble avant de découper et de distribuer les parties. Doser les informations, les répartir dans le récit, les distiller savamment pour aider le lecteur à reconstruire l'histoire sans lui accorder trop de facilité et, surtout, sans prendre le risque de casser son plaisir en devinant, trop longtemps avant la pose de la dernière pièce, le sujet qui se cache derrière l'énigme ( Il n'est pas étonnant qu'en anglais, le mot puzzle signifie " énigme" ). C'est le rôle, comme l'a si bien théorisé Tomatchewsky, cité par Todorov dans sa "Théorie de la Littérature"  des concepts de fable et de sujet : On appelle fable le déroulement chronologique de l'histoire qui suit le cours naturel des évènements, indépendamment de la façon dont ils sont introduits dans l'oeuvre. A l'opposé, le sujet désigne l'ordre d'apparition des évènements dans l'oeuvre et la suite des informations qui nous les désignent. C'est de l'équilibre savant entre fable et sujet que dépendent l'intérêt d'une intrigue et son suspense. Il faut savoir doser cet équilibre, ce que je n'ai pas réussi parfaitement dans "Le secret des Toscans" et que m'ont reproché quelques lecteurs qui ont eu du mal à entrer dans la fable en raison de la trop grande dispersion du sujet. Il convient d'être très rigoureux sur le dosage et sur la réalisation de cet équilibre. C'est ce à quoi je m'emploie pour mon sixième manuscrit, en noircissant, pour le moment, de croquis et de schémas en tous genres des feuilles de papier. On y trouve une diversité de bulles reliées par des lignes qui, pour l'heure se croisent et s'entrecroisent en se cherchant un sens. J'approche du point d'équilibre à partir duquel je pourrai entreprendre ou, plus exactement, poursuivre le travail d'écriture proprement dit.

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7 mai 2012 1 07 /05 /mai /2012 11:33

Radio Massabielle, basée à Point-à-Pitre, en Guadeloupe, a consacré une chronique à mon polar 24, dans sa rubrique Le livre du jour. Un commentaire a été posté sur son blog dont l'adresse figure ci-dessous. J'ignore comment cette radio a découvert le livre mais ce genre de référencement témoigne de son audience. Il a fallu repérer le livre, le lire et surtout l'apprécier suffisamment pour lui consacrer une chronique. A suivre...

 

http://www.bloghotel.org/alecoutedeslivres/380143/

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 16:08

http://www.lunion.presse.fr/article/culture-et-loisirs/nouvelle-enquete-de-linspecteur-lecocq

 

Meurtres en série chez les musiciens

Publié le samedi 21 avril 2012 à 11H00 - Vu 17 fois



 

Même époque, même ambiance mystérieuse : avec son nouveau thriller 24 qui vient de paraître chez L'Harmattan, Jean-Michel Lecocq renoue avec le XVIe siècle de Catherine de Médicis, où se déroulait déjà son premier roman, Le secret des Toscans.
Sauf que cette fois l'intrigue ne se déroule pas dans l'ancienne Principauté de Sedan, mais à Paris. Et que les meurtres frappent des moines membres de l'académie de musique et de danse du roi. Le soupçon plane sur les Calvinistes, objets de toutes les haines. Mais
Catherine de Médicis qui n'est pas convaincue de cette thèse, demande à son jeune filleul Vincenzo Tramoni de démasquer le ou les coupables de ces ignominies.
L'enquête retorse et ténébreuse à souhait, plonge le lecteur au cœur de la société du XVIe siècle, bouleversée par les idées réformistes et qui finit par sombrer dans la folie meurtrière.
Entre la peinture vivante et chatoyante de l'époque, et le fil d'une intrigue où se multiplient les fausses pistes, les pièges et les rebondissements, Jean-Michel Lecocq tient en haleine le lecteur.
Quelque part entre Alexandre Dumas et Fred Vargas, l'ancien inspecteur de l'Education nationale de Sedan, réussit à séduire autant les curieux d'histoire que les amateurs de polars. Et ce jusqu'aux dernières lignes de cette partition ciselée, lorsque le visage du tueur apparaît là où on ne l'attendait pas.

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 09:42

Coin de voile : un extrait de "24"...

par Jean-Michel LECOCQ, samedi 17 mars 2012, 14:07 · 

Paris, le mardi 24 mai 1572, 11 heures, le soir

Masson Delforti exerçait la charge d' écrivain. Il tenait boutique dans la rue de Bièvre, juste en face du collège de Chanac, et tirait l'essentiel de ses revenus de la rédaction de courriers divers et autres actes sous seing privé, que lui commandaient une clientèle analphabète mais aussi certains lettrés, soucieux de la conformité légale de leur correspondance. Comme l'exigeaient les statuts de sa corporation, il maîtrisait également l'art du calcul auquel il recourait pour le compte de riches marchands ou de familles aisées. Dans la journée, quand il ne maniait pas la plume au fond de son échoppe, il lui arrivait de se déplacer dans Paris, muni de son abaque et de sa collection de jetons, pour se rendre chez quelque client désireux d'établir l'inventaire de ses biens. Le soir venu, quatre fois par semaine, il revêtait sa tenue grenat, plaçait son mousquet en bandoulière et se coiffait du tricorne réglementaire, pour aller assurer sa mission de chef de la milice bourgeoise de son quartier. A peine le bourdon de Notre-Dame avait-il sonné le dernier coup que Masson et son escouade entamaient leur ronde selon un itinéraire immuable, qui les amenait à parcourir le sud de Paris, de la Grand rue Saint-Jacques à l'abbaye Saint-Victor et des rives de la Seine à la porte Sainte-Geneviève.

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Cette nuit-là, un autre évènement allait marquer la ronde. Ils venaient de franchir le carrefour des rues Saint-Séverin et du Petit-Pont lorsque des appels au secours se firent entendre, très vite suivis d'un hurlement à fendre l'âme. Une voix d'homme, d'abord, appelant à l'aide, puis quelque chose qui s'apparentait au cri d'une bête qu'on égorge. Ensuite, plus rien. L'escouade avait stoppé net sa progression. Masson s'était retourné et, du doigt, montrait Saint-Séverin dont la masse sombre ne laissait échapper aucune lumière. Il était certain que les cris venaient de l'intérieur de l'édifice. Aucun doute n'était possible. Il fallait y pénétrer et comprendre ce qui s'y passait. La milice disposait d'un trousseau de clefs lui permettant d'entrer dans toutes les églises de son quartier. Masson le gardait solidement fixé à sa ceinture. Quinze clefs qu'il connaissait une à une, qu'il était capable d'identifier rien qu'au toucher tant il les avait manipulées depuis dix ans qu'il dirigeait sa milice. Un véritable arsenal de serrurier ou de voleur, c'était selon. Le temps de courir jusqu'au porche, de tourner l'énorme clef dans la serrure et d'entendre le bruit familier de la ferrure et la porte s'était ouverte, poussée par Masson qui précéda ses hommes dans la noirceur de la nef.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 12:48

Présentation de "24"

par Jean-Michel LECOCQ, vendredi 23 mars 2012, 12:47 · 

Eté 1572. Depuis bientôt un an, le 24 de chaque mois, le cadavre d'un homme est retrouvé dans une église de Paris. Onze sont déjà tombés sous les coups d'un mystérieux tueur en série. Tous sont musiciens et appartiennent à l'académie de musique et de danse créée par le roi. A l'exception d'une seule, les victimes portent toutes, gravé au creux de la main droite, un étrange symbole. La rivalité qui oppose la police de la prévôté à celle du diocèse porte préjudice à une enquête qui piétine. Les affrontements religieux font peser sur le royaume une menace de guerre civile. Ces meurtres exacerbent les tensions. Les rumeurs vont bon train. Quand certains accusent la Cour des miracles, d'autres mettent en cause les Réformés, d'autres encore les Catholiques ultras. L'impatience du pouvoir royal est à son comble. Catherine de Médicis, qui ne croit en aucune de ces rumeurs et qui pense que la solution est à trouver dans le milieu de la musique, fait venir de Florence son filleul Vincenzo, un jeune musicien talentueux, pour qu'il mène une enquête discrète. Le Florentin parviendra-t-il à surmonter tous les obstacles placés devant lui et à démasquer celui que, désormais, tout Paris surnomme le Scarificateur ?

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