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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 16:04

L'histoire, en deux mots : un policier suisse retourne dans une petite île proche de la Suède pour y retrouver ses racines autour desquelles semble planer un mystère.

Mon avis : Une fois plongé dans ce roman qui tient autant du thriller que du polar, j’ai ressenti une sensation étrange de dépaysement, semblable à celle que me procurent les polars nordiques, qu’ils soient islandais, norvégiens ou suédois. C’est la première réussite de cet ouvrage dont l’auteur est Suisse mais qu’on croirait écrit par un Suédois tant le récit dégage une impression d’authenticité. Car, à l’exception de quelques parenthèses en Suisse, à Paris ou à Stockholm, l’intrigue a pour cadre l’île de Gotland au large de la Suède. Bien que le récit se situe à notre époque en opérant des va-et-vient entre 1979 et 2016, on se trouve plongé d’entrée de jeu dans une culture vieille de plusieurs siècles, héritée des Vickings.

La deuxième réussite réside dans la capacité de Marc Voltenauer à restituer des mythes, des croyances et des rituels anciens hérités du paganisme vicking et à les intégrer de façon crédible à une intrigue contemporaine.

La troisième réussite de l’auteur est de tenir le lecteur en haleine tout au long du roman. Au début, il faut s’accrocher car, au fil de chapitres courts, on passe d’une époque à une autre, on change de personnages ; il faut lire d’une traite les cinquante premières pages pour que le cadre général de l’histoire se mette clairement en place. Ensuite, on se trouve happé par un récit rythmé et passionnant servi par une belle écriture et des personnages très attachants. Thriller, polar, roman d’action, ces trois genres sont ici réunis pour le plus grand plaisir du lecteur.

La quatrième réussite réside dans le talent de l’auteur à brouiller les cartes tout au long de son récit pour ménager jusqu’au dénouement un suspense prenant.

Un autre mérite de Marc Voltenauer, c’est d’avoir considérablement travaillé son sujet avant de passer à l’écriture. C’est un roman magnifiquement documenté et, au-delà de l’intérêt du récit qui se laisse dévorer avec gourmandise, on découvre avec intérêt, au cœur de l’Europe, une étonnante société insulaire avec son histoire et ses codes propres.

A mes yeux, un critère essentiel de qualité d’un roman réside dans le fait que le lecteur n’a pas envie de lâcher le livre et que, s’il vient à le reposer pour répondre aux contingences de la vie quotidienne, il n’a qu’une hâte, c’est de s’y replonger. C’est l’expérience que j’ai vécue avec ce roman. Chapeau à l’auteur !

J’avais beaucoup aimé « Le dragon du Muvéran », son premier roman. Ce dernier opus confirme le grand talent de Marc Voltenauer, un auteur à découvrir d’urgence.

L’aigle de sang, de Marc Voltenauer, éditions Slatkine et Cie, mars 2019, 508 pages, 22, 90 €.

 

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12 mars 2019 2 12 /03 /mars /2019 09:42

En ce début de 2019, les éditions Lajouanie propose un catalogue fourni et particulièrement alléchant. Sous la double appellation "Des romans policiers mais pas que" et "Des romans pas policiers mais presque", on peut trouver une palette de romans tous marqués du sceau du suspense et d'une écriture de qualité. Ce catalogue regroupe des auteurs déjà publiés par cette maison et qui reviennent avec un nouvel ouvrage mais aussi de nouveaux talents qui l'intègrent, détectés par un éditeur exigeant qui sait tirer ses pensionnaires vers l'excellence. Je connais bien des auteurs désireux de publier dans cette belle maison qui s'est taillé une belle place dans l'univers de la littérature policière. Il faut ajouter à cela des couvertures remarquables et remarquées, nées de la main d'une illustratrice au talent unanimement reconnu dans l'univers du polar. Une année 2019 prometteuse qui devrait voir se poursuivre l'ascension de cette belle maison à laquelle je suis heureux de participer.

 

2019 sera une belle année pour les polars...
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19 février 2019 2 19 /02 /février /2019 06:08

Gabriel Lavilla est commandant à la police judicaire de Nice. Un jour, il hérite d’un dossier de disparition. Un gros industriel de la région, ami du maire et soupçonné de malversations dans ses affaires. Il se trouve que l’épouse de cette personnalité est aussi une ancienne petite amie du commandant Lavilla. Celui-ci va enquêter en se laissant envahir par ses souvenirs de jeunesse, ce qui n’est pas forcément du goût de son plus proche collaborateur qui y voit une forme de compromission avec un témoin important.

Dans un style dépouillé et très agréable à lire, Michel Tourscher nous entraîne dans une enquête virevoltante et passionnante dans la ville de Nice et ses environs. Le suspense est bien présent tout au long de cette histoire et qui tient le lecteur en haleine. J’ai passé un excellent moment de lecture. Le personnage de Lavilla est bien campé et attachant. L’intrigue est bien construite et le dénouement inattendu.

Une disparition, de Michel Tourscher, éditions du Toucan, juin 2018, 334 pages, 13.90 €.

 

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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 16:54

23 jours depuis sa sortie officielle et voici que Le squelette de Rimbaud, mon tout dernier opus, prend son envol. Dans les meilleures ventes en "nouveautés polars" à la Fnac, il commence à se vendre aussi en librairie d'après les quelques échos que j'ai recueillis. Quel est donc le propos de ce polar ? Voici un court extrait qui se situe au début du roman : 

" Je ne me moque pas. J'envisage sérieusement de réclamer une exhumation  du squelette de Rimbaud… Cette idée plaît beaucoup à monsieur le maire".

Quelle mouche a donc piqué le maire-adjoint de Charleville-Mézières chargé de la culture ? Pourquoi veut-il exhumer la dépouille du poète et, surtout, s'il y parvient, que va-t-on trouver dans le cercueil ?

Tel est le point de départ de cette fantaisie policière qui se veut jubilatoire et irrévérencieuse mais aussi pleine de suspense. Une découverte qui va semer le trouble dans les Ardennes et, au-delà, dans le cercle fermé des rimbaldiens, chez les autorités mais aussi dans le landernau vouzinois et, en particulier, dans le petit village de Roche d'où est originaire la famille maternelle de Rimbaud. 

L'affaire est confiée à un juge d'instruction en fin de carrière, qui n'aime ni les Ardennes où il a été nommé contre son gré, ni Rimbaud auquel il préfère Baudelaire. Mais, ce magistrat a beaucoup d'humour et le sens de la provocation. Secondé par un policier de la PJ de Reims avec lequel va se nouer une complicité, il réussira à accentuer le désordre qu'a créé la disparition du squelette de Rimbaud.

Qu'est donc devenue la dépouille du grand poète, plus d'un siècle après sa mort entourée de mystère et source

de légendes ?

C'est ce que vous découvrirez en lisant Le squelette de Rimbaud que l'on peut trouver dans toutes les bonnes librairies et sur les sites marchands.

 

 

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10 janvier 2019 4 10 /01 /janvier /2019 13:30

Même si l’on sait ce qu’il arrivera à la fin au personnage principal, ce nouvel opus de Charles Bottarelli est passionnant et révèle une nouvelle fois les talents d’écrivain et de chroniqueur judiciaire de celui qui s’est illustré dans la relation des grandes affaires criminelles du Var et des Bouches-du-Rhône. De son écriture élégante, dans un style narratif des plus vivants et des plus efficaces, Charles Bottarelli nous compte la vie d’un escroc doublé d’un assassin qui a sévi dans le Marseille de l’entre-deux guerres. C’est un véritable polar qu’il nous offre là, avec des acteurs hauts en couleur et une suite de péripéties incroyables mais vraies. Il nous conte une histoire qui dépasse l’entendement, celle d’une triplette composée de Georges Sarret, un avocat véreux qu’assassiner n’effraie pas, et de deux sœurs qui sont devenues ses maîtresses en même temps que ses complices. Vous ne vous ennuierez pas une seule seconde en lisant cette histoire rocambolesque qui, bien sûr, s’achève sur un dénouement des plus moraux.

Un assassin si distingué, de Charles Bottarelli, Editions Phénix d’Azur, octobre 2018, 285 pages, 18  €.

 

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19 décembre 2018 3 19 /12 /décembre /2018 18:56

Une intrigue savamment construite, des personnages bien campés et attachants, un suspense bien entretenu et de l’action à revendre, voilà les ingrédients qui font de ce polar une belle réussite. Avec cela, le dénouement est assez inattendu. Par ailleurs, on sent que Pierre Pouchairet connaît bien son sujet, ce qui donne une grande crédibilité au récit. Pour toutes ces raisons, j’ai beaucoup aimé ce roman que je recommande à tous les amateurs de bons polars.

La cage de l’albatros, de Pierre Pouchairet, éditions du Palémon, novembre 2018, 329 pages, 10 €.

 

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27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 14:16

Pour un coup d’essai, c’est un coup de maître. Servi par une écriture sobre mais efficace et une construction faite de chapitres courts et alternés qui donne du rythme au récit, « Quatre morts et un papillon » est un roman noir à quatre voix qui m’a tenu en haleine du début à la fin. Une belle histoire, celle de quatre femmes, quatre destins ballotés par les à-coups de la vie, quatre existences qui vont s’entrecroiser jusqu’à se mêler pour le meilleur et pour le pire, quatre récits qui, progressivement, s’imbriquent les uns dans les autres pour n’en former plus qu’un, des personnages pleins d’humanité et attachants, une intrigue rythmée empreinte d’une grande sensibilité et un style élégant, voilà les ingrédients qui vous feront aimer ce roman qui m’a enthousiasmé au point d’être un de mes plus gros coups de cœur de ces derniers mois.

Quatre morts et un papillon, de Valérie Allam, éditions du Caïman, 2018, 221 pages, 13 €.

 

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18 septembre 2018 2 18 /09 /septembre /2018 10:09

Ecrire un roman à quatre mains est un exercice difficile. En l'occurrence, avec Mitragyna, cet exercice est magistralement réussi par Sandrine Zorn et Alain Siméon qui nous livrent là une intrigue passionnante. Les vacances parisiennes de Camille, une biologiste de haut niveau, sont interrompues et gâchées par l'agression qu'elle subit au musée d'Orsay, accompagnée du vol de son sac. Pire, peu de temps après, on retrouve son sac entre les mains du cadavre d'un SDF. Quel rapport y a-t-il entre cet homme assassiné et la jeune scientifique ? Ce drame va faire remonter à la surface un passé qu'elle avait tenté d'oublier et qui est lié à ses anciennes activités de chercheuse. Pour échapper à la police qui va inévitablement retrouver sa trace et pour avoir les mains libres pour éclaircir ce mystère, Camille va devoir partir pour le Sénégal où elle pense trouver la réponse. Action, rebondissements, suspense, voilà les ingrédients de ce polar magnifiquement documenté, savamment construit et particulièrement haletant, donc parfaitement réussi,

que je vous recommande chaudement tant j'ai pris plaisir à le lire. 

Mitragyna, de Sandrine Zorn et Alain Siméon, éditions Lajouanie, août 2018, 352 pages, 19 euros.

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 10:35

« Un suspense à la Chabrol », ai-je lu quelque part. Et, ma lecture achevée, je dois convenir que ce jugement est parfaitement fondé. Sur le plan de l’atmosphère, c’est tout-à-fait ça. On s’attache immédiatement à cet homme simple, banal, mais que la vie n’a pas épargné et qui est embarqué dans une croisade qui doit solder toutes ses amertumes et toutes les meurtrissures que le destin lui a infligées. L’intérêt de ce récit réside principalement  dans sa construction qui fait alterner plusieurs parcours parallèles mais qui finissent quand-même par se croiser : celui du héros, celui du policier qui est sur ses traces et celui des victimes. L’écriture et simple mais soignée et, alliée à un suspense bien entretenu, elle contribue à rendre ce récit attrayant. Le dénouement est moral et m’a parfaitement convenu. J’ai dévoré ce polar auquel je n’avais de cesse de revenir chaque fois que les contingences extérieures interrompaient ma lecture. Je conseille vivement ce roman à celles et ceux qui aiment les polars au sens classique du terme d’où sont exclus le gore, le trash et une certaine forme de complaisance avec la violence mais dans lesquels le suspense est prenant.

La lézarde du hibou, de Denis Julin, éditions Pavillon noir, 2018, 287 pages, 14 €.

 

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19 juin 2018 2 19 /06 /juin /2018 09:21

Après Le miroir aux fruits de la passion, c’est le second polar de Richard Louis que je lis et j’ai puisé dans cette lecture un plaisir renouvelé. Avec, en arrière-plan, sa passion pour la gastronomie qu’il fait partager à ses personnages, Richard Louis plonge le lecteur dans une intrigue passionnante, savamment construite autour d’un va-et-vient entre deux époques : la nôtre et la période révolutionnaire. Un candidat à la mairie d’Avignon a pour ambition de redonner à cette cité et aux terres qui l’entourent leur indépendance prétendument actée voilà très longtemps dans un mystérieux document que convoitent, avec des objectifs différents plusieurs personnes. Pour certains et notamment pour le candidat à la mairie, se cachent derrière cette quête des desseins troubles et donc inavouables qui vont justifier menaces, pressions et meurtres. Michel-Arthur Chevalier, cuisinier et policier, personnage emblématique et récurrent de la trilogie publiée aux éditions La Liseuse, va se mobiliser et rameuter ses relations pour tirer au clair le meurtre d’un historien dont on aura deviné qu’il était à la recherche du document tant convoité. Pas de temps morts dans cette enquête où les moments d’amitié et de convivialité alternent sur un bon rythme avec les temps d’action, au fil d’un suspense bien distillé. L’écriture est agréable et la partie historique du roman est fort intéressante. Voilà une nouvelle réussite de cet auteur talentueux que je vous invite à découvrir. Et, ce qui ne gâte rien, la fin du livre propose les recettes évoquées au fil de l’histoire, aussi alléchantes que l’intrigue elle-même.

Mortelles papalines, de Richard Louis, éditions La Liseuse, mars 2018, 279 pages, recettes comprises, 19 € 90.

 

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Issn 2267-0947

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