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15 août 2019 4 15 /08 /août /2019 15:17

Quand je suis arrivé à la dernière page de ce roman, je l’ai posé sur la table de chevet de mon épouse en lui disant : « Je t’envie de ne pas l’avoir encore lu ». J’aurais aimé revivre l’instant où je l’ai ouvert à la première page tant j’étais encore sous le charme de cette histoire. Parodiant Malherbe, je dirais que « La lecture a passé les promesses de la quatrième de ouverture ». C’est pourtant elle qui m’avait donné envie de lire cette histoire mais le roman est allé au-delà et sa lecture m’a transporté de plaisir. Le prétexte de ce roman est simple : un écrivain en panne d’écriture accepte d'assurer, moyennant une rétribution mensuelle de mille euros, la garde et l’entretien d’un monastère abandonné au cœur de la montagne entre Moustiers-Ste-Marie et Riez. Il y passe un été de solitude et de sérénité, un été fait de travail manuel et de méditation, en compagnie d’un chaton trouvé sur place et devenu sa seule compagnie, à l’exception d’un maçon qui vient de temps à autre effectuer des réparations dans cette demeure isolée du monde. Tout se passe bien jusqu’à ce que, retournant un bout de terre, il exhume un pied humain. C’est le début d’un récit prenant de bout en bout, écrit dans une langue magnifique, pleine de poésie, un texte qui respire l’amour des choses simples, de la nature et de l’amitié. Au-delà d’une intrigue passionnante, ce roman magnifie cette belle région à laquelle René Frégni est tant attaché et dont il sait communiquer à nos sens les senteurs et les couleurs incomparables. La langue élégante et imagée de René Frégni  ne se relâche pas un seul instant jusqu’à la fin, nous tient sous le charme et nous donne à regretter que le livre ait une fin même si le suspense soigneusement entretenu laisse présager un dénouement étonnant et qu’on a envie de découvrir. Et c’est le cas, le dénouement est surprenant. Les personnages sont dessinés avec talent, ils ont de la profondeur. Le chat Solex est un personnage à part entière. Je me demande si le chat n’est pas à la littérature de René Frégni ce qu’est le coq à la peinture de Chagall. C’est une des plus belles lectures que j’aie faites depuis longtemps, une des plus passionnantes et une des plus jubilatoires. Un très gros coup de coeur, un roman à découvrir d’urgence.

Dernier arrêt avant l’automne, de René Frégni, Gallimard, avril 2019, 165 pages, 16 € 50.

 

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11 août 2019 7 11 /08 /août /2019 18:32

Eté 2003. La canicule sévit sur la France et les victimes s’accumulent, notamment à l’IML de Paris vite saturé. Le commandant Delestran vient d’accueillir dans son équipe une jeune collègue ayant le grade de lieutenant, récemment diplômée et nommée à la PJ parisienne. Lors d’une visite à l’IML, Delestran détecte une odeur particulière, facilement reconnaissable, qui émane d’un cadavre. Cette odeur l’interpelle et c’est le départ d’une enquête, d’abord officieuse, puis qui devient officielle car la suspicion de meurtre devient vite une certitude.

Une très belle écriture sert cette histoire qui, au-delà d’une intrigue bien ficelée, plonge le lecteur dans les arcanes techniques et procédurières de la police et de la médecine légale. C’est un roman richement documenté et pour cause : il est écrit par un policier qui met son expérience au service d’une enquête fouillée et passionnante. Dans la façon d’être et de travailler, il y a quelque chose de Maigret dans le personnage du commandant Delestran. Tout est crédible dans cette intrigue déroulée sur un rythme posé qui permet de savourer les situations et les personnages qui les animent. On sent chez l’auteur la passion pour son travail et son attachement au travail en équipe, dans une ambiance bon enfant qui, là encore, ramène au héros de Simenon.

J’ai beaucoup aimé cette histoire dans laquelle le lecteur se laissera agréablement emporter avec, je le répète, le plaisir d’un style élégant qui renforce la qualité de ce roman.

Mortelle canicule, de Jean-François Pasques, éditions Lajouanie, juillet 2019, 336 pages, 19 €.

 

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26 juillet 2019 5 26 /07 /juillet /2019 10:53

Deux paumés. José et Romuald. C’est le premier des deux, José, qui a eu l’idée de ce casse dans la demeure isolée d’un écrivain célèbre. Il n’a pas dit à Romuald qu’il connaissait cet écrivain et cette maison où il a passé une partie de son enfance. Tout va très vite se compliquer, le casse tourne rapidement au fiasco. Tout se complique selon une mécanique parfaitement mise au point par l’auteur qui nous entraîne dans une cascade de péripéties de plus en plus sanglantes. José et Romuald ne maîtrisent plus rien. C’est une fuite en avant, servie par un remarquable scénario et une construction narrative parfaitement adaptée à l’histoire. Une écriture dépouillée et nerveuse mais néanmoins élégante sert à merveille ce roman qui, au-delà d’un polar, s’inscrit dans la tradition de la littérature noire, très noire. Un suspense permanent qui nous tient en haleine et nous donne envie de connaître la suite. J’ai lu ce roman presque d’une traite, happée par une histoire passionnante dont les protagonistes sont bien campés sur le plan psychologique. C’est un des meilleurs romans noirs que j’aie lus, une belle réussite. Un grand bravo à Emmanuel Varle dont je connaissais déjà le talent pour avoir lu un de ses précédents opus « Le cirque s’invite au 36 » et qui confirme ici ses excellentes dispositions. A découvrir d’urgence.

No problemo, de Emmanuel Varle, Editions Lajouanie, mai 2019, 243 pages, 18 €.

 

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22 juillet 2019 1 22 /07 /juillet /2019 14:14

Le cadavre d’une jeune femme morte retrouvé sur une plage de Brest, amputé d’un sein. Une vidéo de ce cadavre qui tourne en boucle sur les réseaux sociaux. Une jeune femme internée dans une clinique psychiatrique chez qui cette vidéo déclenche de terribles souvenirs et qui s’échappe pour entamer une sanglante cavale. Voilà les ingrédients de départ de cette histoire. Dans le même temps, le commandant Mathias Croguennec arrive de Montpellier pour prendre le commandement d’un groupe à la PJ de Brest. C’est lui qui va hériter de cette affaire, en compagnie du lieutenant Manon Leguellec, une jolie jeune femme dont le charme ne le laisse pas insensible. Tous deux vont découvrir progressivement les dessous d’une sordide affaire.

Une clinique si accueillante est un polar trépidant qui vous tient en haleine jusqu’au bout et le qualificatif « accueillante » est à prendre au double sens du terme. Une belle galerie de personnages pour la plupart sulfureux anime cette enquête qui va fouiller les recoins les plus sordides de la société brestoise mais que l’on pourrait retrouver dans bien d’autres coins de province. Notables pourris et flics véreux vont croiser le chemin de Mathias et Manon pour notre plus grand plaisir d’amateurs de polars bien corsés dans lesquels les méchants sont vraiment très méchants mais ne sont forcément ceux qu’on croit, où la vérité est quelquefois plus complexe qu’il n’y paraît et qui restituent l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus sombre. Un roman passionnant que j’ai lu d’une traite et que je conseille aux amateurs d’histoires bien noires.

Une clinique si accueillante, de Waldeck Moreau, Editions Lajouanie, octobre 2018, 285 pages, 19 euros.

 

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7 juillet 2019 7 07 /07 /juillet /2019 13:19

Un homme en fuite après avoir tué sa femme au cours d’une dispute et qui, dans sa cavale, va se voir imputer la responsabilité d’autres meurtres. Des gendarmes et des policiers qui le traquent avec des visions différentes de l’affaire. Une histoire qui met en œuvre un service spécial de l’armée. Bref, tous les ingrédients d’un excellent mixed entre polar, thriller et road movie. Une avalanche d’actions, de rebondissement et un suspense permanent et savamment entretenu jusqu’au dernier chapitre. Une intrigue originale où les fausses pistes sont nombreuses et au terme de laquelle la vérité est loin de correspondre aux évidences du départ. Un très bon polar, prenant, que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire. J’avais déjà apprécié « La lézarde du hibou » du même auteur. Ce nouvel opus a fini de me convaincre que Denis Julin est un excellent auteur de roman policier.

Le furet égaré, de Denis Julin, Ed. Pavillon noir, juin 2019, 330 pages, 14 €.

 

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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 13:14

Malgré d’excellents états de service, la commandant Léanne Vallauri fait l’objet d’une enquête de l’IGS et a connu une garde à vue humiliante. Brest, la ville où elle dirige une équipe de la PJ, est confrontée à une vague de meurtres non résolus qui semblent l’œuvre d’un tueur en série. En dépit des ennuis qui l’accablent et de l’épée de Damoclès suspendue au-dessus d’elle, Léanne se lance avec son équipe sur les traces de ce tueur. Elle va vite se rendre compte que les choses sont plus complexes encore, d’autant qu’il lui faut pénétrer l’univers souterrain de la ville, hérité de la seconde guerre mondiale et en grande partie abandonné. Mais pas par tout le monde.

Pour reprendre une expression courante dans l’univers du polar, « L’assassin qui aimait Paul Bloas » est un véritable page turner. Un chroniqueur écrivait un jour qu’il y a deux sortes de polars : ceux où l’enquêteur prend son temps, baguenaude tranquillement à la recherche des indices et ceux où les actions s’entrechoquent et qui vont à cent à l’heure. « L’assassin qui aimait Paul Bloas » réussit l’exploit d’opérer la synthèse de ces deux genres. Il y a de l’action à chaque page, le rythme est soutenu mais, en même temps, Pierre Pouchairet prend le temps de bien dessiner ses personnages et les relations qui les unissent. Il prend également soin de peaufiner la description des situations et la peinture des décors de son intrigue. On sent une excellente plume au service d’une connaissance précise des lieux et des méthodes en usage à la PJ. Tous ces éléments font de ce polar palpitant une belle réussite. Je me suis régalé.

 

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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 12:42

C’est le premier roman de cet auteur que je lis et je dois convenir que j’ai fait une belle découverte.

L’histoire : C’est la cavale de Milica, une jeune femme serbe, dont le mari, Grégoire,  ancien militaire français, vient d’être assassiné dans le petit village où il s’était réfugié, handicapé après une grave blessure de guerre. Milica, son infirmière, était devenue sa femme. Milica a échappé de justesse aux meurtriers de son mari qui, visiblement, avait tout préparé pour sa fuite. S’engage alors pour le jeune femme une longue cavale à travers l’Europe, au travers de la Serbie, la Hongrie, l’Autriche et la France. Elle a le sentiment qui se révèle vite réel d’être suivie et menacée. Elle part à la recherche de son beau-frère, Clément, qui vit à paris et qui est le seul membre qu’elle connaisse de la famille de son mari.

Mon avis : C’est un vrai road movie policier qui flirte avec le thriller dans lequel les rebondissements s’enchaînent à cent à l’heure au fil d’un suspense bien entretenu.  Dans un emploi du temps très chargé, je n’ai eu de cesse de me replonger dans ce livre. On colle vite aux personnages que ce soit celui de Milica ou ceux des rôles secondaires. L’histoire est crédible, bien ficelée et réserve une fin inattendue jusqu’à la dernière page. De surcroît, le style est élégant et facilite une lecture agréable de bout en bout. Je me suis longtemps interrogé sur le titre avant d’en découvrir la pertinence dans la dernière partie du roman.

J’ai été séduit par cette lecture. Voilà un roman et un auteur que je vous invite à découvrir

L'expérience Cendrillon, de Sébastien Fritsch, Ed. Fin mars/Début avril, nov. 2017, 7 €.

 

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27 mai 2019 1 27 /05 /mai /2019 12:16

L’histoire : En ce moment, tout va bien pour le commissaire Franz Eberhofer : les amours roulent et il a la forme, ce grâce aux bières régulières et aux promenades avec son chien Louis II. Mais voilà que l’ambiance tourne à l’aigre dans le village de Niederkaltenkirchen : l’impopulaire directeur du collège disparaît plusieurs jours pour revenir sous une forme plutôt macabre.

Mon avis : Un polar bien construit, une histoire passionnante autant par son caractère désopilant que par un suspense bien entretenu. Le personnage central s’exprime à la première personne. C’est un vrai caractère qui dégage un humour décapant auquel j’ai été très sensible. Des éclats de rire fréquents ont ponctué ma lecture. Un style dépouillé, tout entier au service de ce côté humoristique. Des personnages secondaires hauts en couleur. Une atmosphère dans laquelle on se plonge immédiatement avec délectation. Tous les ingrédients d’un excellent polar sont réunis. Je me suis vraiment régalé. Une belle découverte que cette auteure allemande que je souhaite retrouver rapidement.

Le roman vient d'être publié en poche avec une couverture différente.

Bretzel blues, de Rita Falk, J’ai lu, avril 2019, 303 pages.

 

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25 avril 2019 4 25 /04 /avril /2019 06:57

Immense coup de cœur : La première empreinte, de Xavier-Marie Bonnot...

Sans conteste, il survole l’univers du polar français avec un immense talent. C’est du moins mon modeste point de vue, confirmé une fois de plus par la lecture de ce remarquable polar qui, de surcroît, fait de lui le plus grand amoureux et le meilleur ambassadeur de cette ville unique qu’est Marseille. Dans une ville qu’il connaît sur le bout des doigts et pour cause puisque c’est sa ville natale, s’appuyant sur une culture impressionnante, Xavier-Marie Bonnot conduit magistralement, de bout en bout, une intrigue complexe et savamment ciselée en orfèvre du suspense qu’il est. Une histoire passionnante au fil de laquelle son enquêteur fétiche, le commandant Michel de Palma, entouré de sa garde rapprochée, s’aventure dans l’univers fascinant de la Préhistoire et dans les méandres sombres et dangereux de la dérive de quelques spécialistes dévoyés par leur passion. On retrouve là l’impressionnante culture de l’auteur déjà présente dans un autre de ses romans, Le pays oublié des hommes, et ce monde fascinant des civilisations premières qui explique le titre de ce roman. Et que dire du style, déjà flamboyant dans ce premier roman, qui maîtrise à la perfection la puissance des mots et des images et dont on retrouvera l’élégance dans les opus suivants, qu’ils s’inscrivent dans la littérature noire ou dans la littérature blanche, deux genres dans lesquels Xavier-Marie Bonnot excelle pour notre plus grand plaisir. Et que dire aussi de la puissante évocation d’un Marseille qu’il aime et dont il sait restituer l’âme si particulière. Si cette ville était reconnaissante, elle devrait faire de lui un citoyen d’honneur et son premier ambassadeur. Ce roman, premier de son Oeuvre, vient d’être réédité par Belfond. 487 pages de pur bonheur policier et littéraire. Ne le manquez pour rien au monde et, quand vous l’aurez lu, vous serez happés par l’univers de cet écrivain qui, à mes yeux, est, au-delà des cases dans lesquelles on aime ranger les auteurs, l’une des grandes plumes de la littérature française tous genres confondus. Vous deviendrez alors, j’en suis sûr, comme moi, des inconditionnels.

La première empreinte, de Xavier-Marie Bonnot, éditions Belfond, mars 2019, 487 pages, 12 €.

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10 avril 2019 3 10 /04 /avril /2019 17:03

Le point de départ : une femme rend visite au capitaine Mehrlicht pour lui signaler la disparition de sa fille. Ce qui apparaît aux yeux des autres policiers comme la simple fugue d’une jeune adulte retient néanmoins l’attention de Mehrlicht qui va inscrire cette disparition au fichier des disparitions inquiétantes. Ainsi démarre ce roman passionnant.

J’étais resté sur l’avant-dernier roman de Nicolas Lebel, « De cauchemar et de feu », que j’avais encensé tant ce livre m’avait transporté de plaisir et d’admiration. S’agissant du volet historique irlandais, j’avais employé le terme d’épopée. Merhrlicht était présent puisque le roman réunissait deux récits dont l’un décrivait l’enquête de notre fameux capitaine. En abordant « Dans la brume écarlate », je m’étais dit : parviendra-t-il à frapper aussi fort ? Eh bien, il l’a fait. Nicolas Lebel est resté à la hauteur de son grand talent en nous livrant une enquête captivante, construite avec maestria, au fil de laquelle l’ennui n’est jamais de mise. Il y a du suspense, de l’action et une belle dose d’humour, si bien que, non seulement on est pris par le suspense, mais on s’amuse. Il faut dire que Mehrlicht est égal à lui-même, un personnage truculent, atypique, hors normes auquel on s’attache comme au Victor Lessard de Martin Michaud. Nicolas Lebel multiplie les trouvailles narratives, celles qui animent le récit comme celles qui animent ses personnages. Ce roman est servi par une belle écriture. Je pense que Nicolas Lebel s’est définitivement hissé au premier rang des auteurs de romans policiers par la qualité de ses intrigues, la qualité de son style et la remarquable maîtrise des sources sur lesquelles s’appuie son travail et qui s’y intègrent harmonieusement. Je ne peux que vous recommander chaudement ce roman qui vous transportera de plaisir. Bravo l’artiste ! On attend le prochain avec impatience.

Dans la brume écarlate, de Nicolas Lebel, Editions Marabout, coll. Black Lab, mars 2019, 388 pages, 19 € 90.

 

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